"Dilexi te" sur l'amour envers les pauvres appauvrit davantage l’Église et le monde par Vistemboir2 2025-10-17 19:37:35 |
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Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 10 octobre 2025 sur The Remnant sous le titre : « Leo XIV’s Apostolic Exhortation on the Poor Further Impoverishes the Church and World »
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L'exhortation apostolique de Léon XIV, Dilexi te, dit beaucoup de choses agréables, mais ne fait finalement que rendre les pierres plus appétissantes. Notre plus grand service à l'Église, au monde et même à Léon XIV est d'insister sur les vérités de l'Église. Certes, les catholiques doivent toujours s'efforcer de pratiquer des œuvres de miséricorde corporelle, mais les œuvres de miséricorde spirituelle sont infiniment plus nécessaires aujourd'hui, et le plus grand obstacle à leur réalisation réside dans le fait que Léon XIV et son Vatican semblent obsédés par la poursuite de la révolution Vatican II..
« Quel profit en effet aura l'homme d'avoir gagné le monde entier et perdu son âme? » (Mc 8,36)
Alors que le pape Léon XIV publiait sa première exhortation apostolique, Dilexi te, vers midi (heure de Rome) le 9 octobre, adressée à tous les chrétiens sur l'amour des pauvres, de nombreux catholiques traditionalistes du monde entier avaient déjà entendu les paroles suivantes tirées de l'épître pour la messe de saint Jean Léonardi :
« C'est pourquoi, revêtus de ce ministère selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne perdons pas courage. Nous rejetons loin de nous les choses honteuses qui se font en secret, ne nous conduisant pas avec astuce et ne faussant pas la parole de Dieu ; mais en manifestant franchement la vérité, nous nous recommandons à la conscience de tous les hommes devant Dieu. Si l'Évangile est encore voilé, c'est pour ceux qui se perdent qu'il reste voilé, pour ces incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne voient point briller la splendeur de l'Évangile, où reluit la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. Car ce n'est pas nous-mêmes que nous prêchons, c'est le Christ Jésus, comme Seigneur. Pour nous, nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus. Car Dieu, qui a dit : Que la lumière brille du sein des ténèbres, c'est lui qui a fait luire sa clarté dans nos cœurs, pour que nous fassions briller la connaissance de la gloire de Dieu, laquelle resplendit sur la face du Christ. » (2 Cor 4,1-6)
" ...[Q]ue l’ignorance de la Religion cause tant et de si graves dommages et que, d’autre part, l’Instruction religieuse est si nécessaire et si utile (car on attendrait en vain l’accomplissement de ses devoirs chrétiens d’un homme qui les ignore), il faut voir maintenant à qui incombe le soin de préserver les intelligences de cette ignorance fatale et de leur inculquer la science nécessaire. Là-dessus, Vénérables Frères, le doute n’est pas possible : cette charge très grave regarde tous les Pasteurs des âmes. De par le précepte du Christ, ils sont tenus de connaître et de nourrir les brebis qui leur sont confiées. Or, ici, nourrir, c’est tout d’abord enseigner: Je vous donnerai (ainsi que Dieu le promettait par Jérémie) des Pasteurs selon Mon cœur, et ils vous nourriront de science et de doctrine (Jér. 3,15). De là ces paroles de l’Apôtre : Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais évangéliser (I Cor. 1,17). Il veut dire que le premier rôle de ceux qui sont préposés d’une façon quelconque au gouvernement de l’Eglise est d’apprendre aux Fidèles les choses saintes. Nous jugeons superflu de faire l’éloge de cet enseignement et de montrer de quel prix il est devant Dieu. Assurément, la pitié que nous témoignons aux pauvres pour le soulagement de leur détresse reçoit de Dieu de grandes louanges ; mais qui pourrait nier le mérite bien supérieur du zèle et du travail que nous employons à procurer, non pas des avantages passagers aux corps, mais des biens éternels aux âmes, en les instruisant et les exhortant ? Non, rien ne saurait être plus désirable, rien plus agréable pour Jésus-Christ le Sauveur des âmes, qui a dit de Lui-même par la bouche d’Isaïe: Il M’a envoyé évangéliser les pauvres (Lc 4,18)."
