Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-10-30 21:41:29 |
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CHAPITRE XXXII
(FIN DU PRÉCÉDENT.)
Telle est cette farce ignoble dont l’art, le goût, le français même sont absents : mais où marchent d’un pas égal la luxure et l’impiété. Satan transformé en fashionable ; l’enfer devenu un hôtel garni, où l’on arrive avec sa malle et son sac de voyage ; une maison de tolérance, où l’on boit, où l’on joue, où l’on danse, où l’on s’amuse et d’où l’on sort en calèche pour courir des aventures.
Qu’est-ce qu’une pareille pièce ? sinon une longue moquerie des dogmes du christianisme, une profanation cynique des plus formidables mystères de l’éternité. Après avoir entendu, applaudi, absorbé ce ricanement sacrilège, qui conservera la moindre horreur du démon, la moindre crainte de l’enfer ?
N’hésitons pas à le dire : jamais pareil scandale n’avait été donné au monde chrétien. Toutefois, il est un scandale plus grand que la pièce elle-même, c’est le succès qu’elle a obtenu. Croirait-on que cette monstruosité a eu soixante-trois représentations consécutives ? Et cela, sur un des théâtres les plus connus de Paris, le théâtre du Palais-Royal ! Faut-il s’étonner si, cette année même, en présence d’une grande assemblée, on a pu porter et faire accueillir avec frénésie : un toast à la mort du pape, et à la santé du Diable
Voilà où nous en sommes, au dix-neuvième siècle de l’ère chrétienne. Comme symptôme, nous ne connaissons rien de plus significatif que cette pièce. Tel est aussi l’avis d’un éminent écrivain que nous aimons à citer. « Le démon, dit-il, avait jusqu’ici une forme incontestée, espèce de forme classique, que les maîtres de la littérature, jusqu’à M. Scribe lui-même, utilisaient, en ne l’altérant que le moins possible. Le démon avait toujours eu un but odieux et loyalement accusé. Aujourd’hui l’idéal du démon est couleur de rose.
Sa personnalité toute charmante semble un décalque de la chanson de Béranger. Elle apparaît, Esprit, Fée ou Déesse, mais jeune et belle, elle sourit d’abord. »
« Par exemple, dans la Beauté du Diable, monsieur le Diable ne peut que conquérir de vives sympathies à la personnalité infernale. Ses malices sont bienfaisantes, ses tours sont ceux d’un bon génie de la bohème parisienne. Donc à l’idéal, catholique du démon, idéal saisissant de vérité, qui résume ou incarne le sensualisme parvenu à sa plus forte expression, l’homme-bête, voici que l’on oppose un idéal tout contraire.
« C’est étrange ! nier les vérités du catholicisme, cela se comprend de la part de ceux que la force des choses a retenus en dehors de leurs lumières ; mais franchir l’abîme de la négation en ce qui touche la personnalité infernale, et la reconnaître pour la glorifier, pour la réhabiliter, pour la faire aimer !
c’est un fait incompréhensible, incompréhensible et très grave, puisqu’il porte la main sur une vérité à la fois religieuse et rationnelle, pour la détruire sans colère et sans profit. Il n’y a pas seulement la, manifestation de l’amour du merveilleux, il y a l’influence occulte de l’Esprit du mal.»
Se faire appeler comme roi. Quand le rationaliste du dix-neuvième siècle ne fait pas du Satan biblique un être imaginaire, il en fait un être digne de compassion. C’est tout simplement un révolutionnaire malheureux et qui ne l’est pas, plus ou moins, aujourd’hui ! En lui, la personnification vivante du mal et de la laideur morale, l’artiste trouve un type qui ne manque ni de noblesse ni de beauté.
Le romancier le transforme en dandy du Jockey-Club, aux manières élégantes. Le comédien le présente comme le joyeux maître-d’hôtel de l’enfer, et l’enfer comme une villa confortable, où se trouvent réunis tous les genres de plaisirs.
Source : Livres-mystiques.com
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ami de la Miséricorde
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