Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

« Éducation : l’encyclique de Pie XI et la Lettre de Léon XIV »
par Vistemboir2 2025-11-03 12:33:15
Imprimer Imprimer

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 1er novembre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Pius XI’s Encyclical on Education Schools Leo XIV’s Letter on Education  »
-------------------------------
La révolution de Vatican II dans son ensemble a été néfaste, mais Dieu l'a permise pour un certain bien. Nous devons lutter de toutes nos forces contre ce fléau qui affaiblit l'Église et le monde, afin que les âmes prennent enfin conscience que la foi du pape Pie XI reste la foi immuable de l'Église catholique, aujourd'hui et pour toujours.

Dans son homélie du 26 octobre 2025 célébrant le « Jubilé des Équipes synodales et des Organes de participation », le pape Léon XIV a fait deux déclarations sur la vérité :

• « Personne ne détient toute la vérité, nous devons tous la rechercher humblement, et la rechercher ensemble. »[§3]
• « Être une Église synodale c'est reconnaître que la vérité ne se possède pas mais qu’elle se recherche ensemble, en se laissant guider par un cœur inquiet et amoureux de l'Amour. »[§10]

Ces déclarations ont, à juste titre, suscité des critiques de la part de plusieurs catholiques traditionalistes, comme celle de Matt Gaspers :

"LES CATHOLIQUES POSSÈDENT SÛREMENT LA VÉRITÉ DANS SON INTEGRALITÉ. Aujourd’hui, en la fête traditionnelle du Christ-Roi (voir Quas Primas, n° 28-29), [le Pape] a déclaré ce qui suit lors de son homélie : “Nul ne possède la vérité tout entière ; nous devons tous la chercher humblement et ensemble. […] Être une Église synodale signifie reconnaître que la vérité n’est pas possédée, mais recherchée ensemble, en nous laissant guider par un cœur inquiet, épris de l’Amour.” C’est à la fois faux et absurde. Notre Seigneur lui-même est “la Vérité” (Jn 14,6) et son Église est “la colonne et la base de la vérité” (1Tm 3,15). Le Christ nous l’assure solennellement : “Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.” (Jn 8,31-32)."


M. Gaspers a tout à fait raison en ce qui concerne les questions de foi et de morale. L’une des formulations les plus claires de cette vérité se trouve dans l’encyclique du 31 décembre 1929 du pape Pie XI sur l’éducation chrétienne de la jeunesse, Divini Illius Magistri :

"Il vaut la peine de remarquer combien parfaitement a su comprendre et exprimer cette doctrine catholique fondamentale un laïque, écrivain admirable autant que penseur profond et consciencieux : Quand l'Eglise dit que la morale lui appartient vraiment, par là elle n'entend pas affirmer que celle-ci est exclusivement de son domaine, mais qu'elle lui revient dans sa totalité. Elle n'a jamais prétendu qu'en dehors d'elle et sans son enseignement l'homme ne puisse connaître aucune vérité morale ; au contraire, elle a même réprouvé cette doctrine plus d'une fois, parce qu'elle s'est montrée sous plus d'une forme. Certes, elle dit encore, comme elle l'a dit et le dira toujours, que par l'institution qu'elle a reçue de Jésus-Christ et par le Saint-Esprit qui lui a été envoyé au nom de Jésus-Christ par le Père, elle seule possède originairement, et sans pouvoir la perdre, la vérité morale tout entière dans laquelle sont comprises toutes les vérités morales particulières, aussi bien celles que l'homme peut arriver à connaître par le seul moyen de la raison, que celles qui font partie de la Révélation ou qui peuvent s'en déduire."


L’Église catholique « possède la totalité de la vérité morale ». Quiconque conteste cela est dans l’erreur, et tout prétendu pasteur de l’Église qui tente de convaincre autrui que l’Église cherche simplement la vérité comme tout le monde s’oppose à Dieu. Pour être juste envers Léon XIV, il faut toutefois reconnaître que ses propos sont cohérents avec ceux de la constitution pastorale Gaudium et Spes du concile Vatican II sur l’Église dans le monde de ce temps :

"Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale". (Gaudium et Spes, 16, §1)


