Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-08-23 22:06:49 |
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CHAPITRE VIII
Du repos de l'âme recueillie en son bien-aimé.
Les peintres peignent ordinairement le bien-aimé saint Jean en la cène, non seulement reposant, mais dormant sur la poitrine de son Maître, parce qu'il y fut assis à la façon des Levantins, en sorte que sa tête tendait vers le sein de son cher Maître, sur lequel comme il ne dormait pas du sommeil corporel, n'y ayant aucune vraisemblance en cela, aussi ne douté-je point que se trouvant si près de la source des douceurs éternelles, il n'y fit un profond, mystique et doux sommeil, comme un enfant d'amour qui, attaché au sein de sa mère, alaite (puise le lait) en dormant, et dort en alaitant.
O Dieu! quelles délices à ce Benjamin, enfant de la joie du Sauveur, de dormir ainsi entre les bras de son Père; qui, le jour suivant, comme le Sénoni, enfant de douleur, le recommanda aux douces mamelles de sa mère! Rien n'est plus désirable au petit enfant, soit qu'il veille ou qu'il dorme, que la poitrine de son père et le sein de sa mère.
Quand donc vous serez en cette simple et pure confiance filiale auprès de notre Seigneur, demeurez-y, mon cher Théotime, sans vous remuer nullement pour faire des actes sensibles, ni de l'entendement ni de la volonté; car cet amour simple de confiance, et cet endormissement amoureux de votre esprit entre les bras du Sauveur, comprend par excellence tout ce que vous allez cherchant çà et là pour votre goût. Il est mieux de dormir sur cette sacrée poitrine, que de veiller ailleurs où que ce soit.
CHAPITRE IX
Comme ce repos sacré se pratique.
N'avez-vous jamais pris garde, Théotime, à l'ardeur avec laquelle les petits enfants s'attachent quelquefois au soin de leurs mères, quand ils ont faim?
On les voit grommelant, serrer et presser la mamelle, suçant le lait si avidement, que même ils en donnent de la douleur à leurs mères.
Mais après que la fraîcheur du lait a aucunement (en quelque façon) apaisé la chaleur appétissante de leur petite poitrine, et que les agréables vapeurs qu'il envoie à leur cerveau commencent à les endormir, Théotime, vous les verriez fermer tout bellement leurs petits yeux, et céder petit à petit au sommeil, sans quitter néanmoins la mamelle, sur laquelle ils ne font nulle action que celle d'un lent et presque insensible mouvement de lèvres, par lequel ils tirent toujours le lait qu'ils avalent imperceptiblement :
et cela ils le font sans y penser, mais non pas certes sans plaisir; car si on leur ôte la mamelle avant que le profond sommeil les ait accablés, ils séveillent et pleurent amèrement, témoignant, en la douleur qu'ils ont en la privation, qu'ils avaient beaucoup de douceur en la possession.
Or, il en est de même de l'âme qui est en repos et quiétude devant Dieu; car elle suce presque insensiblement la douceur de cette présence, sans discourir, sans opérer et sans faire chose quelconque par aucune de ses facultés, sinon par la seule pointe de la volonté, qu'elle remue doucement et presque Imperceptiblement, comme la bouche par laquelle entre la délectation et l'assouvissement insensible quelle prend à jouir de la présence divine.
Que si on incommode cette pauvre petite pouponne, et qu'on lui veuille ôter la poupette (enfant qui tette, poupette, sein), d'autant qu'elle semble endormie, elle montre bien alors quencore qu'elle dorme pour tout le reste des choses, elle ne dort pas néanmoins pour celle-là; car elle aperçoit le mal de cette séparation, et s'en fâche, montrant par là le plaisir qu'elle prenait, quoique sans y penser, au bien qu'elle possédait. La bienheureuse mère Térèse ayant écrit qu'elle trouvait cette similitude à propos, je l'ai ainsi voulu déclarer.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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