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Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-10-30 22:51:14
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CHAPITRE XIV
Briève méthode pour connaître la volonté de Dieu.


Saint Basile dit que la volonté de Dieu nous est témoignée par ses ordonnances ou commandements, et que lors il n'y a rien à délibérer; car il faut faire simplement ce qui est ordonné: mais que pour le reste il est en notre liberté de choisir à notre gré ce que bon nous semblera, bien qu'il ne faille pas faire tout ce qui est loisible, ains seulement ce qui est expédient; et qu'enfin, pour bien discerner ce qui est convenable, il faut ouïr l'avis du sage père spirituel.

Mais, Théotime, je vous avertis d'une tentation ennuyeuse qui arrive maintes fois aux âmes qui ont un grand désir de suivre en toutes choses ce qui est plus selon la volonté de Dieu; car l'ennemi en toutes occurrences, les met en doute si c'est la volonté de Dieu qu'elles fassent une chose plutôt qu'une autre ; comme, par exemple, si c'est la volonté de Dieu qu'elles mangent avec l'ami, ou qu'elles ne mangent pas, qu'elles prennent des habits gris ou noirs, qu'elles jeûnent le vendredi ou le samedi, qu'elles aillent à la récréation ou qu'elles s'en abstiennent, en quoi elles consument beaucoup de temps;

et tandis qu'elles s'occupent et embarrassent à vouloir discerner ce qui est meilleur, elles perdent inutilement le loisir de faire plusieurs biens, desquels l'exécution serait plus à la gloire de Dieu, que ne saurait être le discernement du bien et du mieux auquel elles se sont amusées.

On n'a pas accoutumé de peser la menue monnaie, ains seulement les pièces d'importance. Le trafic (commerce en général) serait trop ennuyeux et mangerait trop de temps s'il fallait peser les sols, les liards, les deniers et les pites (petite monnaie de cuivre, frappée à Poitiers, lat. Pictavum, valant le quart d'un denier.)
Ainsi ne doit-on pas peser toutes sortes de menues actions pour savoir si elles valent mieux que les autres.
Il y a même bien de la superstition à vouloir faire cet examen: car à quel propos mettra-t-on en difficulté s'il est mieux d'ouïr la messe en une église qu'en une autre, de filer que de coudre, de donner l'aumône à un homme qu'à une femme?

Ce n'est pas bien servir un maître d'employer autant de temps à considérer ce quil faut faire, comme à faire ce qui est requis. Il faut mesurer notre attention à l'importance de ce que nous entreprenons: ce serait un soin déréglé de prendre autant de peine à délibérer pour faire un voyage d'une journée, comme pour celui de trois ou quatre cents, lieues.

Le chois de la vocation, le dessein de quelque affaire de longue conséquence, de quelque oeuvre de longue haleine, ou de quelque dépense bien grande, le changement de séjour, l'élection des conversations, et telles semblables choses, méritent qu'on pense sérieusement ce qui est plus selon la volonté divine. Mais ès menues actions journalières, esquelles même la faute n'est ni de conséquence, ni irréparable, qu'est-il besoin de faire l'embesogné (fort occupé à une besogne), l'attentif et l'empêché à faire des importunes consultations?

A quel propos me mettrai-je en dépense pour apprendre si Dieu aime mieux que je dise le rosaire ou l'office de Notre-Dame, puisqu'il ne saurait y avoir tant de différence entre l'un et l'autre qu'il faille pour cela taire une grande enquête? que j'aille plutôt à l'hôpital visiter les malades qu'à vêpres, que j'aille plutôt au sermon qu'en une église où il y a indulgence ?

Il n'y a rien pour l'ordinaire de si apparemment remarquable en l'un plus qu'en l'autre, qu'il faille pour cela entrer en grande délibération. Il faut aller tout à la bonne foi et sans subtilité on telles occurrences; et, comme dit saint Basile, faire librement ce que bon nous semblera, pour ne point lasser notre esprit, perdre le temps, et nous mettre en danger d'inquiétude, scrupule et superstition. Or, j'entends toujours quand il n'y a pas grande disproportion entre une oeuvre et l'autre, et qu'il ne se rencontre point de circonstance considérable d'une part plus que de l'autre.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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