Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-08-02 23:59:40 |
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CHAPITRE X
Comme le désir de louer Dieu nous fait aspirer au ciel.
Voix, pour leur éclat, comparées aux tonnerres, aux trompettes, au bruit des vagues de la mer agitée; mais voix qui aussi, pour leur incomparable douceur et suavité, sont comparées à la mélodie des harpes délicatement et délicieusement sonnées par la main des plus excellents joueurs; et voix qui toutes s'accordent à dire le joyeux cantique pascal alleluia, louez Dieu, amen, louez Dieu. Car sachez Théotime, qu'une voix sort du trône divin, qui ne cesse de crier aux heureux habitants de la glorieuse Jérusalem céleste : Dites à Dieu louange, ô vous qui êtes ses serviteurs et qui le craignez, grands et petits; à quoi toute cette multitude innombrable des saints, les choeurs des anges et les choeurs des hommes assemblés, répond chantant de toute sa force, alleluia, louez Dieu.
Mais quelle est cette voix admirable qui sortant du trône divin, annonce les alleluia aux élus, sinon la très sainte complaisance, laquelle étant reçue dedans l'esprit, leur fait ressentir la douceur des perfections divines, ensuite de laquelle naît en eux l'amoureuse bienveillance, source vive des louanges sacrées? Ainsi, par effet (en réalité), la complaisance procédant du trône, vient intimer les grandeurs de Dieu aux bienheureux, et la bienveillance les excite à répandre réciproquement devant le trône les parfums de louange. C'est pourquoi, par manière de réponse, ils chantent éternellement alleluia, c'est-à-dire: louez Dieu. La complaisance vient du trône dans le coeur, et la bienveillance va du coeur au trône.
O que ce temple est aimable où tout retentit en louange! Que de douceur à ceux qui vivent en ce sacré séjour où tant de philomèles et rossignols célestes chantent avec cette sainte contention d'amour les cantiques d'éternelle suavité !
Le coeur donc qui ne peut en ce monde ni chanter, ni ouïr les louanges divines à son gré, entre en des désirs non pareils d'être délivré des liens de cette vie pour aller en l'antre où on loue si parfaitement le bien-aimé céleste, et ces désirs s'étant emparés du coeur, se rendent quelquefois si puissants et pressants dans la poitrine des amants sacrés, que bannissant tous autres désirs, ils mettent en dégoût toutes choses terrestres, et rendent l'âme tout alangourie et malade d'amour, voire même cette sainte passion passe aucunes fois si avant, que, si Dieu le permet, on en meurt.
Ainsi ce glorieux et séraphique amant saint François ayant longuement été travaillé de cette forte affection de louer Dieu, enfin en ses dernières années, après qu'il eut assurance, par une très spéciale révélation, de son salut éternel, il ne pouvait contenir sa joie, et. s'allait de jour en jour consumant, comme si sa vie et son âme se fût évaporée, ainsi que l'encens, sur le feu des ardents désirs qu'il avait de voir son maître pour le louer incessamment; en sorte que ces ardeurs prenant tous les jours de nouveaux accroissements, son âme sortit de son corps par un élan qu'elle fit vers le ciel : car la divine Providence voulut qu'il mourût en prononçant ces sacrées paroles Hé ! tirez hors de cette prison mon âme, ô Seigneur, afin que je bénisse votre nom; !es justes m'attendent jusqu'à ce que vous me rendiez la tranquillité désirée.
Théotime, voyez de grâce cet esprit, qui comme un céleste rossignol enfermé dans la cage de son corps, dans laquelle il ne peut chanter à souhait les bénédictions de son éternel amour, sait qu'il gazouillerait et pratiquerait mieux son beau ramage s'il pouvait gagner l'air pour jouir de sa liberté et de la société des autres philomèles entre les gaies et florissantes collines de la contrée bienheureuse.
C'est pourquoi il exclame hélas! ô Seigneur de ma vie, hé! par votre bonté toute douce, délivrez-moi, pauvre que je suis, de la cage de mon corps, retirez-moi de cette petite prison, afin qu'affranchi de cet esclavage, je puisse voler où mes chers compagnons m'attendent là-haut au ciel, pour me joindre à leurs choeurs et m'environner de leur joie. Là, Seigneur, alliant ma voix aux leurs, je ferai avec eux une douce harmonie d'air et d'accents délicieux, chantant, louant et bénissant votre Miséricorde. Cet admirable saint, comme un orateur qui veut finir et conclure tout ce qu'il a dit par quelque courte sentence, mit cette heureuse fin à tous ses souhaits et désirs, desquels ces dernières paroles furent l'abrégé, paroles auxquelles il attacha si fortement son âme, qu'il expira en les soupirant. Mon Dieu! Théotime, quelle douce et chère mort fut celle-ci, mort heureusement amoureuse, amour saintement mortel!
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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