Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-09-21 22:05:50 |
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CHAPITRE XXVII
(FIN DU PRECÉDENT.)
Mais sur la soumission religieuse dont ils honoraient les oracles, il faut entendre Cicéron lui-même, Cicéron parlant au milieu des lumières du grand siècle d’Auguste, Cicéron, augure, ou, comme nous dirions aujourd’hui, medium et medium officiel. Rapportant les lois religieuses de Rome, ces lois reçues pour ainsi dire de la main même des dieux, a diis quasi traditam religionem, il cite les prescriptions suivantes : « Qu’il y ait deux classes de prêtres : les uns qui président aux cérémonies et aux sacrifices ; les autres dont la fonction soit d’interpréter, sur la demande du sénat et du peuple, les paroles obscures des devins et des oracles.
Que les interprètes de Jupiter très bon et très grand, augures publics, consultent, suivant les rites, les présages et les auspices. Que les prêtres prennent les augures pour veiller à la conservation des vignes, des vergers et de la santé du peuple. Que ceux qui seront chargés de la guerre et des intérêts publics prennent les auspices et se règlent sur leurs indications. Qu’ils s’assurent si les dieux ne sont pas irrités, et qu’ils indiquent soigneusement les parties du ciel d’où éclatera la foudre».
La légèreté moderne ne manquera pas de rire de ces fonctions augurales, de ces consultations et de ces réponses : malgré le mot du vieux Caton, la gravité romaine n’en riait pas. Continuons d’écouter Cicéron : « Tout ce que l’augure aura déclaré injuste, néfaste, vicieux, mauvais, sera réputé nul et non avenu. Quiconque refusera de se soumettre à cette déclaration sera puni de mort».
Ainsi la mort, ni plus ni moins, telle était, quel qu’il fût, la peine réservée au contempteur des oracles : et on a vu des généraux mis à mort pour avoir remporté une victoire contre la volonté des Dieux. Ici encore, signalons un nouveau trait de parallélisme. Les peines les plus sévères, et des calamités publiques, sont, dans la loi de Moïse, le châtiment de ceux qui ne consultent pas l’oracle du Seigneur, ou qui méprisent Ses réponses. Dans la terrible sanction donnée par Satan à ces oracles, comment ne pas voir une nouvelle parodie ?
Mais peut-être que ce respect religieux des oracles, bon pour Romulus et ses bandits ignorants, disparut aux lumières de la civilisation romaine ? Le grand siècle d’Auguste, par exemple, dut s’en moquer impunément, et rire d’un rire inextinguible de la foi simple et naïve des ancêtres ?
Laissons encore la parole à Cicéron, et écoutons ce témoin irrécusable, célébrer la puissance des augures, telle qu’elle existait de son temps. « Un des plus grands et des plus importants emplois de la république, soit pour le droit, soit pour l’autorité qu’il donne, est sans contredit celui d’augure (Le collège des augures se composait de quinze membres : il se renouvelait par lui-même.) Je ne dis pas cela, parce que je suis moi-même revêtu de cette dignité ; c’est qu’en effet la chose est ainsi.
« Quant au droit, quoi de plus important que le pouvoir dont il jouit, de dissoudre les comices et les assemblées, dès le commencement de leur tenue, quelque magistrat qui les ait convoqués, ou d’en annuler les actes, de quelque autorité qu’ils soient émanés ? Quoi de plus important que de suspendre les entreprises de la dernière conséquence par ce seul mot :
A un autre jour, alio die ? Quoi de plus magnifique que de pouvoir ordonner aux consuls d’abdiquer leur magistrature : Quid magnificentius, quam posse decernere, ut magistratu se abdicant consules ? Quoi de plus respectable que la faculté d’accorder ou de refuser la permission de traiter avec le peuple ; que de casser les lois qui n’ont pas été juridiquement proposées ; de sorte qu’il n’y ait rien de valablement fait de la part des magistrats, au dedans ou au dehors, s’il n’est approuvé par le collège des augures : Nihil domi, nhil foris per magistratus gestum, sine eorum auctoritate posse cuiquam probari ?
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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