Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2025-02-23 21:43:30 |
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CHAPITRE XVIII
Comme l'amour se sert de la crainte naturelle, servile et mercenaire.
Que si la crainte ne forclôt (exclut) pas la volonté de pécher, ni l'affection au péché, certes elle est méchante et pareille à celle des diables, qui cessent souvent de nuire, de peur d'être tourmentés par l'exorcisme, sans cesser néanmoins de désirer et vouloir le mal qu'ils méditent à jamais.
Pareille à celle du misérable forçat, qui voudrait manger le coeur du comite (officier proposé à la chiourne des galères), quoiqu'il n'ose quitter la rame de peur d'être battu; pareille à la crainte de ce grand hérésiarque du siècle passé, qui confesse d'avoir haï Dieu d'autant qu'il punissait les méchants.
Certes celui qui aime le péché et le voudrait volontiers commettre malgré la volonté de Dieu, encore qu'il ne le veuille commettre craignant seulement être damné, il a une crainte horrible et détestable.
Car bien qu'il n'ait pas la volonté de venir à l'exécution du péché, il a néanmoins l'exécution en sa volonté, puisqu'il le voudrait faire, si la crainte ne le tenait; et c'est comme par force qu'il n'en vient pas aux effets.
A cette crainte on en peut ajouter une autre, certes moins malicieuse, mais autant inutile, comme fut celle du juge Félix, qui oyant parler du jugement divin, fuit tout épouvanté, et toutefois ne laissa pas pour cela de continuer en son avarice.
Et celle de Balthasar, qui voyant cette main prodigieuse qui écrivait sa condamnation contre le paroi, fut tellement effrayé quil changea de visage, et les jointures de ses reins se desserraient, et ses genoux trémoussants s'entre-heurtaient l'un à l'autre, et néanmoins ne fit point pénitence.
Or, de quoi sert-il de craindre le mal, si par la crainte on ne se résout de l'éviter?
La crainte donc de ceux qui, comme esclaves, observent la loi de Dieu pour éviter l'enfer, est fort bonne. Mais beaucoup plus noble et désirable est la crainte des chrétiens mercenaires, qui comme serviteurs à gages travaillent fidèlement, non pas certes principalement pour aucun amour qu'ils aient encore envers leurs maîtres, mais pour être salariés de la récompense qui leur est promise.
O si l'oeil pouvait voir, si l'oreille pouvait ouïr, ou qu'il pût monter au coeur de l'homme ce que Dieu a préparé à ceux qui le servent !
Hé, quelle appréhension aurait-on de violer les commandements divins, de peur de perdre ces récompenses immortelles!
Quelles larmes, quels gémissements jetterait-on, quand par le péché on les aurait perdues! Or, cette crainte néanmoins serait blâmable, si elle renfermait en soi l'exclusion du saint amour.
Car qui dirait: Je ne veux point servir Dieu pour aucun amour que je lui veuille porter, mais seulement pour avoir les récompenses qu'il promet, il ferait un blasphème, préférant la récompense au maître, le bienfait au bienfaiteur, l'héritage au père, et son propre profit à Dieu tout-puissant, ainsi que nous avons plus amplement montré au livre second.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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