Le jeune Robert Prévost (l’actuel Léon XIV) n’avait que dix ans lorsque ces mots furent publiés. Son éducation catholique s’est donc déroulée en grande partie à une époque où la vérité exprimée par Pie XI était déjà occultée par la mentalité post-conciliaire si bien décrite par Hélder Câmara :

"Beaucoup seraient choqués si l’Église venait donner l’impression d’être la solution à tous les problèmes, de détenir la solution à tous les problèmes. Non, nous sommes là seulement pour collaborer avec le monde, non pas en imposant notre pouvoir, mais en apportant un peu de lumière ici et là". (Mgr Hélder Câmara, cité dans le documentaire sur Mgr Lefebvre, 39:00)


Aussi choquantes que ces paroles puissent paraître aux oreilles des catholiques, on peut facilement imaginer qu'elles proviennent de nombreux membres haut placés du Vatican aujourd'hui. En effet, il serait surprenant d'entendre quelque chose qui se rapproche davantage de ce que Pie XI a exprimé ci-dessus dans Divini Illius Magistri.

Dans cette optique, nous pouvons examiner la nouvelle lettre apostolique de Léon XIV sur l'éducation, intitulée « Dessiner de nouvelles cartes d'espérance ». Pour ce faire, il est instructif de comparer des passages du nouveau document de Léon XIV sur l'éducation avec ceux de l'encyclique de Pie XI de 1929.

Insistance sur la saine doctrine

Pie XI a clairement indiqué au début de son encyclique que la saine doctrine est essentielle dans l'éducation chrétienne :

"Nous faisant l'écho du divin Maître, Nous avons adressé de salutaires paroles, tantôt d'avertissement, tantôt d'exhortation, tantôt de direction, aux jeunes gens et aux éducateurs, aux pères et aux mères de famille, sur différents points de cette éducation chrétienne. Nous y avons mis cette sollicitude qui convient au Père commun de tous les fidèles, et cette insistance, à temps et à contretemps, qui est le devoir du Pasteur, comme l'enseigne l'Apôtre : Insiste à temps et à contretemps, reprends, menace, supplie avec une inaltérable patience et toujours en instruisant » Insistance plus que jamais nécessaire à notre époque, où nous n'avons que trop à déplorer une absence si complète de principes clairs et sains, même sur les problèmes les plus fondamentaux."[§2].


Pie XI a cité l'exhortation de saint Paul selon laquelle les pasteurs doivent « insister, reprendre, menacer, supplier avec une inaltérable patience et toujours en instruisant ». C'est particulièrement vrai lorsque les menaces contre les jeunes inexpérimentés sont si répandues.

À l'inverse, Léon XIV a écrit que « les universités et les écoles catholiques sont des lieux où les questions ne sont pas tues, et où le doute n’est pas banni, mais accompagné » :

"Nous devons dépasser les obstacles en retrouvant une vision empathique, ouverte à une compréhension toujours plus profonde de la façon dont l’homme se perçoit lui-même aujourd’hui, afin de développer et d’approfondir notre enseignement. Par conséquent, le désir et le cœur ne doivent pas être séparés de la connaissance : cela reviendrait à briser la personne. Les universités et les écoles catholiques sont des lieux où les questions ne sont pas tues, et où le doute n’est pas banni, mais accompagné. Le cœur, là, dialogue avec le cœur, et la méthode est celle de l’écoute, qui reconnaît l’autre comme un bien, et non comme une menace." [§3.1]


Léon XIV semble s'appuyer sur le « marché des idées » comme terrain d'essai pour la vérité, mais il ne semble pas comprendre que l'Église catholique est la gardienne de la vérité. Si l'Église encourage les âmes à entretenir et à embrasser leurs doutes sur la foi et la morale, alors elle semble renoncer à son rôle divin de porteuse de vérité. Lorsque cela se produit, Satan et ses sbires s'empressent de combler le vide.

