Tiédeur liturgique par Regnum Galliae 2025-10-27 09:11:24 |
|
Imprimer |
Deux raisons possibles à cette tiédeur liturgique
- pour lui, la liturgie latine est une affaire de latin, point. Peut-être n'aurait-il pas montré plus d'enthousiasme avec la liturgie latine traditionnelle. S'il a consenti à la synaxe que vous avez vue, il n'aurait peut-être pas accepté son équivalent en rite byzantin, sauf s'il est concerné par la seconde catégorie.
- comme de nombreux évêques de la frange traditionnelle latine au moment du concile Vatican II (les Siri, Ottaviani, etc.), Mgr Werth n'a peut-être fait qu'obéir à l'autorité sans se poser de question. Perinde ac cadaver, comme disent les Jésuites.
J'en profite pour vous demander ce que vous pensez de ce prêtre catholique, devenu orthodoxe, déçu de la capacité de l'Eglise conciliaire à revenir à l'Eglise des premiers siècles, sans comprendre qu'une Eglise vivante évolue forcément de manière organique, comme le fait le corps humain en mûrissant. Parmi les extraits, on peut citer
"L’espoir d’une revivification des structures et des institutions de l’Eglise romaine par un retour à l’esprit et à la doctrine des Pères s’estompait. Avec le Concile, c’était un processus inverse qui, sur bien des points, se dessinait. Le Concile lui-même, d’ailleurs, n’en était que très indirectement responsable. Il agissait plutôt à la manière d’un révélateur. Jusque-là, une assez grande part des institutions anciennes, et surtout la liturgie traditionnelle de l’Occident, avaient pu subsister malgré diverses altérations, parce que le catholicisme, régi par un pouvoir central fort et universellement respecté, les avait maintenues par voie d’autorité. Mais, dans une très large mesure, les fidèles, et plus encore les clercs, en avaient perdu le sens profond. Avec le Concile, la pression de l’autorité s’affaiblit ; il était logique que ce dont le sens était perdu finisse par s’effondrer, et que l’on soit amené à reconstruire sur de nouvelles bases, conformes à ce qu’était devenu depuis plusieurs siècles, ou devenait maintenant, l’esprit du Catholicisme romain."
Si, de nos jours, les traditionalistes catholiques, paradoxalement, professent la primauté et l’infaillibilité du pape, tout en refusant le deuxième concile du Vatican et l’obéissance aux papes postérieurs à ce concile, c’est parce que la « tradition » à laquelle ils s’attachent est ce qui était enseigné et vécu dans l’Eglise catholique entre le XIème siècle et le milieu du XXème. Mais ils ne réalisent pas que cette pseudo-tradition inclut un certain nombre d’innovations latines médiévales qui marquaient une rupture avec la Tradition tenue par tous durant le premier millénaire, rupture certainement beaucoup plus grave que celle qu’ont provoquée, selon ces traditionalistes, les doctrines et les pratiques du concile et de l’après-concile Vatican II à l’égard de celles de l’Eglise latine telle qu’elle était avant ce concile.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|