Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2025-02-19 07:31:08 |
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CHAPITRE XVI
De la crainte amoureuse des épouses: suite du discours commencé
Ah ! Jonathas mon frère, disait David, tu étais aimable sur (au-dessus de) l'amour des femmes. Et c'est comme s'il eût dit : Tu méritais un plus grand amour que celui des femmes envers leurs maris. Toutes choses excellentes sont rares. Imaginez-vous, Théotime, une épouse de coeur colombin, qui ait la perfection de l'amour nuptial, son amour est incomparable, non seulement en excellence mais aussi en une grande variété de belles affections et qualités qui l'accompagnent.
Il est non seulement chaste, mais pudique; il est fort, mais gracieux; il est violent, mais tendre; il est ardent, mais respectueux; généreux, mais craintif; hardi, mais obéissant ; et sa crainte est toute mêlée dune délicieuse confiance.
Telle certes est la crainte de l'âme qui a l'excellente dilection; car elle s'assure tant de la souveraine bonté de son époux, qu'elle ne craint pas de le perdre, mais elle craint bien toutefois de ne jouir pas assez de sa divine présence, et que quelque occasion ne le fasse absenter pour un seul moment; elle a bien confiance de ne lui déplaire jamais, mais elle craint de ne lui plaire pas autant que l'amour le requiert:
son amour est trop courageux pour entrer voire même au seul soupçon d'être jamais en sa disgrâce, ruais il est aussi si attentif qu'elle craint de ne lui être pas assez unie; oui même l'âme arrive quelquefois à tant de perfection, qu'elle ne craint plus de n'être pas assez unie à lui, son amour l'assurant qu'elle le sera toujours. Mais elle craint que cette union ne soit pas si pure, simple et attentive, comme son amour lui fait prétendre.
C'est cette admirable amante qui voudrait ne point aimer les goûts, les délices, les vertus et les consolations spirituelles, de peur d'être divertie pour peu que ce soit de l'unique amour qu'elle porte à son bien-aimé, protestant que c'est lui-même et non ses biens qu'elle recherche, et criant à cette intention : Eh ! montrez-moi, mon bien-aimé, où vous paissez et reposez au midi, afin que je ne me divertisse point après les plaisirs qui sont hors de vous.
De cette sacrée crainte des divines épouses furent touchées ces grandes âmes de saint Paul, saint François, sainte Catherine de Gênes, et autres, qui ne voulaient aucun mélange en leurs amours, ains tâchaient de le rendre si pur, si simple, si parfait, que ni les consolations ni les vertus mêmes ne tinssent aucune place entre leur coeur et Dieu; en sorte qu'elles pouvaient dire :
Je vis, mais non plus moi-même, ains Jésus-Christ vit, en moi : Mon Dieu m'est toutes choses : Ce qui n'est point Dieu, ne m'est rien : Jésus-Christ est ma vie : Mon amour est crucifié; et telles autres paroles d'un sentiment extatique. Or, la crainte initiale, non des apprentis, procède du vrai amour, mais amour encore tendre, faible et commençant.
La crainte filiale procède de l'amour ferme, solide et déjà tendant à la perfection; mais la crainte des épouses provient de l'excellence et perfection amoureuse déjà tout acquise : et quant aux craintes serviles et mercenaires, elles ne procèdent voirement pas de l'amour, mais elles précèdent ordinairement l'amour pour lui servir de fourrier, ainsi que nous avons dit ailleurs, et sont bien souvent très utiles à son service.
Vous verrez toutefois, Théotime, une honnête dame, qui, ne voulant pas manger son pain en oisiveté, non plus que celle que Salomon a tant louée, couchera la soie en une belle variété de couleurs sur un satin bien blanc, pour faire une broderie de plusieurs belles fleurs, qu'elle rehaussera par après fort richement d'or et d'argent selon les assortiments convenables.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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