Dieu au centre

Comme on pouvait s'y attendre, Pie XI insistait sur le fait que les hommes devaient fixer leur regard sur Dieu plutôt que sur eux-mêmes :

« C'est un fait que les hommes, créés par Dieu à son image et à sa ressemblance, ayant leur destinée en lui, perfection infinie, et se trouvant au sein de l'abondance grâce aux progrès matériels de maintenant, se rendent compte aujourd'hui plus que jamais de l'insuffisance des biens terrestres à procurer le vrai bonheur des individus et des peuples ; aussi sentent-ils plus vivement en eux cette aspiration vers une perfection plus élevée que le Créateur a mise au fond de leur nature raisonnable, et ils veulent l'atteindre principalement par l'éducation. Mais beaucoup d'entre eux, s'appuyant pour ainsi dire outre mesure sur le sens étymologique du mot, prétendent tirer cette perfection de la seule nature humaine et la réaliser avec ses seules forces. D'où il leur est aisé de se tromper, car, au lieu de diriger leurs visées vers Dieu, premier principe et fin dernière de tout l'univers, ils se replient et se reposent sur eux-mêmes, s'attachant exclusivement aux choses terrestres et éphémères. C'est pourquoi leur agitation sera continuelle et sans fin tant qu'ils ne tourneront pas leurs regards et leur activité vers l'unique but de la perfection qui est Dieu, selon la parole profonde de saint Augustin : "Vous nous avez faits pour vous, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il se repose en vous." »[§5]


L’Église catholique doit sans cesse nous rappeler de diriger toute notre attention et tous nos efforts vers la connaissance, l’amour et le service de Dieu.

À l’inverse, Léon XIV exhorte les éducateurs catholiques à placer la personne au centre :

« Placer la personne au centre signifie éduquer avec la vision à long terme d’Abraham (Gn 15,5) : aider les personnes à découvrir le sens de la vie, la dignité inaliénable et la responsabilité envers les autres. L’éducation n’est pas seulement la transmission de contenus, mais un apprentissage des vertus. Elle forme des citoyens capables de servir et des croyants capables de témoigner, des hommes et des femmes plus libres, qui ne sont plus seuls. »[§5.1]


Cela ne signifie certainement pas que Léon XIV méprise les choses de Dieu, et il serait irresponsable d'affirmer qu'il place véritablement l'homme au-dessus de Dieu. Cependant, on observe tout de même un changement d'accent et de perspective, dans la mesure où l'accent est mis principalement sur soi-même et les autres plutôt que sur Dieu. Tout au long de sa lettre apostolique, le thème est que l'éducation peut apporter l'harmonie avec les autres hommes plutôt que l'union avec Dieu :

« Former la personne « intégrale » signifie éviter les compartiments étanches. La foi, lorsqu’elle est vraie, n’est pas une « matière » ajoutée, mais un souffle qui oxygène toute autre matière. Ainsi, l’éducation catholique devient levain dans la communauté humaine : elle engendre la réciprocité, surmonte le réductionnisme, ouvre à la responsabilité sociale. La tâche aujourd’hui est d’oser un humanisme intégral qui affronte les questions de notre temps sans perdre sa source. »


Ainsi, bien que la lettre de Léon XIV ne suggère guère que la foi soit nécessaire pour amener les âmes à Dieu, il soutient le fait que le catholicisme soit utile pour générer la réciprocité, surmonter le réductionnisme et promouvoir un humanisme intégral. Si Pie XI avait lu ces mots dans les années 1920, il aurait probablement conclu qu'ils ne pouvaient pas avoir été écrits par un catholique instruit.

Le rôle de l'Église en tant que mère

Pie XI a décrit l'Église comme la mère surnaturelle :

"Le second titre est la maternité surnaturelle par laquelle l'Église, Épouse immaculée du Christ, engendre, nourrit et élève les âmes dans la vie divine de la grâce par ses sacrements et son enseignement. C'est pourquoi saint Augustin affirme à bon droit que « celui-là n'aura pas Dieu pour Père qui aura refusé d'avoir l'Église pour Mère »"


La citation de saint Augustin est particulièrement importante ici : ceux qui cherchent à avoir Dieu pour père doivent avoir l'Église pour mère. Et le rôle de l'Église dans l'éducation est vide de sens sans référence à son rôle dans l'éducation des âmes « dans la vie divine de la grâce, par ses sacrements et son enseignement ». Seule l'Église catholique peut le faire.

Léon XIV a également utilisé l'image de l'Église comme mère :

"L’histoire de l’éducation catholique est l’histoire de l’Esprit à l’œuvre. L’Église est « mère et maîtresse » non par suprématie, mais par service : elle engendre à la foi et accompagne la croissance dans la liberté, assumant la mission du divin Maître afin que tous « aient la vie et l’aient en abondance » (Jn 10,10). Les styles éducatifs qui se sont succédé témoignent d’une vision de l’homme à l’image de Dieu, appelé à la vérité et au bien, et d’un pluralisme de méthodes au service de cette vocation. Les charismes éducatifs ne sont pas des formules figées : ils sont des réponses originales aux besoins de chaque époque." [§2,1].


