Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-10-02 22:13:43 |
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CHAPITRE XIV
Que la glorieuse Vierge mourut d'un amour extrêmement doux et tranquille.
Mais ce fut tout autre chose en la très sainte Vierge; car comme nous voyons croître la belle aube du jour, non à diverses reprises et par secousses, ains par une certaine dilatation et croissance continue, qui est presque insensiblement sensible, en sorte que vraiment on la voit croître en clarté, mais si également que nul n'aperçoit aucune interruption, séparation ou discontinuation de ses accroissement.
Ainsi le divin amour croissait à chaque moment dans le coeur virginal de notre glorieuse Dame, mais par des croissances douces, paisibles et continues, sans agitation, ni secousse, ni violence quelconque.
Ah! non, Théotime, il ne faut pas mettre une impétuosité d'agitation en ce céleste amour du coeur maternel de la Vierge; car l'amour, de soi-même, est doux, gracieux, paisible et tranquille.
Que s'il fait quelquefois des assauts, s'il donne des secousses à l'esprit, c'est parce qu'il trouve de la résistance.
Mais quand les passages de l'âme lui sont ouverts sans opposition ni contrariété, il fait ses progrès paisiblement avec une suavité nonpareille.
Ainsi donc la sainte dilection employait sa force dans le coeur virginal de sa mère sacrée, sans effort ni violente impétuosité, d'autant quelle ne trouvait ni résistance ni empêchement quelconque; car comme l'on voit les grands fleuves faire des bouillons et rejaillissements avec grand bruit ès endroits raboteux, esquels les rochers font des bancs et écueils, qui s'opposent et empêchent l'écoulement des eaux, ou au contraire se trouvant en la plaine ils coulent et flottent doucement sans effort, de même le divin amour trouvant ès âmes humaines plusieurs empêchements et résistances, comme à la vérité toutes en ont, quoique différemment, il y fait des violences, combattant les mauvaises inclinations, frappant le coeur, poussant la volonté par diverses agitations et différents efforts, afin de se faire faire place, ou du moins outre-passer ces obstacles.
Mais en la Vierge sabrée, tout favorisait et secondait le cours de l'amour céleste. Les progrès et accroissements d'icelui se faisaient incomparablement plus grands qu'en tout le reste des créatures, progrès néanmoins infiniment doux, paisibles et tranquilles.
Non, elle ne se pâma pas d'amour ni de compassion auprès de la croix de son Fils, encore qu'elle eût alors le plus ardent et plus douloureux accès d'amour qu'on puisse imaginer; car bien que l'accès fût extrême, si fut-il toutefois également fort et doux tout ensemble, puissant et tranquille, actif et paisible, composé d'une chaleur aiguë, mais suave.
Je ne dis pas, Théotime, qu'en l'âme de la très sainte Vierge il n'y eût deux portions, et par conséquent deux appétits : l'un selon l'esprit et la raison supérieure, l'autre selon les sens et la raison inférieure; en sorte qu'elle pouvait sentir des répugnances et contrariétés de l'un à l'autre appétit; car ce travail se trouva même en notre Seigneur son Fils:
mais je dis qu'en cette céleste mère toutes les affections étaient si bien rangées et ordonnées que le divin amour exerçait en elle son empire et sa domination très paisiblement, sans être troublée par la diversité des volontés ou appétits, ni par la contrariété des sens;
parce que les répugnances de l'appétit naturel, ni les mouvements des sens n'arrivaient jamais jusqu'au péché, non pas même jusqu'au péché véniel; ains au contraire tout cela était saintement et fidèlement employé au service du saint amour pour l'exercice des autres vertus, lesquelles pour la plupart ne peuvent être pratiquées qu'entre les difficultés, oppositions et contradictions.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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