Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-09-14 23:26:49 |
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CHAPITRE III
Du souverain degré d'union par la suspension et ravissement.
Ainsi fut la glorieuse Mère auprès de la croix de son Fils. E! que cherchez-vous, Ô Mère de la vie, en ce mont de Calvaire et en ce lieu de mort? Je cherche, eût-elle dit, mon enfant, qui est la vie de ma vie. Et pourquoi le cherchez-Vous ? Pour être auprès de lui. Mais maintenant il est parmi les tristesses de la mort.
Eh! ce ne sont pas les allégresses que je cherche, c'est lui-même et partout mon coeur amoureux me fait rechercher d'être unie à cet aimable enfant, mon cher bien-aimé. En somme, la prétention de l'âme en cette union n'est autre que d'être avec son amant.
Mais quand l'union de l'âme avec Dieu est grandement très étroite et très serrée, elle est appelée par les théologiens inhésion (attachement) ou adhésion, parce que par icelle l'âme demeure prise, attachée, collée et affichée à la divine Majesté; en sorte que malaisément peut-elle s'en déprendre et retirer.
Voyez, je vous prie, cet homme pris et serré par attention à la suavité d'une harmonieuse musique, ou bien (ce qui est extravagant) à la niaiserie d'un jeu de cartes ; vous l'en voulez retirer et vous ne pouvez: quelles affaires qu'il ait au logis, on ne le peut arracher, il eut perdu même le boire et le manger.
O Dieu ! Théotime, combien plus doit être attachée et serrée l'âme qui est amante de son Dieu, quand elle est unie à la divinité de l'infinie douceur, et quelle est prise et éprise en cet objet d'incomparables perfections ! Telle fut celle du grand vaisseau d'élection, qui s'écriait:
Afin que je vive à Dieu, je suis affiché (fixé) à la croix avec Jésus-Christ. Aussi proteste-t-il que rien, non pas la mort même, ne le peut séparer de son Maître. Et cet effet de l'amour fut même pratiqué entre David et Jonathas; car il est dit que l'âme de Jonathas fut collée à celle de David.
Aussi est-ce un axiome célébré par les anciens Pères, que l'amitié qui peut finir ne fut jamais vraie amitié, ainsi que j'ai dit ailleurs.
Voyez, je vous prie, Théotime, ce petit enfant attaché au sein et au col de sa mère. Si on le veut arracher de là pour le porter en son berceau parce qu'il est temps, il marchande et dispute tant qu'il peut pour ne point quitter ce sein tant aimable.
Si on le fait déprendre d'une main, il s'accroche de l'autre, et si on lenlève du tout, il se met à pleurer ; et tenant son coeur et ses yeux où il ne peut plus tenir son corps, il va réclamant sa chère mère, jusqu'à ce qu'à force de le bercer on l'ait endormi.
Ainsi l'âme, laquelle, par l'exercice de l'union, est parvenue jusqu'à demeurer prise et attachée à la divine bonté, n'en peut être tirée presque que par force et avec beaucoup de douleur, on ne la peut faire d'éprendre: si on détourne son imagination, elle ne laisse pas de se tenir prise par son entendement; que si on tire son entendement, elle se tient attachée par la volonté;
et si on la fait encore abandonner de la volonté par quelque distraction violente, elle se retourne de moment en moment du côté de son cher objet, duquel elle ne peut du tout se déprendre, renouant tant qu'elle peut les doux liens de son union avec lui par de fréquents retours qu'elle fait comme à la dérobée, expérimentant en cela la peine de saint Paul ;
car elle est pressée de deux désirs, d'être délivrée de toute occupation extérieure pour demeurer en son intérieur avec Jésus-Christ, et d'aller néanmoins à l'oeuvre de l'obéissance que l'union même avec lui enseigne être requise.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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