Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde 2025-07-15 21:54:57 |
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CHAPITRE XVIII
(SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Que sera-ce si vous comtemplez cette déification dans son complément, je veux dire dans les splendeurs de l’éternité ? C’est ici que la parole, expirant sur les lèvres, ne peut plus faire entendre que l’expression de son impression : « Non, l’œil de l’homme n’a point vu, son oreille n’a point entendu, son cœur même, si vaste qu’il soit, ne peut comprendre ce que Dieu réserve à ceux qui sont devenus, par l’amour, Ses fils et Ses héritiers». (Cor., II, 9).
De son côté, le prince de la Cité du mal travaille avec acharnement à l’œuvre contraire. Qu’il attire un homme à lui ; il le prend dans ses griffes, lui aveugle l’esprit, lui corrompt le cœur, l’enivre de ses poisons et le transforme en bête. Regardez plutôt : une chose exceptée, la bête fait tout ce que fait l’homme.
La bête mange, boit, dort, digère, marche, court, vole, nage, bâtit, calcule, parle, écrit, chante, voyage, prévoit, amasse, exerce tous les arts de la paix et de la guerre. En tout cela elle est égale à l’homme, quelquefois supérieure. Mais il est une chose que la bête ne fait pas, qu’elle ne peut pas faire, qu’elle ne fera jamais, et qui la laisse à une distance infinie au-dessous de l’homme c’est la prière.
L’homme prie ; la bête ne prie pas. L’homme adore, la bête n’adore pas. C’est dire, en d’autres termes, qu’entre l’homme et la bête une seule chose fait la différence, la religion.Or, le premier effet de l’action satanique sur l’homme est de le faire rougir de la religion ; et il en rougit ! La religion a deux grandes manifestations : la prière et l’amour. La prière est tellement le signe distinctif de l’homme que les païens l’ont défini un animal qui prie :
Animal religiosum. Notre-Seigneur Lui-même définit le chrétien : Un homme qui prie toujours : Oportet semper orare et nunquam deficere. Ainsi, dès que l’homme cesse de prier, il tourne à la bête. S’il ne prie plus du tout, il est tout à fait bête. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est la Vérité elle-même s’exprimant par la bouche de saint Paul, homme animal, animalis homo.
Or, il est notoire que le premier acte de l’homme devenu citoyen de la Cité du mal est de renoncer à la prière. Un exemple entre mille. S’il y a dans la vie ordinaire une circonstance où la prière soit sacrée, c’est l’heure solennelle du repas. Nous disons solennelle, parce que le repas est une action profondément mystérieuse. En mangeant, l’homme communie, il communie aux créatures, et de la manière la plus intime, puisqu’il les transforme en sa propre substance.
Or, toutes les créatures sont viciées par l’Esprit du mal, à qui elles servent de véhicules, pour s’introduire dans l’homme et lui communiquer ses poisons. Séparée de la prière qui les purifie en chassant le démon, cette assimilation est évidemment pleine de périls. Ainsi l’a compris l’humanité tout entière1.
De là, ce fait, autrement inexplicable, que tous les peuples, même païens, ont prié avant de manger. Le fait étant universel a donc une cause universelle. Une cause universelle est une loi. Prier avant de manger est donc une loi de l’humanité. Le mépris orgueilleux, le sourire imbécile n’y font rien. Toujours il restera qu’on ne connaît dans la nature que deux sortes d’êtres qui mangent sans prier : les bêtes et ceux qui leur ressemblent. Nous disons qui leur ressemblent ; car on peut mettre au défi non seulement tous les contempteurs du Benedicite, ce qui est peu, mais tous les naturalistes du monde de trouver une différence entre l’homme qui mange sans prier et un chien ou un pourceau.
S’assimiler aux bêtes dans une circonstance où tous les peuples, même païens, ont senti la nécessité de s’en distinguer : voilà ce qu’ils font ! Et parce qu’ils le font, ils se tiennent pour de grands esprits ! Il a fallu venir à notre époque d’épais matérialisme, pour rencontrer des hommes qui se croiraient déshonorés, si, deux fois le jour, ils ne s’assimilaient ostensiblement à l’âne ou au crocodile : Homo, cum in honore esset, non intellexit comparatus est jumentis insipientibus et similis factus est illis.
Source : Livres-mystiques.com
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ami de la Miséricorde
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