Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2025-03-08 06:22:41 |
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CHAPITRE III
Que pour avoir le désir de l'amour sacré, il faut retrancher les autres désirs.
Pour cela les saints se retirèrent ès solitudes, afin que dépris des sollicitudes mondaines, ils vaquassent plus ardemment au céleste amour. Pour cela l'épouse sacrée fermait l'un de ses yeux, afin d'unir plus fortement sa vue en l'autre seul, et visiter plus justement par ce moyen au milieu du coeur de son bien-aimé qu'elle veut brêler d'amour.
Pour cela elle-même tient sa perruque (sa chevelure) tellement plissée et ramassée dans sa tresse, qu'elle semblait n'avoir qu'un seul cheveu, duquel elle se sert comme d'une chaîne pour lier et ravir le coeur de son époux qu'elle rend esclave de sa dilection.
Les âmes qui désirent tout de bon d'aimer Dieu ferment leur entendement aux discours des choses mondaines pour l'employer plus ardemment ès méditations des choses divines, et ramassent toutes leurs prétentions sous l'unique intention qu'elles ont d'aimer uniquement Dieu. Quiconque désire quelque chose qu'il ne désire pas pour Dieu, il en désire moins Dieu.
Un religieux demanda au bienheureux Gilles ce qu'il pourrait faire de plus agréable à Dieu. Il lui répondit en chantant : Une à un, une à un : c'est-à-dire, une seule âme à un seul Dieu; Tant de désirs et d'amour en un coeur sont comme plusieurs enfants sur une mamelle, qui, ne pouvant téter tous ensemble, la pressent tantôt lun, tantôt l'autre, à l'envi, et la font enfin tarir et dessécher. Qui prétend au divin amour, doit soigneusement réserver son loisir, son esprit et ses affections pour cela.
CHAPITRE IV
Que les occupations légitimes ne nous empêchent point de pratiquer le divin amour.
La curiosité, l'ambition, l'inquiétude avec l'inadvertance et inconsidération de la fin pour laquelle nous sommes en ce monde, sont cause que nous avons mille fois plus d'empêchements que d'affaires, plus de tracas que d'oeuvre, plus d'occupation que de besogne.
Et ce sont ces embarrassements, Théotime, c'est-à-dire, les niaises, vaines et superflues occupations desquelles nous nous chargeons qui nous divertissent de l'amour de Dieu, et non pas vrais et légitimes exercices de nos vocations. David, et après lui saint Louis, parmi tant de hasards, de travaux et d'affaires qu'ils eurent, soit en paix, soit en guerre, ne laissaient pas de chanter en vérité :
Que veut mon coeur sinon Dieu,
De ce qu'au ciel on admire!
Qu'est-ce qu'emmi ce bas lieu
Sinon Dieu mon coeur respira !
saint Bernard ne perdait rien du progrès qu'il désirait faire en ce saint amour, quoiqu'il fût ès cours et armées des grands princes où il s'employait à réduire les affaires détat au service de la gloire de Dieu:
il changeait de lieu, mais il ne changeait point de coeur, ni son coeur d'amour, ni son amour d'objet; et pour parler son propre langage, ces mutations se faisaient en lui, mais non pas de lui, puisque bien que ses occupations fussent fort différentes, il était indifférent à toutes occupations, et différent de toutes occupations, ne recevant pas la couleur des affaires et des conversations, comme le caméléon celle des lieux où il se trouve, ainsi demeurant toujours uni à Dieu, toujours blanc en pureté, toujours vermeil de charité et toujours plein d'humilité.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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