"Congar, Tucho, et le nouveau titre de la Vierge Marie pour l’Église synodale" par Vistemboir2 2025-11-09 17:04:28 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 8 novembre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Congar, Tucho, and Replacing Mary’s Historical Titles with One for the Synodal Church »
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Le 4 novembre 2025, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi du cardinal Víctor Manuel « Tucho » Fernández a publié Mater Populi Fidelis, une nouvelle « note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du salut ». Dès les premiers mots de la présentation du document par Tucho, il apparaît clairement que celui-ci répond à des interrogations formulées depuis des décennies :
"Cette Note répond à de nombreuses questions et propositions parvenues au cours des dernières décennies au Saint-Siège – en particulier à ce Dicastère – sur des questions liées à la dévotion mariale et à certains titres mariaux."
"Le soir, à l’Antonianum (salle des Promotions), discussion du texte même du Chapitre De B Maria V. Je vis là le drame qui accompagne toute ma vie : la nécessité de lutter, au nom de l’Évangile et de la foi apostolique, contre un développement, une prolifération méditerranéenne et irlandaise, d’une mariologie qui ne procède pas de la Révélation, mais à l’appui sur des textes pontificaux. À plusieurs reprises, on m’a dit que la règle de foi n’est pas l’Écriture, mais le Magistère vivant ; que penser des déclarations papales ? Je comprends mieux la réaction de Luther, car c’est la même réponse qu’on lui a donnée. Il a rejeté tous les textes et l’autorité ecclésiastique pour s’en tenir à la seule Écriture." (Congar, Mon Journal du Concile)
"Au début, la discussion fut assez ardue. Heureusement, Laurentin est courageux, mesuré et compétent. Il mène le combat contre le maximalisme. Nous nous disons mutuellement qu’il ne faut pas être TROP antagonistes, de peur d’engendrer pire que ce que nous cherchons à éviter. Deux choses sont certaines, sur lesquelles nous n’avons aucune prise : 1) l’existence des textes pontificaux et des courants mariologiques ; 2) l’existence de plus de 450 demandes d’évêques dans les votes. Ce que nous pouvons faire, c’est œuvrer à l’élaboration d’un texte relativement prudent en cherchant à atténuer certaines tournures de phrase dont les maximalistes se serviraient pour aller encore plus loin."
"Je milite, AUTANT QUE JE LE PEUX, contre la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, car je perçois le danger qu'une telle initiative représenterait."
"[22]Lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante. Dans ce cas, elle n’aide pas à exhalter Marie comme la première et la plus grande collaboratrice dans l’œuvre de la Rédemption et de la grâce, parce que le danger d’obscurcir la place exclusive de Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour notre salut, le seul capable d’offrir au Père un sacrifice d’une valeur infinie, ne serait pas un véritable honneur pour la Mère."
"Le “oui” de Marie devant le salut de l’archange Gabriel afin que le Verbe de Dieu prenne chair en son sein (cf. Lc 1,26-27), donne à l’être humain la possibilité d’être divinisé. Saint Augustin déclare donc la Vierge “coopératrice” de la Rédemption, insistant à la fois sur l’action de Marie avec le Christ et sur sa subordination à Lui, car Marie coopère avec le Christ afin que « les fidèles naissent dans l’Église » et, pour cette raison, nous pouvons l’appeler Mère du Peuple fidèle."
"[D]ans la recherche d’une vision théologique complète de l’ecclésiologie, entretemps, après les années 40, dans les années 50, quelques critiques du concept de Corps du Christ avaient déjà surgi : ‘mystique’ serait trop spirituel, trop exclusif ; on avait alors mis en jeu le concept de ‘Peuple de Dieu’. Et, justement, le Concile a accepté cet élément, qui est considéré chez les Pères comme l’expression de la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament."
"[22] En vertu du baptême, « le peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité » (LG 12). Grâce à l’onction de l’Esprit Saint reçue au baptême (cf. 1 Jn 2, 20.27), tous les croyants possèdent un instinct pour la vérité de l’Évangile, appelé sensus fidei. Il s’agit d'une certaine connaturalité avec les réalités divines, fondée sur le fait que, dans l’Esprit Saint, les baptisés « sont rendus participants de la nature divine » (DV 2). De cette participation découle l’aptitude à saisir intuitivement ce qui est conforme à la vérité de la révélation dans la communion de l’Église. C’est pourquoi l’Église a la certitude que le saint peuple de Dieu ne peut errer dans la foi (…) [23] Par le baptême, tous les chrétiens participent au sensus fidei." (Document final de la session d’octobre 2024 du Synode sur la synodalité)
"Entre 1947, date de la première rédaction de cet ouvrage, et 1950, l'Église – notamment en France – s'efforça de répondre pastoralement à la situation dans laquelle elle se trouvait. Mais certaines initiatives inquiétaient Rome. Pie XII, grand pape, n'était pas fondamentalement opposé au changement, mais il souhaitait un contrôle strict sur toute modification et même que toutes les initiatives de changement lui soient exclusivement destinées. En quelques semaines seulement, Jean XXIII instaura un climat nouveau au sein de l'Église, puis vint le concile. Cette avancée majeure vint d'en haut. Soudain, les forces de renouveau, jusque-là étouffées, trouvèrent enfin le moyen de s'exprimer. Les timides propositions de réforme évoquées dans mon texte de 1950 ont été largement dépassées. Dans l'ensemble, malgré quelques exceptions regrettables, les théologiens jouissent désormais de la liberté nécessaire à leurs recherches et à leurs écrits. Mais plus que tout, deux grands changements caractérisent déjà le climat au sein de l'Église et continueront de le faire de plus en plus : une ecclésiologie fondée sur le « Peuple de Dieu » et l'œcuménisme."
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