Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2025-01-29 22:08:35 |
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CHAPITRE VII
Que les vertus parfaites ne sont jamais les unes sans les autres.
Je vous prie, Théotime, quelle prudence peut avoir un homme intempérant, injuste et poltron, puisqu'il choisit le vice, et laisse la vertu?
Et comme peut-on être juste sans être prudent, fort et tempérant, puisque la justice n'est autre chose qu'une perpétuelle, forte et constante volonté de rendre à chacun ce qui lui appartient, et que la science par laquelle le droit s'administre est nommée jurisprudence; et que, pour rendre à chacun ce qui lui appartient, il nous faut vivre sagement et modestement, et empêcher les désordres de l'intempérance en nous, afin de nous rendre ce qui nous appartient à nous-mêmes?
Et le mot de vertu ne signifie-t-il pas une force et vigueur appartenante à l'âme en propriété, ainsi que l'on dit les herbes et pierres précieuses avoir telle et telle vertu ou propriété?
Mais la prudence n'est-elle pas imprudente en l'homme intempérant? La force sans prudence, justice et tempérance, n'est pas une force, mais une forcenerie (violence, libertinage).
Et la justice est injuste en l'homme poltron qui ne l'ose pas rendre, en l'intempérant qui se laisse emporter aux passions, et en l'imprudent qui ne sait pas discerner entre le droit et le tort.
La justice n'est pas justice, si elle n'est prudente, forte et tempérante; ni la prudence n'est pas prudence, si elle n'est tempérante, juste et forte; ni la force n'est pas force, si elle n'est juste, prudente et tempérante; ni la tempérance n'est pas tempérance, si elle n'est prudente, forte et juste: et en somme une vertu n'est pas vertu parfaite, si elle n'est accompagnée de toutes les autres.
Il est bien vrai, Théotime, qu'on ne peut pas exercer toutes les vertus ensemble, parce que les sujets ne s'en présentent pas tout à coup; ains il y a des vertus que quelques-uns des pins saints n'ont jamais eu occasion de pratiquer.
Car saint Paul, premier ermite, par exemple, quel sujet pouvait-il avoir d'exercer le pardon des injures, l'affabilité, la magnificence, la débonnaireté?
Mais toutefois telles âmes ne laissent pas d'être tellement affectionnées à l'honnêteté de la raison, qu'encore qu'elles n'aient pas toutes les vertus quant à l'effet, elles les ont toutes quant à l'affection, étant prêtes et disposées à suivre et servir la raison en toutes occurrences, sans exception ni réserve.
Il y a certaines inclinations qui sont estimées vertus, et ne le sont pas, ains des faveurs et avantages de la nature.
Combien y a-t-il de personnes qui, par leur condition naturelle, sont sobres, simples, douces, taciturnes (sachan garder le silence), voire même chastes et honnêtes !
Or, tout cela semble être vertu, et n'en a toutefois pas le mérite ; non plis que les mauvaises inclinations ne sont dignes d'aucun blâme, jusques à ce que sur telles humeurs naturelles nous ayons enté le libre et volontaire consentement. Ce n'est pas vertu de ne manger guère par nature, mais oui bien de s'abstenir par élection : ce n'est pas vertu d'être taciturne par inclination, niais oui bien de se taire par raison.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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