Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-08-20 21:20:11 |
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CHAPITRE XXIII
HISTOIRE SOCIALE DES DEUX CITÉS.
Nous voyons, en effet, les premiers législateurs des peuples païens affirmer d’une voix unanime que leurs lois sont descendues du ciel et que c’est de la bouche même des dieux qu’ils les ont reçues. Qui a le droit de leur donner un démenti ? Après ce que nous savons des inspirations religieuses de Satan, comment nier la possibilité de ces inspirations sociales ?
Qui peut plus peut moins. D’ailleurs, les faits trahissent la cause. D’où viennent les crimes légaux qui souillent tous les codes païens, sans exception ? Quel esprit autorisa, commanda même le divorce, la polygamie, le meurtre de l’enfant et de l’esclave, les cruautés à l’égard du débiteur et du prisonnier de guerre ? Qui érigea la raison du plus fort en droit des gens ?
Qui inscrivit sur les tables d’airain du Capitole la longue nomenclature d’iniquités civiles et politiques, dont le nom seul fait encore rougir ? Si ce n’est pas le Saint-Esprit, c’est le mauvais Esprit. En politique, comme en religion, il n’y a pour l’homme que ces deux sources d’inspirations. Mais écoutons l’histoire.
Les plus anciennes traditions nous apprennent que, dans l’Orient, en Perse, en Phénicie, en Égypte, dans tous les lieux voisins du paradis terrestre, le démon sous la forme du serpent se faisait adorer non seulement comme le Dieu suprême, mais comme le Prince des législateurs, la source du droit et de la justice.
« Les Phéniciens et les Égyptiens, dit Porphyre, ont divinisé le dragon et le serpent. Les premiers l’appellent Agathodémon, le bon génie, et les seconds le nomment Kneph. Ils lui ajoutent une tête d’épervier, à cause de l’énergie de cet oiseau. Épéis, le plus savant de leurs hiérophantes, dit mot à mot ce qui suit :
« La première et la plus éminente divinité est le serpent avec la tête d’épervier. Plein de grâce, lorsqu’il ouvre les yeux, il remplit de lumière toute l’étendue de la terre ; s’il vient à les fermer, les ténèbres se font».
Ainsi, dans l’ordre social comme dans l’ordre religieux, toute lumière vient du dieu serpent, le plus grand des dieux. L’antique législateur des Perses, Zoroastre, est encore plus explicite. « Zoroastre le mage, continue Sanchoniathon, dans le saint rituel des Perses, s’exprime en ces termes :
«Le dieu à la tête d’épervier est le prince de toutes choses, immortel, éternel, sans commencement, indivisible, sans pareil, règle de tout bien, incorruptible, l’excellent des excellents, le plus sublime penseur des penseurs, le père des lois, de l’équité et de la justice, ne devant sa science qu’à lui seul, universel, parfait, sage, seul inventeur des forces mystérieuses de la nature. » (Ibid.)
Quittons le haut Orient, berceau de toutes les grandes traditions, et descendons dans la Grèce. Lorsque Lycurgue veut se faire législateur, c’est au même dieu, c’est-à-dire au serpent, qu’il va demander les fameuses lois de Lacédémone. Il se rend à Delphes, lieu célèbre dans le monde entier par son oracle.
A peine Lycurgue a touché le seuil du temple, que le serpent Python lui dit par l’organe de sa prêtresse : « Tu viens, ô Lycurgue, dans mon temple engraissé par les victimes, toi, l’ami de Jupiter et de tous les habitants de l’Olympe. T’appellerai-je un dieu ou un homme ?
j’hésite ; mais j’espère plutôt que tu es un dieu. Tu viens demander de sages lois pour tes concitoyens : je te les donnerai volontiers. » (Porphyr. apud Euseb., lib. V, c. XXVII.)
Source : Livres-mystiques.com
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