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Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-09-21 21:26:22
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CHAPITRE VIII
Admirable exhortation de saint Paul à la vie extatique et surhumaine.


Mais enfin saint Paul fait le plus fort, le plus pressant et le plus admirable argument qui fut jamais fait, ce me semble, pour nous porter tous à l'extase et ravissement de la vie et opération. Oyez, Théotime, je vous prie, soyez attentif et pesez la force et efficace des ardentes et célestes paroles de cet apôtre tout ravi et transporté de l'amour de son maître. Parlant donc de soi-même (et il en faut autant dire d'un chacun de nous):

La charité, dit-il, de Jésus-Christ nous presse. Oui, Théotime, rien ne presse tant le coeur de l'homme que l'amour. Si un homme sait d'être aimé de qui que ce soit, il est pressé d'aimer réciproquement; mais si c'est un homme vulgaire qui est aimé d'un grand seigneur, certes il est bien plus pressé;

mais si c'est d'un grand monarque, combien est-ce qu'il est pressé davantage ! Et maintenant, je vous prie, sachant que Jésus-Christ, vrai Dieu éternel, tout-puissant, nous a aimés jusqu'à vouloir souffrir pour nous la mort, et la mort de la croix, ô mon cher Théotime ! n'est-ce pas cela avoir nos coeurs sous le pressoir, et les sentir presser de force et eu exprimer de l'amour par une violence et contrainte qui est d'autant plus violente qu'elle est tout aimable et amiable (douce, gracieuse)?

Mais comme est-ce que ce divin amant nous presse ? La charité de Jésus-Christ nous presse, dit son apôtre, estimant ceci. Q'uest-ce à dire estimant ceci? C'est-à-dire, que la charité du Sauveur nous presse, lors principalement que nous estimons, considérons, pesons, méditons et sommes attentifs à cette résolution de la foi. Mais quelle résolution? Voyez, je vous prie, Théotime, comme il va gravement, fichant et poussant sa conception dans nos coeurs : estimant ceci, dit-il.

Et quoi? Que si un est mort pour tous, donc tous sont morts, et Jésus-Christ est mort pour tous. Il est vrai, certes, si un Jésus-Christ est mort pour tous, donc tous sont morts en la personne de cet unique Sauveur qui est mort pour eux, et sa mort leur doit être imputée, puisqu'elle a été endurée pour eux et en leur considération.

Mais que s'ensuit-il de cela ? Il m'est advis que joye (il me semble que j'entends) cette bouche apostolique comme un tonnerre qui exclame aux oreilles de nos coeurs; il s'ensuit donc, ô chrétiens ! ce que Jésus-Christ a désiré de nous en mourant pour nous.

Mais qu'est-ce qu'il a désiré de nous? sinon que nous nous conformassions à lui: afin, dit l'Apôtre, que ceux qui vivent ne vivent plus désormais ô eux-mêmes, ains ô celui qui est mort et ressuscité pour eux. Vrai Dieu ! Théotime, que cette conséquence est forte en matière d'amour! Jésus-Christ est mort pour nous, il nous a donné la vie par sa mort, nous ne vivons que parce qu'il est mort; il est mort pour nous, à nous et en nous.

Notre vie n'est donc plus nôtre, mais à celui qui nous la acquise par sa mort: nous ne devons donc plus vivre à nous, mais à lui; non en nous, mais en lui; non pour nous, mais pour lui. Une jeune fille de l'île de Sestos (ville de Thrace) avait nourri une petite aigle avec le soin que les enfants ont accoutumé d'employer en telles occupations; l'aigle devenue grande commença petit à petit à voler et chasser aux oiseaux selon son instinct naturel; puis s'étant rendue plus forte, elle se rua sur les bêtes sauvages, sans jamais manquer d'apporter toujours fidèlement sa proie à sa chère maîtresse, comme en reconnaissance de la nourriture qu'elle avait reçue d'icelle.

Or, advint que cette jeune demoiselle mourut un jour, tandis que la pauvre aigle était au pourchas (à la poursuite, à la chasse), et son corps, selon la coutume de ce temps et de ce pays-là, fut mis sur un bûcher en public pour être brûlé; mais ainsi que la flamme du feu commençait à le saisir, l'aigle survint à grands traits d'ailes, et voyant cet inopiné et triste spectacle, outrée de douleur, elle lâcha ses serres, et abandonnant sa proie, se vint jeter sur sa pauvre chère maîtresse, et la couvrant de ses ailes, comme pour la défendre du feu, ou pour l'embrasser de pitié, elle demeura ferme et immobile, mourant et brûlant courageusement avec elle; l'ardeur de son affection ne pouvant céder la place aux flammes et ardeurs du feu, pour se rendre victime et holocauste de son brave et prodigieux amour, comme sa maîtresse l'était de la mort et des flammes.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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