pas de bouc émissaire : chacun porte le poids de ses fautes par Luc Perrin 2025-02-02 18:56:26 |
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D'accord avec la seconde partie de votre analyse : oui Benoît XVI, on m'a assez reproché mes critiques ici même entre 2005 et 2013, a raté pour l'essentiel son pontificat. Sa pusillanimité en est la cause première et ultime.
Il a fait du "Trump premier mandat" 2017-2021 - mou, très mal entouré, consensuel - là où la situation imposait du Trump second mandat, dégainant les ordonnances en rafale dès le premier jour, la première heure, taillant dans le gras du Deep State états-unien.
Mais la faute à qui ? Trump arrivait novice en politique, sans appui politique en 2017, prêt à être manoeuvré ce qui s'est produit. Quid de J. Ratzinger qui était bien en poste depuis 1982, bien au fait des rouages, n°2 des collaborateurs du pape, doyen du Sacré Collège ?
Pourtant il a multiplié les choix calamiteux au plan de son programme affiché, un peu comme si l'abbé Pagliardi prenait Mgr Overbeck comme confesseur.
Comme le dit Stephen K. Bannon, la politique tient tout entière dans les personnes choisies. A preuve, le pape François n'a eu qu'à puiser dans le legs du personnel mis en place par Benoît XVI mais lui, étranger pourtant à la Curie, a choisi ses hommes, ceux de son orientation. Il n'a pas commis la même erreur tragique que le pape bavarois.
Alors je n'accablerai pas Mgr Williamson dans ce naufrage : il n'a pas même été une gouttelette d'eau dans la tempête.
L'affaire du documentaire suédois est complexe comme celle de la résignation finale de Benoît XVI. On ne connaît pas tous les éléments mais la suspicion d'une manoeuvre est grande. L'émission a été préparée plusieurs mois AVANT l'annonce de la levée des excommunications, cela est établi factuellement. L'hypothèse Parfu ne tient donc pas la route puisque quand Mgr Williamson est interrogé, il ignore a priori la décision pontificale. Il n'a pas non plus la maîtrise de la programmation de l'émission qui a étrangement coïncidé avec le décret de 2009.
Je tends à penser que cette coïncidence n'est pas fortuite et que quelqu'un au sein de la pétaudière curiale créée par Benoît XVI - avec plus d'adversaires acharnés que de loyaux serviteurs -, quelqu'un a pu chercher à dérailler le processus de rapprochement engagé alors avec la FSSPX. Quelqu'un qui connaissait la décision et avait la date de sa parution.
L'hostilité de l'évêque défunt au processus, rappelons le, n'a rien empêché entre 2009 et 2012. Le processus a continué avec des hauts et de nombreux bas jusqu'au moment où tout était prêt mais devant la bronca relative des cardinaux au sein de la CDF, le pusillanime Pontife a baissé les bras avant de renoncer à tout dans la foulée dès les nominations de 2012.
Alors Mgr Williamson s'est fourvoyé, à mon humble avis, mais je ne mettrais pas sur son dos bien trop large les échecs de Benoît XVI et l'actuel pontificat.
Nous sommes tous et toutes comptables de nos actes du plus modeste des baptisés jusqu'à l'évêque de Rome, sachant que pour les membres de la Hiérarchie il y a d'office une aggravation des peines.
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