Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-07-28 23:15:10 |
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CHAPITRE VII
Comme le désir dexalter et magnifier Dieu nous sépare des plaisirs inférieurs,et nous rend attentifs aux perfections divines.
Donc l'amour de bienveillance nous fait désirer d'agrandir en nous de plus en plus la complaisance que nous prenons en la bonté divine; et pour faire cet agrandissement, l'âme se prive soigneusement de tout autre plaisir, pour s'exercer plus fort à se plaire en Dieu. Un religieux demanda au dévot frère Gilles, l'un des premiers et
plus saints compagnons de saint François, ce qu'il pourrait faire pour être plus agréable à Dieu; et il lui répondit en chantant: L'une à l'un, l'une à l'un.
Ce que par après expliquant, donnez toujours, dit-il, toute votre âme qui est une à Dieu seul qui est un. L'âme s'écoule par les plaisirs, et la diversité d'iceux la dissipe et l'empêche de se pouvoir appliquer attentivement à celui qu'elle doit prendre en Dieu. Le vrai amant n'a presque point de plaisir, sinon en la chose aimée. Ainsi toutes choses semblaient ordure et boue au glorieux saint Paul, en comparaison de son Sauveur.
Et l'Épouse sacrée n'est toute que pour son bien-aimé: Mon cher ami est tout à moi, et moi je suis toute à lui. Que si l'âme qui est en cette sainte affection rencontre les créatures, pour excellentes (...) voire même quand ce seraient les anges, elle ne s'arrête point avec icelles sinon autant qu'il faut pour être aidée et secourue en son désir.
Dites-moi donc, leur fait-elle, dites-moi, je vous en conjure, avez-vous point vu celui qui est l'ami de mon âme ? La glorieuse amante Magdeleine rencontra les anges au sépulcre, qui lui parlèrent sans doute angéliquement, c'est-à-dire, bien suavement, voulant apaiser l'ennui auquel elle était.
Mais au contraire toute éplorée, elle ne sut prendre aucune complaisance ni en leur douce parole, ni en la splendeur de leurs habits, ni en la grâce toute céleste de leur maintien, ni en la beauté tout aimable de leurs visages, ains toute couverte de larmes, ils m'ont enlevé mon Seigneur disait-elle, et je ne sais où ils lont mis: et se tournant, elle voit son doux Sauveur, mais en forme de jardinier, dont son coeur ne se peut contenter; car toute pleine de l'amour de la mort de son Maître, elle ne vent point de fleurs, ni par conséquent de jardinier.
Elle a dedans son coeur la croix, les clous, les épines; elle cherche son crucifié. Hé! mon cher maître jardinier, dit-elle, si vous aviez peut-être point planté mon bien-aimé Seigneur trépassé comme un lis froissé et fané entre vos fleurs, dites-le-moi vitement, et moi je l'emporterai. Mais il ne l'appelle pas plus tôt par son nom, que toute fondue en plaisir, hé! Dieu, dit-elle, mon Maître! Rien, certes, ne la peut assouvir, elle ne saurait se plaire avec les anges, non pas même avec son Sauveur, s'il ne parait en la forme en laquelle il lui avait ravi son coeur.
Les Mages ne peuvent se complaire ni en la beauté de la ville de Jérusalem, ni en la magnificence de la cour d'Hérodes, ni en la clarté de l'étoile ; leur coeur cherche la petite spélonque (grotte, en latin Spelunca.) et le petit enfant de Bethléem. La mère de belle dilection et l'époux de très saint amour ne se peuvent arrêter entre les parents et amis, ils vont toujours en douleur cherchant l'unique objet de leur complaisance.
Le désir d'agrandir la complaisance retranche tout autre plaisir pour plus fortement pratiquer celui auquel la divine bienveillance lexcite. Or, pour encore mieux magnifier ce souverain bien-aimé, l'âme va toujours cherchant la face d'icelui; c'est-à-dire, avec une attention toujours plus soigneuse et ardente, elle va remarquant toutes les particularités des beautés et perfections qui sont eu lui, faisant un progrès continuel en cette douce recherche de motifs qui la paissent perpétuellement presser de se plaire de plus en plus en l'incompréhensible bonté quelle aune.
Ainsi David cote par le menu les oeuvres et merveilles de Dieu en plusieurs de ses psaumes célestes et l'amante sacrée arrange ès cantiques divins, comme une armée bien ordonnée, toutes les perfections de son époux, l'une après l'autre, pour provoquer son âme à la très sainte complaisance, afin de magnifier plus hautement son excellence, et d'assujettir encore tous les autres esprits à l'amour de son ami tant aimable.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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