Dans cette optique, l'Église n'est pas mère « par suprématie, mais par service ». La signification de cette dichotomie ressort clairement du contexte de l'ensemble de la lettre : l'Église n'a pas toutes les réponses et ne peut être qu'une mère parmi tant d'autres dans la société.

Les choses de la terre


Pie XI n'a pas consacré beaucoup de place dans son encyclique aux choses de la terre, mais il a clairement indiqué que toute considération de ce type était inférieure aux considérations relatives aux réalités surnaturelles :

C'est ce que Pie X, de sainte mémoire, a clairement exprimé :

" Quoi que fasse un chrétien, même dans l'ordre des choses terrestres, il ne lui est pas permis de négliger les biens surnaturels; bien plus, il doit, selon les enseignements de la sagesse chrétienne, diriger toutes choses vers le Souverain Bien comme vers la fin dernière. En outre, toutes ses actions, en tant que bonnes ou mauvaises moralement, c'est-à-dire en tant que conformes ou non au droit naturel et divin, sont sujettes au jugement et à la juridiction de l'Église." [§19].


Tout doit être orienté vers le bien suprême, comme nous le diraient tous les saints. Si Léon XIV serait peut-être d'accord avec cela, nous voyons également dans sa nouvelle lettre une orientation qui manque totalement dans l'encyclique de Pie XI :

"L’oubli de notre humanité commune a engendré divisions et violences ; et lorsque la terre souffre, les pauvres souffrent encore davantage. L’éducation catholique ne peut rester silencieuse : elle doit unir la justice sociale et environnementale, promouvoir la modération et des modes de vie durables, et former des consciences capables de choisir non seulement ce qui est pratique, mais aussi ce qui est juste. Chaque petit geste – éviter le gaspillage, choisir de manière responsable, défendre le bien commun – est une éducation culturelle et morale." [§7.2]


Lorsque la terre souffre, nous dit Léon XIV, les pauvres souffrent encore plus. Comme nous le diraient Pie XI et les saints, cependant, l'un des pires péchés possibles contre les pauvres est que les dirigeants apparents de l'Église prétendent que la culture morale dépend moins de la défense de la foi catholique pure que de l'utilisation modérée de la climatisation.

Tout cela n'est pas surprenant, car Léon XIV, est un fils de Vatican II. Mais Dieu nous permet de tirer de précieuses leçons du fait que la lettre de Léon XIV sur l'éducation constitue une attaque contre la véritable éducation catholique. En la Providence divine, il est possible que la poursuite par Léon XIV de la révolution Vatican II finisse par inciter les catholiques de bonne volonté à renforcer leur foi. Pie XI a expliqué comment cela pourrait se produire dans son encyclique Quas Primas -3- du 11 décembre 1925 à propos de l’institution de la fête du Christ-Roi :

"Admirons, ici encore, les desseins de la Providence divine qui, selon son habitude, tire le bien du mal. Elle a permis, de temps à autre, que la foi et la piété du peuple fléchissent, que de fausses doctrines dressent des embûches à la vérité catholique; mais toujours avec le dessein que, pour finir, la vérité resplendisse d'un nouvel éclat, que, tirés de leur torpeur, les fidèles s'efforcent d'atteindre à plus de perfection et de sainteté."[§17,8-9]


Toute la révolution Vatican II a été mauvaise, mais Dieu l'a permise pour un certain bien. Les catholiques qui refusent d'admettre que les fausses doctrines de la liberté religieuse, du faux œcuménisme et de l'évolution doctrinale sont responsables de la crise actuelle s'opposent au bien que Dieu veut tirer du mal. Nous devons lutter de toutes nos forces contre ce fléau qui affaiblit l'Église et le monde, afin que les âmes prennent enfin conscience que la foi du pape Pie XI reste la foi immuable de l'Église catholique, aujourd'hui et pour toujours.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 « Éducation : l’encyclique de Pie XI et la Lettre de Léon XIV » par Vistemboir2  (2025-11-03 12:33:15)


138 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]