L'Abbé Gleize dit:
11. Il y a en effet une distinction à faire entre d’une part l’institution même de l’Église, qui est une institution divine et donc indéfectible, et d’autre part les actes des hommes qui représentent cette institution.
[...]
15. Deuxièmement, depuis le concile Vatican II, les autorités de l’Église enseignent des erreurs graves déjà condamnées auparavant par le Magistère du Saint-Siège
Je vois beaucoup de confusion dans les propos de l'Abbé Gleize et sur un point aussi clair que capital. Il est convaincu que les actes accomplis par les représentants d'une institution (l'Église, mais cela pourrait s'appliquer à n'importe quelle autre institution ou société), non pas pour eux-mêmes (en italien on utilise l'expression "in proprio") mais
en tant que représentants de l' l'institution, ne sont pas des actes de l'institution mais de certains de ses membres.
La contradiction est évidente: ou les représentants parlent
en tant que représentants de l'institution (comme le croit l'Abbé Gleize par rapport à Vatican II),
et alors c'est l'institution qui parle, ou les représentants parlent
pour eux-mêmes,
et alors ce n'est pas l'institution qui parle mais certains de ses membres.
Avec Vatican II, ce qui s'est passé est très clair: Paul VI et les évêques unis à lui ont agi
comme représentants de l'Église. Si l’on croit qu’ils étaient vrai pape et vrais évêques, il faut donc conclure que c'est
l'Église qui a promulgués les enseignements de Vatican II, que c'est
l'Église qui a parlé, et non certains de ses membres pour eux-mêmes.
Et cela quelle que soit la valeur que Vatican II même a voulu donner à ses enseignements, car il s’agit ici de l’attribution, de la source des enseignements (viennent-ils de l’Église ou pas?), et non de leur qualification.
Si l'on adopte les prémisses de l'Abbé Gleize on ne peut donc pas conclure en disant comme il le fait que:
...la défaillance concerne non l’Église en tant que telle, considérée dans son Magistère, mais certains des actes accomplis par certains des membres de sa hiérarchie qui ont rompu avec la Tradition et qui occupent malheureusement les postes d’autorité dans l’Église.
L'abbé Gleize poursuit:
Ce qu’il est convenu de désigner comme « l’Église conciliaire » n’est pas une autre société qui naîtrait de la corruption, c’est à dire de la mort ou de la défaillance, de l’Église catholique. Elle est une privation, et elle est la privation non de l’être mais de l’agir de l’Église catholique.
Mais, dans le cas qui nous concerne, la distinction entre être et agir n'existe pas en réalité, car comme on l'a vu (si les prémisses sont celles de l'Abbé Gleize, c'est à dire si Vatican II a été promulgué par un vrai pape et de vrais évêques) c'est l'Église elle-même qui agit.