Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-12-25 22:32:13 |
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CHAPITRE X
Comme nous devons aimer la divine bonté souverainement plus que nous-mêmes.
Aristote a eu raison de dire que le bien est voirement aimable, mais à un chacun principalement son bien propre, de sorte que l'amour que nous avons envers autrui provient de celui que nous avons envers nous-mêmes.
Car comme pouvait dire autre chose un philosophe, qui non seulement n'aima pas Dieu, mais ne parla même presque jamais de l'amour de Dieu?
Amour de Dieu néanmoins qui précède tout amour de nous-mêmes, voire selon l'inclination naturelle de noire volonté, ainsi que j'ai déclaré en premier livre.
La volonté certes est tellement dédiée, et s'il faut ainsi dire, elle est tellement consacrée à la bonté, que si une bonté infinie lui est montrée clairement, il est impossible, sans miracle, qu'elle ne l'aime souverainement.
Ainsi les bienheureux sont ravis et nécessités, quoique non forcés, d'aimer Dieu, duquel ils voient clairement la souveraine beauté ; ce que l'Écriture montre assez, quand elle compare le contentement qui comble les coeurs de ces glorieux habitants de la Jérusalem céleste, à un torrent et fleuve impétueux; duquel on ne peut empêcher les ondes qu'elles ne s'épanchent sur les plaines qu'elles rencontrent.
Mais en cette vie mortelle, Théotime, nous ne sommes pas nécessités de l'aimer si souverainement, d'autant que nous ne le connaissons pas si clairement.
Au ciel, où nous le verrons face à face, nous l'aimerons coeur à coeur ; c'est-à-dire, comme nous verrons tous, un chacun selon sa mesure, l'infinité de sa beauté d'une vue souverainement claire, aussi serons-nous ravis en l'amour de son infinie bonté, d'un ravissement souverainement fort, auquel nous ne voudrons ni ne pourrons vouloir faire jamais aucune résistance.
Mais ici-bas en terre, où nous ne voyons pas cette souveraine bonté en sa beauté, ains l'entrevoyons seulement entre nos obscurités, nous sommes à la vérité inclinés et alléchés, mais non pas nécessités de l'aimer plus que nous-mêmes; ains plutôt au contraire, quoique nous ayons cette sainte inclination naturelle d'aimer la Divinité sur toutes choses, nous n'avons pas néanmoins la force de la pratiquer, si cette même Divinité ne répand surnaturellement dans nos coeurs sa très sainte charité.
Or, il est vrai pourtant que, comme la claire vue de la Divinité produit infailliblement la nécessité de l'aimer plus que nous-mêmes, aussi l'entrevue, c'est-à-dire, la connaissance naturelle de la Divinité, produit infailliblement l'inclination et tendresse à l'aimer plus que nous-mêmes.
Eh ! de grâce, Théotime, la volonté, toute destinée à l'amour du bien, comme en pourrait-elle tant soit peu connaître un souverain, sans être de même tant soit peu inclinée à l'aimer souverainement?
Entre tous les biens qui ne sont pas infinis, notre volonté préférera toujours en son amour celui qui lui est plus proche, et surtout le sien propre; mais il y a si peu de proportion entre l'infini et le fini, que notre volonté, qui connaît un bien infini, est sans doute ébranlée, inclinée et incitée de préférer l'amitié de l'abîme de cette bonté infinie à toute sorte d'autre amour, et à celui-là encore de nous-mêmes.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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