Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-08-16 23:50:28 |
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CHAPITRE V
Seconde différence entre la méditation et la contemplation.
On peut regarder la beauté d'une riche couronne en deux sortes, ou bien voyant tous ses fleurons et toutes les pierres précieuses dont elle est composée l'une après l'autre; ou bien, après avoir considéré ainsi toutes les pièces particulières, regardant tout l'émail d'icelle ensemble d'une seule et simple vue.
La première sorte ressemble à la méditation, en laquelle nous considérons, par exemple, les effets de la Miséricorde Divine, pour nous exciter à son amour.
Mais la seconde est semblable à la contemplation, en laquelle nous regardons d'un seul trait arrêté de notre esprit toute la variété des mêmes effets, comme une seule beauté composée de toutes ces pièces qui font un seul brillant de splendeur !
Nous comptons en méditant, ce semble, les perfections divines que nous voyons en un mystère; mais en contemplant nous en faisons une somme totale. Les compagnes de l'épouse sacrée lui avaient demandé quel était son bien-aimé ; et elle leur répond, décrivant admirablement toutes les pièces de sa parfaite beauté :
Son teint est blanc et vermeil, sa tête d'or, et ses cheveux comme un jeton de fleurs de palmes non encore du tout épanouies, ses yeux de colombe, ses joues comme petites tables, planches ou carreaux de jardin, ses lèvres comme lis, parsemées de toutes odeurs, ses mains annelées de jacinthe, ses jambes comme colonnes de marbre.
Ainsi va-t-elle méditant cette souveraine beauté en détail, jusquà ce qu'enfin elle conclut par manière de contemplation, mettant toutes les beautés en une : Son gosier, dit-elle, est très suave, et lui, il est tout désirable: et tel est mon bien-aimé, et il est mon cher ami.
La méditation est semblable à celui qui odore (Flaire, sent l'odeur) loeillet, la rose, le romarin, le thym, le jasmin, la fleur d'orange, l'un après l'autre distinctement; mais la contemplation est pareille à celui qui odore l'eau de senteur composée de toutes ces fleurs.
Car celui-ci en un seul sentiment reçoit toutes les odeurs unies, que l'autre avait senties divisées et séparées: et n"y a point de doute que cette unique odeur qui provient de la confusion de toutes ces senteurs, ne soit elle seule plus suave et précieuse que les senteurs desquelles elle est composée, odorées séparément l"une après l"autre.
C'est pourquoi le divin époux estime tant que sa bien-aimée le regarde d'un seul oeil, et que sa chevelure soit si bien tressée qu'elle ne semble qu'un seul cheveu. Car qu'est-ce regarder l'époux d'un seul oeil, que de le regarder d'une simple vue attentive, sans multiplier les regards? Et qu'est-ce porter ses cheveux ramassés, que de ne point répandre sa pensée en variété de considérations?
O que bienheureux sont ceux qui, après avoir discouru sur la multitude des motifs qu'ils ont d'aimer Dieu, réduisant tous leurs regards en une seule vue et toutes leurs pensées en une seule conclusion, arrêtent leur esprit en l'unité de la contemplation, à l'exemple de saint Augustin ou de saint Bruno; prononçant secrètement en leur âme, par une admiration permanente, ces paroles amoureuses:
O bonté! bonté! ô bonté toujours ancienne et toujours nouvelle! et à l'exemple du grand saint François, qui, planté sur ses genoux en oraison, passa toute la nuit en ces paroles: O Dieu ! vous êtes mon Dieu et mon tout! les inculquant continuellement, au récit du bienheureux frère Bernard de Quinteval, qui l'avait oui de ses oreilles.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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