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Pas d’accord…
par Signo 2025-03-28 21:31:12
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… avec l’idée de proclamer un nouveau dogme sur ce thème.

Un dogme a pour finalité de fixer une vérité de la foi essentielle et nécessaire au salut. Il suppose nécessairement une initiation catéchétique pour pouvoir être compris dans son sens véritable. C’est pour cette raison que dans l’Eglise antique, les dogmes demeuraient secrets et étaient communiqués par initiation. Comme l’écrit Saint Basile le Grand:


« Parmi les dogmes conservés dans l’Eglise, certains nous viennent de l’enseignement écrit, et d’autres, nous les avons reçu de la tradition des Apôtres, transmis en secret [ou mystérieusement: ἐν μυστερίῳ] jusqu’à nous. Les uns et les autres ont une égale autorité pour nous former à la piété. Personne ne les contredirait, personne qui soit encore moyennement versé dans les questions ecclésiastiques. Car si nous voulions rejeter comme de peu d’importance tous les usages dont l’Ecriture ne dit rien, il nous faudrait condamner par une témérité inouïe des choses que l’Evangile nous déclare être nécessaires au salut, et même réduire à un vain nom la prédication même de la foi. Un de ces usages, pour commencer par le plus généralement pratiqué, c’est de marquer du signe de la croix ceux qui ont mis leur espérance en Jésus-Christ ; où le trouve-t-on enseigné par écrit ? Un autre, c’est de nous tourner vers l’Orient pour prier ; où avons-nous pris cela dans l’Ecriture ? Les paroles d’invocation dont nous nous servons en montrant le pain eucharistique et le calice de bénédiction, dans quels écrits des saints les trouvons-nous ? Car nous ne nous contenions pas de ce qui se trouve dans l’Apôtre ou dans les évangélistes ; mais nous y ajoutons, et avant et après beaucoup de formules, que nous ne savons que par tradition, et qui servent à relever l’importance du ministère. Nous consacrons l’eau du baptême, l’huile des onctions, la personne même du baptisé ; mais en vertu de quels écrits ? N’est-ce pas plutôt en vertu d’une tradition secrète ? Quelle écriture a jamais enseigné les onctions même que nous faisons (au baptême) ? En vertu de quelle autorité faisons-nous trois immersions ? Dans quel livre inspiré trouvons-nous les autres choses qui se pratiquent au baptême comme de renoncer à Satan et à ses anges ? N’est-ce pas plutôt dans une tradition secrète et mystérieuse que nous avons puisé cet usage ? N’est-ce pas dans les doctrines que nos pères ont conservées intactes au moyen du silence, qui les a protégées contre la curiosité et la malignité ? C’est que leur sagesse leur avait appris qu’enveloppées de secret, ces doctrines deviendraient plus vénérables. Car quelle convenance y aurait-il eu à mettre par écrit la doctrine relative à des mystères qu’il n’est permis de contempler qu’aux seuls initiés ! Eh ! que se proposait Moïse, lorsqu’il pourvut à ce que tout le monde ne pût voir ce qui se passait dans le sanctuaire, en établissant un parvis pour le peuple, et une autre partie du temple réservée aux seuls lévites ?… C’est avec la même sagesse que les apôtres et leurs successeurs les plus immédiats en instituant dès l’origine de l’Eglise certaines cérémonies, ont garanti au moyen du secret et du silence le respect dû aux mystères. Car ce n’est plus un mystère, que ce qui va se répéter de bouche en bouche parmi le peuple. C’est pour cette raison que certains dogmes nous ont été transmis sans écrit, de peur que trop répandus parmi le peuple, ils n’en devinssent pour lui un objet de mépris. Un dogme est autre chose qu’un édit. Les édits doivent être promulgués ; les dogmes au contraire ont besoin du mystère ou du silence. »

Saint Basile le Grand, Sur le Saint Esprit, XXVII, 67, IVe siècle.



La manie de proclamer publiquement des dogmes, qui plus est sur des sujets parfois secondaires de la foi, s’est développée ultérieurement et surtout à partir du XIXe siècle. Rappelons qu’un dogme exige l’adhésion de tout fidèle sous peine de sortir de la communion catholique. Il faut donc que l’enjeu en vaille la peine: on ne proclame pas un dogme à la légère, mais uniquement s’il y a une vraie nécessité pour la foi. Même si la thématique de Marie co-rédemptrice est de nature à nourrir la piété mariale, à part pour satisfaire une marotte de tradis je ne vois pas bien en quoi en faire un dogme qui s’imposerait à tous les croyants sous peine d’excommunication serait une nécessité absolue aujourd’hui. Il me semble que cela ne ferait qu’engendrer malentendus et la confusion dans une Eglise qui n’en a vraiment pas besoin.

Par ailleurs je pense à mon humble niveau qu’il faut sortir de cette mentalité selon laquelle on se sentirait obligé de prouver notre amour de la Mère de Dieu par une accumulation de dogmes sans cesse surajoutés les uns aux autres…

     

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