Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-08-14 22:37:28 |
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CHAPITRE IV
Qu'en ce monde l'amour prend sa naissance, mais non pas son excellence, de la connaissance de Dieu.
Le fameux abbé de Saint-André de Verceil, Maître de saint Antoine de Padoue, en ses commentaires sur saint Denis, répète plusieurs fois que l'amour pénètre où la science extérieure ne saurait atteindre, et dit que plusieurs évêques ont jadis pénétré le mystère de la Trinité, quoiqu'ils ne fussent pas doctes, admirant sur ce propos son disciple saint Antoine de Padoue, qui, sans science mondaine, avait une si profonde théologie mystique, que comme un autre saint Jean-Baptiste on le pouvait nommer une lampe luisante et ardente.
Le bienheureux frère Gilles, des premiers compagnons de saint François, dit un jour à saint Bonaventure : O que vous êtes heureux, vous autres doctes car vous savez maintes choses par lesquelles vous louez Dieu.
Mais nous autres idiots, que ferons-nous? et saint Bonaventure répondit La grâce de pouvoir aimer Dieu suffit. Mais, mon père, répliqua frère Gilles, un ignorant peut-il aimer Dieu autant qu'un lettré ?
Il le peut, dit saint Bonaventure; ains je vous dis qu'une pauvre simple femme peut autant aimer Dieu qu'un docteur en théologie.
Lors frère Gilles entrant en ferveur, s'écria: O pauvre et simple femme, aime ton Sauveur, et tu pourras être autant que frère Bonaventure, et là-dessus il demeura trois heures en ravissement.
La volonté, certes, ne s'aperçoit du bien que par l'entremise de l'entendement; mais l'ayant une fois aperçu, elle n'a plus besoin de l'entendement pour pratiquer l'amour:
car la force du plaisir qu'elle sent ou prétend sentir de l'union à son objet, l'attire puissamment à l'amour et au désir de la jouissance d'icelui, si que la connaissance du bien donne la naissance à l'amour, mais non pas la mesure, comme nous voyons que la connaissance d'une injure émeut la colère, laquelle, si elle n'est soudain étouffée, devient presque toujours plus grande que le sujet ne requiert.
Les passions ne suivant pas la connaissance qui les émeut, mais la laissant bien souvent en arrière, elles s'avancent sans mesure ni limite quelconque devers leur objet.
Or, cela arrive encore plus fortement en l'amour sacré, d'autant que notre volonté n'y est pas appliquée par une connaissance naturelle, mais par la lumière de la foi :
laquelle nous assurant de l'infinité du bien qui est en Dieu, nous donne assez de sujet de l'aimer de tout notre pouvoir.
Nous fouissons la terre pour trouver l'or et l'argent, employant une peine présente pour un bien qui n'est encore qu'espéré:
de sorte que la connaissance incertaine nous met en un travail présent et réel. Puis à mesure que nous découvrons la veine de la minière, nous en cherchons toujours davantage et plus ardemment.
Un bien petit sentiment (fumet) échauffe la meute à la quête:
ainsi, cher Théotime, une connaissance obscure environnée de beaucoup de nuages, comme est celle de la foi, nous affectionne infiniment à l'amour de la bonté qu'elle nous fait apercevoir.
Or, combien est-il vrai, selon que saint Augustin s'écriait, que les idiots ravissent les cieux, tandis que plusieurs savants s'abîment ès enfers!
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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