Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-09-03 22:12:44 |
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CHAPITRE XXV
(AUTRE SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Tous les ans, au mois de décembre, une fête solennelle a lieu dans le temple. D’innombrables dévots accourent de fort loin, pour offrir aux serpents des adorations et des sacrifices dans ce lieu privilégié. Une multitude de ces serpents ont établi leur domicile dans l’intérieur du temple, où ils sont entretenus et bien nourris par les Brahmes qui les desservent. La protection spéciale dont ils jouissent leur a permis de se multiplier, au point qu’on en voit sortir de tous les côtés dans le voisinage. Beaucoup de dévots leur apportent de la nourriture. Malheur à qui aurait le malheur de tuer une de ces divinités rampantes ! Il se ferait une fort méchante affaire».
Sur un autre point de l’immense péninsule, le Serpent reçoit aussi les honneurs divins. «Récemment, écrit un de nos missionnaires, j’ai été, à Calcutta, témoin oculaire d’une fête religieuse, célébrée en l’honneur de la déesse Kali. C’est une des plus solennelles de l’année elle se nomme la fête de la Pénitence. Le premier jour de la fête, la multitude des curieux était immense, elle couvrait en quelque sorte le nombre des pénitents. Mais le second et le troisième jour, je vis en beaucoup d’endroits, principalement au coin des rues et dans les carrefours, des hommes qui avaient le milieu de la langue transpercé verticalement d’une longue barre de fer. Ils l’agitaient en cadence au son des instruments, et ils dansaient eux-mêmes en cet état. D’autres s’étaient fait une large ouverture aux reins et aux épaules, et dans chacun des trous passait un énorme serpent, dont les replis enveloppaient leur corps». (Annal. de la Prop. de la Foi, n. IX, p. 535, avril 1836.)
Outre l’adoration nationale du Serpent, les Indiens, comme les anciens habitants de l’Égypte, rendent encore aujourd’hui un culte domestique à un serpent fort commun, et dont la morsure donne presque subitement la mort : on le nomme serpent capel . Leur conduite, que chacun peut vérifier de ses yeux, rend croyable tout ce que nous avons lu de l’antiquité païenne. Les dévots vont à la recherche des trous, où se tiennent ces sortes de serpents. Lorsqu’ils ont eu le bonheur d’en découvrir quelques-uns, ils vont religieusement déposer à l’entrée, du lait, des bananes et autres aliments, qu’ils savent être du goût de ces dieux-reptiles.
Un d’eux vient-il à s’introduire dans une maison ? les habitants se gardent bien de l’en chasser ; il est, au contraire, soigneusement nourri et honoré par des sacrifices. On voit des Indiens entretenir ainsi chez eux, depuis nombre d’années, de gros serpents capels ; et, dût-il en coûter la vie à toute la famille, personne n’oserait porter la main sur eux2.
Passons maintenant en Afrique. De toute antiquité, le Serpent a été le grand dieu de la terre de Cham. Au quatrième siècle, lorsque saint Frumence alla porter la foi aux Éthiopiens, il trouva le culte du serpent dans toute sa splendeur. Pour réussir dans sa mission, il dut, comme Daniel, commencer par détruire le serpent qui avait été jusqu’alors la divinité des Axumites (Gonzalez apud Ludolf., Étiopic., p. 479). Il l’est encore de toute l’Afrique non chrétienne. Parmi toutes les nations noires qu’il a connues, dit un voyageur allemand, il n’y en a pas une qui n’adore le serpent... Les Fidas, outre le grand serpent qui est la divinité de toute la nation, ont chacun leurs petits serpents, adorés comme des dieux pénates, mais qui ne sont pas estimés beaucoup près, aussi puissants que l’autre, dont ils ne sont que les subordonnés. Quand un homme a reconnu que son dieu lare, son serpent domestique, est sans force pour lui faire obtenir ce qu’il demande, il a recours au grand serpent.
«Les sacrifices qui, chez ces peuples, forment la partie la plus importante des cultes, consistent en bœufs, vaches, moutons, etc. Quelques nations offrent aussi des sacrifices humains. Au nombre des fêtes annuelles, il faut compter le pèlerinage de la nation des Fidas au temple du grand serpent. Le peuple réuni devant la demeure du serpent, prosterné la face contre terre, adore cette divinité, sans oser lever les yeux sur elle. A l’exception des prêtres, il n’y a que le roi qui ait droit à cette faveur et pour une fois seulement»3.
Source : Livres-mystiques.com
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