Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-07-25 06:53:28
Imprimer Imprimer



CHAPITRE IV

De l'amoureuse condoléance par laquelle la complaisance de l'amour est encore mieux déclarée.


La condoléance tire aussi sa grandeur de celle des douleurs que l'on voit souffrir à ceux que l'on aime; car, pour petite que soit lamitié, si les maux qu'on voit endurer sont extrêmes, ils nous font une grande pitié. On voit pour cela César pleurer sur Pompée, et les filles de Jérusalem ne surent jamais s'empêcher de pleurer sur notre Seigneur, bien que la plupart d'entre elles ne lui fussent pas grandement affectionnées, comme aussi les amis de Job, quoique mauvais amis, firent de grands gémissements, voyant l'effroyable spectacle de son incomparable misère.

Et quel grand cour de douleur au coeur de Jacob de penser que son cher enfant était trépassé d'une mort si cruelle, comme est celle d'être dévoré d'une bête sauvage! Mais la commisération, outre tout cela, se renforce merveilleusement par la présence de l'objet misérable. Pour cela, la pauvre Agar s'éloignait de son fils languissant, afin d'alléger en quelque sorte la douleur de compassion qu'elle sentait, disant : Je ne verrai pas mourir l'enfant; comme au contraire notre Seigneur pleure voyant le sépulcre de son bien-aimé Lazare, et regardant sa chère Jérusalem ; et notre bonhomme Jacob est outré de douleur quand il voit la robe ensanglantée de son pauvre petit Joseph.

Or, autant de causes agrandissent la complaisance. A mesure que l'ami nous est plus cher, nous avons plus de plaisir en son contentement, et son bien entre plus avant en notre âme; que si le bien est excellent, notre joie en est aussi plus grande. Mais si nous voyons l'ami en la jouissance d'icelui, notre réjouissance en devient extrême. Quand le bon Jacob sut que son fils vivait, ô Dieu, quelle joie! son esprit revint en lui, il revécut, et, par manière de dire, il ressuscita. Mais qu'est-ce à dire, il revécut ou il ressuscita?

Théotime, les esprits ne meurent de leur propre mort que par le péché qui les sépare de Dieu, lequel est leur vraie vie surnaturelle; mais ils meurent quelquefois de la mort dautrui, et cela arriva an bon Jacob duquel nous parlons, car l'amour qui tire dans le coeur de l'amant le bien et le mal de la chose aimée, l'un par complaisance, l'autre par commisération, tira la mort de l'aimable Joseph dans le coeur de l'amant Jacob, et, par un miracle impossible à toute autre puissance quà celle de l'amour, l'esprit de ce bon père était plein de la mort de celui qui était vivant et régnant, d'autant que l'affection ayant été trompée devança l'effet.

Or, quand au contraire il sut qu'en vérité son fils était en vie, l'amour, qui avait si longuement tenu le trépas présupposé du fils dans l'esprit de ce bon père, voyant qu'il avait été déçu, rejeta promptement cette feinte mort, et en sa place fit entrer la véritable vie de ce même enfant.

Ainsi donc il revécut d'une nouvelle vie, parce que la vie de son fils entra dans son esprit par complaisance, et l'anima d'un contentement nonpareil, duquel se trouvant assouvi, et ne tenant plus compte d'aucun autre plaisir en comparaison d'icelui : Il me suffit, dit-il, si mon enfant Joseph est en vie. Mais quand de ses propres yeux il vit par expérience la vérité des grandeurs de ce cher enfant en Gessen, penché sur lui, et pleurant assez longtemps sur le cou d'icelui :

Eh ! dit-il, maintenant je mourrai joyeux, mon cher fils, puisque l'ai vu votre face, et que vous vivez encore. O Dieu, Théotime, quelle joie! et que ce vieillard l'exprime excellemment! Car que vent-il dire par ces paroles: Maintenant je mourrai content, puisque j'ai vu ta face; sinon que son allégresse est si grande qu'elle est capable de rendre joyeuse et agréable la mort même, qui est la plus triste et horrible chose du monde?

Dites-moi, je vous prie, Théotime, qui ressent plus le bien de Joseph, ou lui qui en jouit, ou Jacob qui s'en réjouit? Certes, si le bien n'est bien que pour le contentement quil nous donne, le père en a autant et plus que le fils; car le fils, avec la dignité de vice-roi quil possède, a par conséquent beaucoup de soins et d'affaires, mais le père jouit par complaisance, et possède purement ce qui est de bon en cette grandeur et dignité de son fils, sans charge, sans soin et sans peine. Je mourrai joyeux, dit-il. Hélas! qui ne voit son contentement?

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 25/07 St Jacques, apôtre, St Christophe, martyr par ami de la Miséricorde  (2024-07-25 06:51:41)
      Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde  (2024-07-25 06:53:28)


212 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]