Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-11-13 22:19:35 |
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CHAPITRE VII
De l'indifférence que nous devons pratiquer en ce qui regarde notre avancement ès vertus.
Voyez cette bonne âme, je vous prie elle a grandement désiré et tâché de s'affranchir de la colère, en quoi Dieu la favorisée; car il la rendue quitte de tous les péchés qui procèdent de la colère.
Elle mourrait plutôt que de dire un seul mot injurieux, ou de lâcher un seul trait de haine. Néanmoins elle est encore sujette aux assauts et premiers mouvements de cette passion, qui sont certains élans, ébranlements et saillies du coeur irrité, que la paraphrase chaldaïque appelle trémoussements, disant:
Trémoussez-vous et ne veuillez point pécher, où notre sacrée version a dit : Courroucez-vous, et ne veuillez point pécher, qui en est effet une même chose: car le prophète ne veut dire, sinon que si le courroux nous surprend, excitant en nos coeurs les premiers trémoussements de la colère, nous gardions bien de nous laisser emporter plus avant en cette passion, d'autant que nous pécherions.
Or, bien que ces premiers élans et trémoussements ne soient aucunement péché, néanmoins la pauvre âme qui en est souvent atteinte, se trouble, s'afflige, s'inquiète, et pense bien faire de s'attrister, comme si c'était l'amour de Dieu qui la provoquât à cette tristesse; et cependant, Théotime, ce n'est pas l'amour céleste qui fait ce trouble, car il ne se fâche que pour le péché ;
c'est notre amour propre qui voudrait que nous fussions exempts de la peine et du travail que les assauts de lire (colère) nous donnent. Ce n'est pas la coulpe (faute formelle) qui nous déplaît en ces élans de la colère, car il n'y a du tout point de péché; c'est la peine d'y résister qui nous inquiète.
Ces rébellions de l'appétit sensuel, tant en lire qu'en la convoitise, sont laissées en nous pour notre exercice, afin que nous pratiquions la vaillance spirituelle en leur résistant. C'est le Philistin que les vrais Israélites doivent, toujours combattre, sans que jamais ils le puissent abattre; ils le peuvent affaiblir, mais non pas anéantir. Il ne meurt jamais qu'avec nous, et vit toujours avec nous; il est certes exécrable et détestable, d'autant qu'il est issu du péché et tend perpétuellement au péché.
C'est pourquoi, comme nous sommes appelés terre, parce que nous sommes extraits de la terre, et que nous retournerons en terre, ainsi cette rébellion est appelée par le grand Apôtre péché, comme provenue du péché et tendante au péché, quoiqu'elle ne nous rende nullement coupables, sinon quand nous la secondons et lui obéissons.
Dont le même apôtre nous avertit de faire en sorte que ce mal-là ne règne point en notre corps mortels pour obéir aux convoitises d'icelui. Il ne nous défend pas de sentir le péché, mais seulement d'y consentir; il n'ordonne pas que nous empêchions le péché de venir en nous et d'y être, mais il commande qu'il n'y vigne pas. Il est en nous quand nous sentons la rébellion de l'appétit sensuel; mais il ne règne pas en nous, sinon quand nous y consentons.
Le médecin n'ordonnera jamais au fébricitant (qui a la fièvre) de n'avoir pas soif, car ce serait une impertinence trop grande; mais il lui dira bien qu'il s'abstienne de boive, encore qu'il ait soif.
Jamais on ne dira à une femme enceinte qu'elle n'ait pas envie de manger des choses extraordinaires, car cela n'est pas en son pouvoir, mais on lui dira bien qu'elle die ses appétits, afin que, s'ils sont de chose nuisible, on divertisse son imagination, et que telle fantaisie ne règne pas en sa cervelle.
Source : Livres-mystiques.com
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