Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-07-19 22:03:54 |
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CHAPITRE XVIII
(SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Un second signe de la religion, c’est l’amour. Le Saint-Esprit étant charité, de l’âme dans laquelle il réside il fait la charité vivante. Le signe distinctif de la charité, c’est l’oubli de soi, pour Dieu et pour les autres ; l’oubli du corps au profit de l’âme, l’oubli porté jusqu’au sacrifice. L’homme entre-t-il dans la Cité du mal ? à l’instant la charité disparaît : l’égoïsme lui succède.
L’homme se souvient de lui, rien que de lui. Au lieu d’aller de soi aux autres, il va des autres à soi. L’égoïsme ne sait qu’un mot, mais il le sait à merveille, moi. Moi en tout ; moi partout ; moi toujours. Après moi, Dieu et Ses ordres ; après moi, les autres et leurs besoins et leurs désirs ; après moi, rien. Ce n’est pas assez ; l’égoïsme est le sacrifice des autres à soi. Innocence, honneur, fortune, repos, santé, vie même, ne sont rien pour lui, dès qu’il est question de se satisfaire.
Mais qu’est-ce que le moi de l’égoïste ? Est-ce son âme ? Nullement : car l’amour de l’âme, c’est la charité.
Qu’est-ce donc ? C’est la partie inférieure de son être, c’est le corps ; et dans le corps même, la partie la plus infime. En dehors de la foi, tout le travail de l’homme se rapporte, en dernière analyse, à la vie corporelle. Le boire et le manger en sont les éléments. Commencée par eux, soutenue par eux, elle finit par eux. Avoir de quoi boire et de quoi manger, l’avoir au gré de ses convoitises, l’avoir abondamment, s’assurer qu’on l’aura toujours : voilà le premier et le dernier mot de l’égoïsme. Le reste n’est qu’un moyen ou un résultat.
Or, le laboratoire de la vie animale, c’est le ventre. C’est donc au ventre que se rapporte, en fin de compte, la vie de tout homme devenu sujet de celui qui est appelé la Bête, la Bête par excellence, la Bête dans tous les sens.
De là, pour définir ces immenses, ces immondes troupeaux d’Epicure, la parole tout à la fois si énergique et si juste de l’apôtre, qui les appelle : adorateurs du Dieu ventre : Quorum Deus venter est. Ce qui est vrai de l’homme et de certains peuples l’a été de l’humanité elle-même la veille du déluge, et le sera plus encore vers la fin des temps.
Cette honteuse assimilation de l’homme à la bête se développe dans toutes ses conséquences. Nous n’en citerons qu’une seule : c’est la stupidité ou la perte de l’intelligence. La bête est stupide, c’est-à-dire qu’elle ne comprend ni n’admire. Elle ne comprend pas : comprendre, c’est voir l’idée dans le fait (Intelligere, in tus legere.)
Placez un triangle sous les yeux d’un chien ; il verra un objet matériel, formé de trois côtés égaux : mais l’idée de triangle lui échappe. Pourquoi ? Parce qu’au delà du domaine des sens il n’y a rien pour lui. La bête n’admire pas. Pour admirer, il faut comprendre. A coup sûr l’âne est moins impressionné de la vue d’un chef-d’œuvre, que de la vue d’un chardon. La bête donc ne comprend ni n’admire. Ainsi de l’homme qui devient bête.
Tombé des hauteurs de la foi, il n’a plus d’autre intelligence que celle de la matière et de la vie matérielle. Cherchez le but final de ses spéculations, de ses études, de ses découvertes, de sa politique, de tout ce mouvement fébrile qui l’entraîne et le consume : que trouverez-vous ? Le corps et ses appétits. Lumière, progrès, civilisation : quel est le sens de tous ces mots pompeux ?
Traduits en prose vulgaire, ils signifient science du pot-au-feu, philosophie du pot-au-feu, amour du pot-au-feu, garantie et glorification du pot-au-feu. En termes différents, c’est le programme invariable et l’éternel refrain de tous les hommes et de tous les peuples, bêtifiés par la bête infernale. « Buvons et mangeons, car nous mourrons demain. C’est notre bonheur, c’est notre destinée. Du pain et des plaisirs voilà tout l’homme».
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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