Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-09-11 08:08:04 |
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CHAPITRE XXV
(AUTRE SUITE DU PRÉCÉDENT.)
L’adoration achevée, le roi met le pied sur la cage du serpent, et bientôt il reçoit une impression qu’il communique à la reine et que celle-ci communique à tous les membres placés en cercle. Ceux-ci ne tardent pas à être en proie à la plus violente agitation, ils tournent rapidement sur eux-mêmes, en remuant si vivement la partie supérieure du corps, que la tête et les épaules semblent se disloquer. Ils finissent les uns par tomber de lassitude, d’autres en pamoison ; d’autres éprouvent un délire furieux. Chez presque tous il y a des tremblements nerveux, qu’ils semblent ne pouvoir maîtriser.
On ne peut décrire ce qui se passe alors. Il est aisé de comprendre qu’à la suite de l’excessive surexcitation des sens qu’ont dû produire ces bacchanales échevelées, l’assouvissement des plaisirs grossiers et des passions brutales, dans ce hideux pêle-mêle des deux sexes, ne peut manquer de présenter le plus dégoûtant spectacle.
Ennemi implacable de l’âme de l’homme qu’il pousse à tous les genres de dégradation, Satan ne l’est pas moins de son corps. Chez les différents peuples anciens et modernes, le sacrifice humain est le corollaire infaillible du culte du serpent. Les Vaudoux continuent fidèlement la cruelle tradition. On ne saura jamais le nombre des victimes qu’ils ont égorgées ()
Tous ces faits et mille autres du même genre prouvent une fois de plus à l’Europe incrédule, à l’Europe qui tourne le dos au Rédempteur, que le roi de la Cité du mal est toujours le même ; toujours prêt à ressaisir son empire, toujours jaloux de se faire adorer sous la forme victorieuse du serpent, toujours avide du sang de l’homme devenu son esclave.
Ils établissent encore que le culte du serpent, comme le sacrifice humain, a fait le tour du monde. L’un et l’autre existent encore aujourd’hui, le premier surtout, sur une large échelle, chez un grand nombre de peuples de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique.
Ainsi, dans la Cité du mal deux perpétuités : perpétuité du sacrifice humain ; perpétuité de l’adoration du serpent, sous sa forme naturelle. Ces deux perpétuités en impliquent une troisième : la perpétuité des oracles dans le monde païen. Sans cela, comment expliquer que, sous tous les climats, à toutes les époques, à tous les degrés de civilisation, l’homme non chrétien ait pris pour son Dieu, pour son grand Dieu, le plus abhorré de tous les êtres et lui ait sacrifié ce qu’il a de plus cher ? (Voir sur le serpent un beau passage de Chateaubriand, Génie du Christ., t. I, liv. III, c. 2.)
Pourtant il en est ainsi. Le fait est universel et permanent ; il a donc une cause universelle et permanente. Cette cause n’existe ni dans les lumières de la raison, ni dans les inclinations de la nature, ni dans la volonté de Dieu.
A moins de demeurer devant ce fait impitoyable, les yeux écarquillés et la bouche béante, il reste donc à l’expliquer par le rôle souverain du serpent dans la chute de l’humanité. Avec la raison éclairée par la foi, il faut reconnaître qu’un pareil culte ne venant ni de Dieu ni de l’homme est forcément révélé par une puissance intermédiaire. N’oublions pas qu’ici le mot révélation n’implique pas la divinité du révélant ; mais l’universalité et l’identité de la révélation impliquent l’universalité et l’identité du révélant. Nous en parlerons ailleurs.
Traiter tout ceci de superstition, de figurisme et d’allégorie, c’est mentir à sa propre conscience et se moquer du sens commun. Parler de superstition, d’ignorance, de démence, dans une croyance fondamentale : c’est ne rien dire ou c’est faire le procès au genre humain. Mais si depuis six mille ans le genre humain, étranger au christianisme, a été, s’il est encore un fanatique, un aliéné, un ignorant, c’est avouer que le christianisme est la vérité, la lumière, la raison. Laissons, pour essayer de sortir de là, l’incrédule balbutier des sophismes, et continuons.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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