Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-09-27 22:24:34 |
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CHAPITRE XI
Que quelques-uns entre les divins amants moururent encore d'amour.
Saint Basile avait fait une étroite amitié avec un grand médecin, juif de nation et de religion, en l'intention de l'attirer à la foi de notre Seigneur:
ce que toutefois il ne put oncques faire, jusques à ce que rompu de jeûnes, veilles et travaux, étant arrivé à l'article de la mort, il s'enquit du médecin qu'elle opinion il avait de sa santé, le conjurant de lui dire franchement; ce que le médecin fit, et lui ayant tâté le pouls :
Il n'y a plus, dit-il, aucun remède ; devant que le soleil soit couché, vous trépasserez. Mais que direz-vous, répliqua alors le malade, si je suis encore demain en vie ? Je me ferai chrétien, je vous le promets, dit le médecin.
Le saint pria donc Dieu, et impétra (obtint) la prolongation de sa vie corporelle en faveur de la spirituelle de son médecin, lequel ayant vu cette merveille, se convertit; et saint Basile se levant courageusement du lit, alla à l'église, et le baptisa avec toute sa famille; puis étant revenu en sa chambre et remis dans son lit, après s'être assez, longuement entretenu par l'oraison avec notre Seigneur, il exhorta saintement les assistants à servir Dieu de tout leur coeur; et enfin voyant les anges venir à lui, prononçant avec extrême suavité ces paroles :
Mon Dieu, je vous recommande mon âme et la remets entre vos mains, il expira ; et le pauvre médecin converti le voyant trépassé, l'embrassant et fondant en larmes sur icelui :
O grand Basile, serviteur de Dieu, dit-il, en vérité si vous eussiez voulu, vous ne fussiez non plus (pas plus) mort aujourdhui qu'hier. Qui ne voit que cette mort fut toute d'amour ? Et la bienheureuse mère Térèse de Jésus révéla, après son trépas, qu'elle était morte d'un assaut et impétuosité d'amour qui avait été si violent, que la nature ne le pouvant supporter, l'âme s'en était allée vers le bien-aimé, objet de ses affections.
CHAPITRE XII
Histoire merveilleuse du trépas d'un gentilhomme qui mourut d'amour
sur le mont d'Olivet (le mont des oliviers).
Outre ce qui a été dit, j'ai trouvé une histoire, laquelle pour être extrêmement admirable, n'en est que plus croyable aux amants sacrés, puisque, comme dit le saint apôtre, la charité croit très volontiers toutes choses, c'est-à-dire, elle ne pense pas aisément qu'on mente;
et s'il n'y a des masques apparentes de fausseté en ce qu'on lui représente, elle ne fait pas difficulté de les croire, mais surtout quand ce sont choses qui exaltent et magnifient l'amour de Dieu envers les hommes, ou l'amour des hommes envers Dieu;
d'autant que la charité, qui est reine souveraine des vertus, se plaît, à la façon des princes, ès choses qui servent à la gloire de son empire et domination.
Et bien que le récit que je veux faire ne soit ni tant publié, ni si bien témoigné, comme la grandeur de la merveille qu'il contient le requerrait, il ne perd pas pour cela sa vérité;
car, comme dit excellemment saint Augustin, à peine sait-on les miracles, pour magnifiques qu'ils soient, au lieu même où ils se font, et encore que ceux qui les ont vus les racontent, on a peine de les croire mais ils ne laissent pas pour cela d'être véritables; et, en matière de religion, les âmes bien faites ont plus de suavité en croire les choses esquelles il y a plus de difficulté et d'admiration.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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