C’est pourquoi dans les derniers mois de sa vie le Pape François prépara, en continuité avec l’encyclique Dilexit nos, une Exhortation apostolique sur l’attention de l’Église envers les pauvres et avec les pauvres, intitulée Dilexi te, imaginant que le Christ s’adresse à chacun d’eux en leur disant : tu as peu de force, peu de pouvoir, mais « moi, je t’ai aimé » (Ap 3, 9). Ayant reçu en héritage ce projet, je suis heureux de le faire mien – ajoutant quelques réflexions – et de le proposer au début de mon Pontificat, partageant ainsi le désir de mon bien-aimé Prédécesseur que tous les chrétiens puissent percevoir le lien fort qui existe entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proches des pauvres. En effet, je pense moi aussi qu’il est nécessaire d’insister sur ce chemin de sanctification, parce que dans « cet appel à le reconnaître dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer »
"La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. Sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ. En même temps, il serait peut-être plus correct de parler des nombreux visages des pauvres et de la pauvreté, car il s’agit d’un phénomène diversifié. Il existe en effet de nombreuses formes de pauvreté : celle de ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels, la pauvreté de ceux qui sont socialement marginalisés et n’ont pas les moyens d’exprimer leur dignité et leurs potentialités, la pauvreté morale et spirituelle, la pauvreté culturelle, celle de ceux qui se trouvent dans une situation de faiblesse ou de fragilité personnelle ou sociale, la pauvreté de ceux qui n’ont pas de droits, pas de place, pas de liberté." (§ 9)
"Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”. Les structures d’injustice doivent être reconnues et détruites par la force du bien, par un changement de mentalités, mais aussi, avec l’aide des sciences et de la technique, par le développement de politiques efficaces pour la transformation de la société. Il faut toujours se rappeler que la proposition de l’Évangile n’est pas seulement celle d’une relation individuelle et intime avec le Seigneur. La proposition est plus large : « elle est le Royaume de Dieu (cf. Lc 4,43) ; il s’agit d’aimer Dieu qui règne dans le monde. Dans la mesure où il réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous. Donc, aussi bien l’annonce que l’expérience chrétienne tendent à provoquer des conséquences sociales. Cherchons son Royaume. »"
"Enfin, un document qui, au départ, n’a pas été bien accueilli par tous, nous offre une réflexion toujours d’actualité : « Aux défenseurs de “l’orthodoxie”, on adresse parfois le reproche de passivité, d’indulgence ou de complicité coupables à l’égard de situations d’injustice intolérables et de régimes politiques qui entretiennent ces situations. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé »" (§98).
"Dans cette présentation intégrale du mystère chrétien, il sera opportun de mettre l'accent sur les aspects essentiels que les « théologies de la libération » tendent spécialement à méconnaître ou à éliminer: transcendance et gratuité de la libération en Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, souveraineté de sa grâce, vraie nature des moyens de salut et notamment de l'Église et des sacrements. On rappellera la vraie signification de l'éthique pour laquelle la distinction du bien et du mal ne saurait être relativisée, le sens authentique du péché, la nécessité de la conversion et l'universalité de la loi de l'amour fraternel. On mettra en garde contre une politisation de l'existence qui, méconnaissant tout ensemble la spécificité du Royaume de Dieu et la transcendance de la personne, aboutit à sacraliser la politique et à capter la religiosité du peuple au profit d'entreprises révolutionnaires."
"Pour mesurer pleinement tout ce que Notre-Seigneur a apporté à notre société, il est peut-être nécessaire d’avoir côtoyé des peuples païens. Sur les treize années que j’ai passées au Gabon, sept se sont déroulées en brousse. J’ai donc eu l’occasion de parler à ces païens dans leur langue, de leur enseigner l’Évangile et de leur permettre ainsi de découvrir Notre-Seigneur Jésus-Christ et de s’approcher de Lui. Il est impossible d’imaginer l’impact que cela a eu sur ces âmes absolument incultes, ne sachant ni lire ni écrire, lorsqu’on leur a parlé de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la Croix de Notre-Seigneur. C’est exactement ce que disait saint Paul : c’était ce qu’ils attendaient." (p. 38)
"Cela pourrait paraître surprenant à première vue ; et pourtant, ce n’est pas du tout le cas. C’est plutôt tout naturel. Notre Seigneur est leur Dieu, leur Créateur, et il est impossible qu’il n’y ait pas d’affinité entre Celui qui les a créés et rachetés et eux-mêmes, entre leur Créateur et leurs âmes. Par conséquent, le simple fait de parler de Notre Seigneur à ces âmes les captivait." (p. 39)
"Certains affirment aussi, et c’est fréquent, que dans les missions, les missionnaires ne devraient pas prêcher la religion aux infidèles avant de leur avoir assuré un niveau de vie minimal. À quoi bon, argumentent-ils, prêcher l’Évangile à des personnes qui vivent dans un environnement social, et même physique, totalement déficient. Mais ce raisonnement est absurde et, ajoutons-le, presque diabolique, car il revient à priver ces personnes et ces enfants de ce qu'ils ont de plus précieux et de plus beau, et qu'ils sont tout à fait capables de recevoir. En fin de compte, cela revient à les priver de ce à quoi ils sont le plus capables de s'adapter, peut-être même plus rapidement et plus facilement que ceux qui sont bien dotés et vivent confortablement." (pp. 39-40)
"Dans son admirable Magnificat, la Sainte Vierge Marie dit : “Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.” Ainsi, ils voudraient enrichir, selon les normes du monde, ces pauvres, prêts et capables de recevoir la vérité de Notre-Seigneur, et les priver de ce qui apporte le vrai bonheur ; car ce n'est pas de la richesse que naît une vie véritablement heureuse." (p. 40)
"Ces quelques réflexions sont avancées pour réfuter les faux principes selon lesquels on s'abstiendrait de donner Notre-Seigneur Jésus-Christ à ceux qui le cherchent, qui ont besoin de lui et qui l'attendent. Il n'est pas charitable de dire qu'il faut d'abord donner à ces pauvres gens un niveau de vie plus humain, après quoi on leur annoncera l'Évangile. La vraie charité consiste à leur donner d'emblée l'essentiel, c'est-à-dire le fondement de leur joie, de leur bonheur et de leur transformation intérieure. […] C'est en prêchant Notre-Seigneur Jésus-Christ que les injustices disparaîtront. […] Ce n’est pas par la lutte des classes que la justice peut être rétablie, mais en prêchant le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ." (pp. 40-41)
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