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Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-07-30 22:21:04
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CHAPITRE VIII

Comment la sainte bienveillance produit la louange du divin Bien-Aimé.


Mais ce désir de louer Dieu que la sainte bienveillance excite en nos coeurs, Théotime, est insatiable; car l'âme qui en est touchée, voudrait avoir des louanges infinies pour les donner à son bien-aimé, parce qu'elle voit que ses perfections sont plus qu'infinies, si que se trouvant bien éloignée de pouvoir satisfaire son souhait, elle fait des extrêmes efforts d'affection pour en quelque sorte louer cette bonté toute louable, et ces efforts de bienveillance s'agrandissent admirablement par la complaisance car à mesure que l'âme trouve Dieu bon, savourant de plus en plus la suavité d'icelui, et se complaisant en son infinie beauté, elle voudrait aussi relever plus hautement les louanges et bénédictions qu'elle lui donne.

Or, à mesure aussi que l'âme s'échauffe à louer la douceur incompréhensible de Dieu, elle agrandit et dilate la complaisance qu'elle prend en icelle, et par cet agrandissement elle s'anime de plus fort à la louange. De sorte que l'affection de complaisance et celle de louange, par ces réciproques poussements (poussées, efforts) et mutuelles inclinations qu'elles font l'une à lautre, s'entre-donnent des grands et continuels accroissements.

Ainsi les rossignols se complaisent tant en leur chant, au rapport de Pline, que pour cette complaisance quinze jours et quinze nuits durant ils ne cessent jamais de gazouiller, s'efforçant de toujours mieux chanter à l'envi les uns des autres; de sorte que lorsqu'ils se dégoisent (tirent des sons du gosier, gazouillent) le mieux, ils y ont plus de complaisance, et cet accroissement de complaisance les porte à faire de plus grands efforts de mieux gringotter (fredonner), augmentant tellement leur complaisance par leur chant, et leur chant par leur complaisance, que maintes fois on les voit mourir, et leur gosier éclater à force de chanter; oiseaux dignes du beau nom de Philomèle, puisqu'ils meurent ainsi en l'amour et pour l'amour de la mélodie.

O Dieu ! mon Théotime, que le coeur ardemment pressé de l'affection de louer son Dieu reçoit une douleur grandement délicieuse et une douceur grandement douloureuse, quand après mille efforts de louange il se trouve si court! Hélas! il voudrait, ce pauvre rossignol, toujours plus hautement lancer ses accents et perfectionner sa mélodie, pour mieux chanter les bénédictions de son cher bien-aimé.

A mesure qu'il loue, il se plaît à louer, et à mesure qu'il se plaît à louer, il se déplaît de ne pouvoir encore mieux louer; et pour se contenter au mieux qu'il peut en cette passion, il fait toute sorte d'efforts entre lesquels il tombe en langueur, comme il advenait au très glorieux saint François, qui emmi les plaisirs qu'il prenait à louer Dieu et chanter ses cantiques d'amour, jetait une grande affluence de larmes, et laissait souvent tomber de faiblesse ce que pour lors il tenait eu main, demeurant comme un sacré Philomèle à coeur failli (en défaillance, évanoui), et perdant souvent le respirer à force d'aspirer aux louanges de celui quil ne pouvait jamais assez louer.

Mais oyez une similitude agréable sur ce sujet, tirée du nom que ce saint amoureux donnait à ses religieux, car il les appelait cigales, à raison des louanges qu'ils rendaient à Dieu emmi la nuit. Les cigales, Théotime, ont leurs poitrines pleines de tuyaux, comme si elles étaient des orgues naturelles, et pour mieux chanter elles ne vivent que de la rosée, laquelle elles ne tirent pas par la bouche, car elles n'en ont point, ains la sucent par une petite languette qu'elles ont au milieu de lestomac, par laquelle elles jettent aussi tous leurs sons avec tant de bruit qu'elles semblent n'être que voix.

Or, l'amant sacré est comme cela, car toutes les facultés de son âme sont autant de tuyaux qu'il y a eu sa poitrine pour résonner ( et plus bas: retentisse les louanges, sont pris pour: faire résonner, retentir.) les cantiques et louanges du bien-aimé:

sa dévotion au milieu de toutes est la langue de son coeur, selon saint Bernard, par laquelle il reçoit la rosée des perfections divines, les suçant et attirant à soi comme son aliment par la très sainte complaisance qu'il y prend, et par cette même langue de dévotion il fait toutes ses voix d'oraison, de louange, de cantiques, de psaumes, de bénédiction, selon le témoignage d'une des plus insignes cigales spirituelles qui ait jamais été ouïe, laquelle chantait ainsi:

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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