Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2025-01-22 22:16:43 |
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CHAPITRE IV
Comme le divin amour sanctifie encore plus excellemment les vertus,
quand elles sont pratiquées par son ordonnance et commandement.
Ainsi donc, Théotime, les actions vertueuses des enfants de Dieu appartiennent toutes à la sacrée dilection : les unes, parce qu'elle-même les produit de sa propre nature; les autres, dautant qu'elle les sanctifie par sa vitale présence, et les autres enfin par l'autorité et le commandement dont elle use sur les autres vertus, desquelles elle les fait naître.
Et celles-ci, comme elles ne sont pas à la vérité si éminentes en dignité que les actions proprement et immédiatement issues de la dilection, aussi excellent-elles incomparablement au-dessus des actions qui ont toute leur sainteté de la seule présence et société de la charité.
Un grand général d'armée ayant gagné une signalée bataille aura sans doute tout l'honneur de la victoire, et non sans cause : car il aura combattu lui-même en tête de l'armée, pratiquant plusieurs beaux faits d'armes, et pour le reste il aura disposé l'armée, puis ordonné et commandé tout ce qui aura été exécuté; si qu'il (tellement que) est estimé d'avoir tout fait, ou par soi-même en combattant de ses propres mains, ou par sa conduite en commandant aux autres.
Que si même quelques troupes amies surviennent à l'imprévu et se joignent à l'armée, on ne laissera pas que dattribuer l'honneur de leur action au général, parce qu'encore qu'elles n'aient pas reçu ses commandements, elles l'ont néanmoins servi, et suivi ses intentions.
Mais pourtant, après qu'on lui a donné toute la gloire en gros, on ne laisse pas d'en distribuer les pièces à chaque partie de l'armée, en disant ce que l'avant-garde, le corps et l'arrière-garde ont fait: comme les Français, les Italiens, les Allemands, les Espagnols se sont comportés; oui même on loue les particuliers qui se seront signalés au combat.
Ainsi entre toutes les vertus, mon cher Théotime, la gloire de notre salut et de notre victoire sur l'enfer est déférée à l'amour divin, qui comme prince et général de toute l'armée des vertus, fait tous les exploits par lesquels nous obtenons le triomphe. Car l'amour sacré a ses actions propres, issues et procédées de lui-même, par lesquelles il fait des miracles d'armes sur nos ennemis; puis, outre cela, il dispose, commande et ordonne les actions des autres vertus, qui pour cette cause sont nommées actes commandés ou ordonnés de l'amour.
Que si enfin quelques vertus font leurs opérations sans son commandement, pourvu qu'elles servent à son intention, qui est l'honneur de Dieu, il ne laissa pas que de les avouer siennes.
Or, néanmoins, quoiqu'en gros nous disions, après le divin Apôtre, que la charité souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout, et en somme qu'elle fait tout; si est-ce que nous ne laissons pas de distribuer en particulier la louange du salut des bienheureux aux autres vertus, selon qu'elles ont excellé en un chacun: car nous disons que la foi en a sauvé les uns, l'aumône quelques autres; la tempérance, l'oraison, l'humilité, l'espérance, la chasteté, les autres; parce que les actions de ces vertus ont paru avec lustre en ces saints.
Mais toujours réciproquement aussi, après qu'on a élevé ces vertus particulières, il faut rapporter tout leur honneur à l'amour sacré, qui à toutes donne la sainteté qu'elles ont.
Car que vient dire autre chose le glorieux Apôtre inculquant que la charité est bénigne, patiente, qu'elle croit tout, espère tout, supporte tout, sinon que la charité ordonne et commande à la patience de patienter, et à l'espérance d'espérer, et à la foi de croire?
Il est vrai, Théotime, qu'avec cela il signifie encore que l'amour est l'âme et la vie de toutes les vertus, comme s'il voulait dire que la patience n'est pas assez patiente, ni la foi assez fidèle, ni l'espérance assez confiante, ni la débonnaireté assez douce, si l'amour ne les anime et vivifie.
Et c'est cela même que nous fait entendre ce même vaisseau délection, quand il dit que sans la charité rien ne lui profite, et qu'il n'est rien car c'est comme s'il disait que sans l'amour il n'est ni patient, ni débonnaire, ni constant, ni fidèle, ni espérant, ainsi qu'il est convenable pour être serviteur de Dieu, qui est le vrai et désirable être de l'homme.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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