Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 22octobre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Undeniable Proofs That Traditional Catholicism Is the Greatest Friend of Eternal Rome »
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Les véritables amis du peuple [et de l'Église et du Pape] ne sont ni des révolutionnaires ni des novateurs, ce sont des traditionalistes. Cela se manifeste par la manière dont les catholiques traditionalistes se distinguent de la plupart des autres catholiques : ils suivent et défendent l'enseignement de l'Église, respectent son enseignement moral et défendent les fondements de la foi.
Dans sa Lettre aux Archevêques et Évêques français du 25 août 1910, Notre Charge Apostolique, sur le mouvement du Sillon, saint Pie X écrivait qu'au milieu des grands bouleversements politiques et spirituels, la véritable solution est de restaurer les structures chrétiennes que les révolutionnaires avaient brisées :
"Toutefois, que ces prêtres ne se laissent pas égarer, dans le dédale des opinions contemporaines, par le mirage d’une fausse démocratie ; qu’ils n’empruntent pas à la rhétorique des pires ennemis de l’Église et du peuple un langage emphatique plein de promesses aussi sonores qu’irréalisables. Qu’ils soient persuadés que la question sociale et la science sociale ne sont pas nées d’hier ; que, de tous temps, l’Église et l’État, heureusement concertés, ont suscité dans ce but des organisations fécondes ; que l’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé et qu’il lui suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes."
Les véritables amis du peuple ne sont ni des révolutionnaires, ni des novateurs, ce sont des traditionalistes.
Aujourd'hui, ceux qui réclament le mariage des prêtres, l'ordination des femmes et la reconnaissance du mariage homosexuel sont évidemment des innovateurs, mais ils sont traités comme les véritables amis de Rome. Ces prétendus amis de Rome condamnent rarement les opinions religieuses – qu'elles soient protestantes, hindoues, bouddhistes, musulmanes ou juives – à l'exception d'une seule : ces prétendus amis de Rome ne cessent de condamner les catholiques traditionalistes.
S'il s'agissait de factions politiques, nous pourrions bien sûr comprendre comment les innovateurs et les traditionalistes peuvent évoluer en fonction du parti au pouvoir. Mais dans le domaine du catholicisme, la situation est bien différente, car la religion tout entière repose sur un fondement de vérité immuable et sans faille. L'encyclique
Satis Cognitum du pape Léon XIII, du 29 juin 1896, sur l'Unité de l'Église, explique pourquoi il en est ainsi :
"Car telle est la nature de la foi que rien n’est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela. L’Église professe, en effet, que la foi est une vertu surnaturelle par laquelle, sous l’inspiration et avec le secours de la grâce de Dieu, nous croyons que ce qui nous a été révélé par Lui est véritable : nous le croyons, non point à cause de la vérité intrinsèque des choses vue dans la lumière naturelle de notre raison, mais à cause de l’autorité de Dieu Lui-même qui nous révèle ces vérités, et qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper ». Si donc il y a un point qui ait été évidemment révélé par Dieu et que nous refusions de le croire, nous ne croyons absolument rien de la foi divine. Car le jugement que porte saint Jacques au sujet des fautes dans l’ordre moral, il faut I’appliquer aux erreurs de pensée dans l’ordre de la foi. Car quiconque aura observé toute la loi, s'il vient à faillir en un seul point, est coupable de tous. » [Jc 2,10]. Cela est même beaucoup plus vrai des erreurs de la pensée. Ce n’est pas, en effet, au sens le plus propre qu’on peut appeler transgresseur de toute la loi celui qui a commis une faute morale ; car s’il peut sembler avoir méprisé la majesté de Dieu, auteur de toute la loi, ce mépris n’apparaît que par une sorte d’interprétation de la volonté du pécheur. Au contraire, celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi, puisqu’il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu’il est la souveraine vérité et le motif propre de foi."
Si nous rejetons ne serait-ce qu'un seul point de vérité divinement révélée, nous rejetons la religion tout entière, car nous refusons d'honorer Dieu comme « vérité suprême et motif propre de la foi ». Par conséquent, la nature même de la foi catholique nous permet d'appliquer à l'Église la déclaration de saint Pie X : les véritables amis de l'Église catholique ne sont ni des révolutionnaires ni des novateurs, mais des traditionalistes.
Bien que nous puissions nous fier sans difficulté à saint Pie X et au pape Léon XIII comme autorités suprêmes en la matière, la crise qui a éclaté depuis Vatican II démontre une fois de plus que les traditionalistes sont les véritables amis de Rome. Cela se manifeste par la manière dont les catholiques traditionalistes se distinguent de la plupart des autres catholiques : ils suivent et défendent l’enseignement de l’Église, respectent son enseignement moral et défendent les fondements de la foi.
Suivre et défendre l’enseignement de l’Église. Les catholiques sont tenus de croire ce que l’Église enseigne. S’ils ne le font pas, ils mettent non seulement leur âme en péril, mais scandalisent aussi les autres. Malheureusement, si l’on considère la liste partielle suivante des enseignements catholiques infaillibles tirés de
Grundriss der Katholischen Dogmatiks (
Fondements de la dogmatique catholique) du Dr Ludwig Ott, il apparaît clairement que de nombreux catholiques (y compris des membres du clergé de haut rang) rejettent une ou plusieurs vérités essentielles :
• " Les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut de l’humanité."
