Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-10-07 23:13:48 |
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LIVRE HUITIÈME
CHAPITRE III
Comme nous nous devons conformer à la divine volonté que l'on appelle signifiée.
La doctrine chrétienne nous propose clairement les vérités que Dieu veut que nous croyions, les biens qu'il veut que nous espérions, les peines qu'il veut que nous craignions, ce qu'il veut que nous aimions, les commandements qu'il veut que nous fassions et les conseils qu'il désire que nous suivions.
Et tout cela s'appelle la volonté signifiée de Dieu, parce qu'il nous a signifié et manifesté qu'il veut et entend que tout cela soit cru, espéré, craint, aimé et pratiqué.
Or, d'autant que cette volonté signifiée de Dieu procède par manière de désir, et non par manière de vouloir absolu, nous pouvons ou la suivre par obéissance, ou lui résister par désobéissance, car Dieu fait trois actes de sa volonté pour ce regard (dans ce but) : il veut que nous puissions résister, il désire que nous ne résistions pas, et permet néanmoins que nous résistions si nous voulons.
Que nous puissions résister, cela dépend de notre naturelle condition et liberté; que nous résistions, cela dépend de notre malice; que nous ne résistions pas, c'est selon le désir de la divine bonté.
Quand donc nous résistons, Dieu ne contribue rien à notre désobéissance; ains laissant notre volonté en la main de son franc arbitre, il permet qu'elle choisisse le mal.
Mais quand nous obéissons, Dieu contribue son secours, son inspiration et sa grâce. Car la permission est une action de la volonté, qui de soi-même est bréhaigne (stérile, qui ne produit pas), stérile, inféconde, et, par manière de dire, c'est une action passive, qui ne fait rien, ains laisse faire.
Au contraire, le désir est une action active, féconde, fertile, qui excite, semond (reprend) et presse. C'est pourquoi Dieu désirant que nous suivions, sa volonté signifiée, il nous sollicite, exhorte, incite, inspire, aide et secourt; niais permettant que nous résistions, il ne fait autre chose que de simplement nous laisser faire ce que nous voulons, selon notre libre élection, contre son désir et intention.
Et toutefois ce désir est un vrai désir: car comme peut-on exprimer plus naïvement le désir que l'on a qu'un ami fasse bonne chère, que de préparer un bon et excellent festin, comme fit ce roi de la parabole évangélique; puis l'inviter, presser et presque contraindre, par prières, exhortations et poursuites, de venir s'asseoir à table et de manger?
Certes, celui qui, à vive force, ouvrirait la bouche à un ami, lui fourrerait la viande dans le gosier, et la lui ferait avaler, il ne lui donnerait pas un festin de courtoisie, mais le traiterait en bête, et comme un chapon qu'on veut engraisser. Cette espèce de bienfait veut être offert par semonces, remontrances et sollicitations, et non violemment et forcément exercé.
C'est pourquoi il se fait par manière de désir, et non de vouloir absolu. Or, c'en est de même de la volonté signifiée de Dieu; car par icelle Dieu désire d'un vrai désir que nous fassions ce qu'il déclare; et à cette occasion il nous fournit tout ce qui est requis, nous exhortant et pressant de l'employer.
En ce genre de faveur on ne peut rien désirer de plus. Et comme les rayons de soleil ne laissent pas d'être vrais rayons, quand ils sont rejetés et repoussés par quelque obstacle; aussi la volonté signifiée de Dieu ne laisse pas d'être vraie volonté de Dieu, encore qu'on lui résiste, et bien qu'elle ne fasse pas tant d'effets comme si on la secondait.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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