Ma réponse par Candidus 2025-05-02 18:51:40 |
|
Imprimer |
Le mot "démocratie" recouvre trois acceptions. La première est celle de la démophilie, qui désigne l'amour du peuple et la volonté d'améliorer ses conditions de vie. Ce sens n’est pas limité aux régimes modernes ou républicains : tout gouvernement visant le bien commun peut être dit "démocrate" en ce sens, même une monarchie. Un catholique peut et doit être démocrate dans ce sens.
Le deuxième sens est celui de la démocratie politique, hérité de la Grèce antique, où le pouvoir est exercé par le peuple (sans qu'il en soit l'origine, "tout pouvoir vient de Dieu"), via le vote ou le tirage au sort. Ce régime, bien qu’adapté aux sociétés occidentales, ne le sera pas à d'autres contextes culturels. Un catholique n'est pas obligé d'être démocrate dans ce sens, mais il peut l'être.
Le troisième sens est celui du démocratisme, une forme idéologique qui place dans le peuple l'origine du pouvoir et qui étend la revendication égalitaire à tous les domaines de la vie sociale (famille, école, art…). Ce courant conduit à un égalitarisme extrême aux dérives totalitaires. Un catholique ne peut pas être démocrate dans ce sens.
La doctrine sociale de l'Eglise accepte la démocratie politique mais rejette le démocratisme. Elle accepte l'inégalité des conditions, elle valorise l'inégalité naturelle des talents et des mérites comme facteur d’harmonie sociale. Elle défend l’égalité des chances sans viser une égalité de résultats, utopique et destructrice, notamment dans le domaine éducatif.
Enfin, l’Église insiste sur la distinction entre égalité ontologique (dignité humaine), incontestable, et égalité politique ou sociale pas toujours opportune, estimant que pousser l’égalité à l’extrême mène à un monde indifférencié et contre-productif.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|