• " Le Corps et le Sang de Jésus-Christ sont véritablement, réellement et substantiellement présents dans l’Eucharistie. "
• " Les âmes qui quittent cette vie en état de péché originel sont exclues de la Vision Béatifique. "
• " Sans l'aide spéciale de Dieu, le justifié ne peut persévérer jusqu'au bout dans la justification. "
• " Dieu accorde à tous la grâce juste et suffisante pour l'observation des Commandements divins. "
• " La volonté humaine demeure libre sous l'influence de la grâce efficace, qui n'est pas irrésistible. "
• " Il existe une grâce véritablement suffisante et pourtant inefficace. "
• " La justification d'un adulte n'est pas possible sans la foi. "
• " Sans révélation divine particulière, nul ne peut savoir avec certitude s'il est en état de grâce. "
• " La grâce par laquelle nous sommes justifiés peut être perdue, et elle l'est par tout péché grave. "
• " L'appartenance à l'Église est nécessaire à tous les hommes pour leur salut. "
Le nombre effarant de catholiques qui rejettent une ou plusieurs vérités essentielles de la foi serait déjà tragique, mais le problème est encore plus scandaleux car la hiérarchie de l'Église a si peu fait pour rectifier la situation. Aujourd'hui, la plus grande défense de ces vérités immuables vient des catholiques traditionalistes qui, collectivement, refusent de rejeter aucune vérité catholique. Il n'est donc pas surprenant que ceux qui attaquent le plus violemment les catholiques traditionalistes rejettent également une ou plusieurs de ces vérités non négociables (ou d'autres).
Respecter l'enseignement moral de l'Église. Outre la défense des dogmes de l'Église, les catholiques traditionalistes sont bien plus susceptibles que les autres catholiques d'adhérer à l'enseignement de l'Église sur le divorce, la contraception, l'avortement et d'autres questions morales. Nous le savons depuis des décennies, grâce à la réalité clairement observable et à diverses études. Aux yeux de la plupart des non-catholiques, le rejet de l'enseignement moral catholique est généralement plus éloquent que le rejet de l'enseignement catholique sur, par exemple, la transsubstantiation ou la grâce sanctifiante. Autrement dit, le monde sait que Biden et Pelosi sont de mauvais catholiques pour avoir soutenu l'avortement, mais n'aurait guère de fondement pour évaluer leurs positions sur les points dogmatiques relevés dans l'ouvrage du Dr Ludwig Ott mentionné plus haut.
Le fait que la hiérarchie de l'Église défende ostensiblement, et même honore, ceux qui rejettent l'enseignement moral catholique amplifie le scandale.
Sans le témoignage des catholiques traditionalistes, il serait beaucoup plus que probable que les non-catholiques conclueraient que l'Église est peuplée presque exclusivement de personnes qui ne croient plus à l'enseignement moral catholique. Si cela devait arriver, ce qui reste de l’autorité morale de l’Église déjà endommagée disparaîtrait complètement.
Défendre les fondements de la foi. Au-delà de la défense des dogmes de l'Église et du respect de son enseignement moral, les catholiques traditionalistes rendent un service encore plus important à l'Église en défendant les fondements de la foi. Comme l'a enseigné le pape Pie XII dans son encyclique
Humani Generis du 12 août 1950, « sur quelques opinions fausses qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique », certaines erreurs pourraient saper les fondements de la foi. Parmi celles-ci, il a spécifiquement cité l'historicisme, qui limite illégitimement l'applicabilité de l'enseignement catholique à des circonstances historiques spécifiques, et une recherche abusive de l'unité des chrétiens (que nous appelons aujourd'hui le faux œcuménisme).
Avec ces deux armes – l'historicisme et le faux œcuménisme –, les novateurs et les révolutionnaires semblent avoir sapé les fondements de la doctrine catholique pour la majorité des catholiques. Cette réalité est rarement plus flagrante que lorsque les catholiques traditionalistes défendent l'enseignement des papes d'avant Vatican II : les réponses des novateurs et des révolutionnaires sont généralement que les enseignements des papes d'avant Vatican II ne sont plus valables aujourd'hui (historicisme) et/ou que l'unité des chrétiens exige que nous abandonnions ces enseignements (faux œcuménisme). Mais si les vérités des papes d'avant Vatican II peuvent évoluer ainsi, alors les vérités catholiques, autres que celles, peut-être, spécifiquement mentionnées dans le Symbole des Apôtres, ont peu de réel fondement.
Bien entendu, les novateurs et les révolutionnaires ne se contentent pas de saper les fondements de la foi. Au cours des soixante dernières années, ils ont également réussi à convaincre le Vatican de persécuter ouvertement les catholiques traditionalistes pour leur refus des innovations inspirées par Vatican II. Les accusations portées contre les catholiques traditionalistes portent souvent sur notre rejet de la liberté religieuse et du faux œcuménisme, deux arguments qui, en substance, nous incitent à croire que chacun devrait pouvoir pratiquer ses croyances religieuses selon sa conscience, sans contrainte de la part de Rome. Il est important de souligner la désorientation diabolique qui en résulte : seuls les catholiques traditionalistes sont punis par Rome pour avoir suivi leur conscience et pratiqué leur religion. Or, la religion pour laquelle nous sommes persécutés est la même que celle pratiquée par la quasi-totalité des catholiques jusqu’à Vatican II.
Ce signe indéniable de désorientation diabolique est assurément un signe du Ciel indiquant que les catholiques traditionalistes sont persécutés pour avoir dit la vérité, tout comme Jésus. Prions pour que Léon XIV ait la grâce de percevoir ce signe et le courage de réagir en catholique qui préférerait mourir plutôt que de perpétuer l’un des plus grands maux de l’histoire du salut. Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !