Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-08-17 23:03:10 |
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CHAPITRE V
Seconde différence entre la méditation et la contemplation.
Voyez saint Bernard, Théotime : il avait médité toute la Passion pièce à pièce, puis de tous les principaux points mis ensemble il en fit un bouquet d'amoureuse douleur; et le mettant sur sa poitrine pour convertir sa méditation en contemplation, il s'écria : Mon bien-aimé est un bouquet de myrrhe pour moi.
Mais voyez encore plus dévotement le Créateur du monde, comme en la création il alla premièrement méditant sur la bonté de ses ouvrages pièce à pièce séparément :
à mesure qu'il les voyait produits, il vit, dit l'Écriture, que la lumière était bonne, que le ciel et la terre étaient une bonne chose; puis les herbes et les plantes, le soleil la lune et les étoiles.
Les animaux, et en somme toutes les créatures, ainsi qu'il les créait l'une après l'autre, jusqu'à ce qu'enfin tout l'univers étant accompli, la divine méditation, par manière de dire, se changea en contemplation: car regardant toute la bonté qui était en son ouvrage d'un seul trait de son oeil, il vit, dit Moïse, tout ce qu'il avait fait, et tout était très bon.
Les pièces différentes, considérées séparément par manière de méditation, étaient bonnes; mais regardées d'une seule vue toutes ensemble par forme de contemplation, elles furent trouvées très bonnes; comme plusieurs ruisseaux qui s'unissant font une rivière qui porte des plus grandes charges que la multitude des mêmes ruisseaux séparés n'eût su faire.
Après que nous avons ému (mise en mouvement, produite) une grande quantité de diverses affections pieuses par la multitude des considérations dont la méditation est composée, nous assemblons enfin la vertu de toutes ces affections, lesquelles de la confusion et mélange de leurs forces font naître une certaine quintessence d'affection, et d'affection plus active et puissante que toutes les affections desquelles elle procède.
D'autant qu'encore qu'elle ne soit qu'une, elle comprend la vertu et propriété de toutes les autres, et se nomme affection contemplative.
Ainsi, dit-on entre les théologiens, que les anges plus élevés en gloire ont une connaissance de Dieu et des créatures beaucoup plus simple que leurs inférieurs, et que les espèces (vues, images) ou idées par lesquelles ils voient, sont plus universelles; en sorte que ce que les anges moins parfaits voient par plusieurs espèces et divers regards, les plus parfaits le voient par moins d'espèces et moins de traits de leur vue.
Et le grand saint Augustin, suivi par saint Thomas, dit qu'au ciel nous n'aurons pas ces grandes vicissitudes, variétés, changements et retours de pensées et cogitations qui vont et reviennent d'objet en objet, et de chose à autre; ainsi qu'avec une seule pensée nous pourrons être attentifs à la diversité de plusieurs choses, et en recevoir la connaissance.
Certes à mesure que leau s'éloigne de son origine, elle se divise et dissipe ses sillons, si avec un grand soin on ne la contient ensemble; et les perfections se séparent et partagent à mesure quelles sont éloignées de Dieu, qui est leur source; mais quand elles s'en approchent, elles s'unissent jusqu'à ce qu'elles soient abîmées en cette souverainement unique perfection, qui est l'unité nécessaire et la meilleure partie que Magdeleine choisit, laquelle ne lui sera point ôtée.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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