Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-07-18 23:43:31 |
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CHAPITRE II
Que par la Sainte complaisance nous sommes rendus
comme petits enfants aux mamelles de notre Seigneur.
O Dieu que l'âme est heureuse, qui prend son plaisir à savoir et connaître que Dieu est Dieu, et que sa bonté est une infinie bonté !
Car ce céleste époux, par cette porte de la complaisance, entre en elle et soupe avec nous, comme nous avec lui.
Nous nous paissons avec lui de sa douceur, par le plaisir que nous y prenons, et rassasions notre coeur ès perfections divines, par l'aise que nous en avons.
Et ce repas est un souper, à cause du repos qui le suit, la complaisance nous faisant doucement reposer en la suavité du bien qui nous délecte, et duquel nous repaissons notre coeur; car, comme vous savez, Théotime, le coeur se paît des choses esquelles il se plaît; si qu'en notre langue française on dit que l'un se paît de l'honneur, l'autre des richesses, comme le Sage avait dit que la bouche des fous se paît d'ignorance; et la souveraine Sagesse proteste que sa viande, c'est-à-dire son plaisir, n'est autre chose que de taire ta volonté de son Père.
En somme, l'aphorisme des médecins est vrai, que ce qui est savouré, nourrit; et celui des philosophes, ce qui plaît, paît.
Que mon bien-aimé vienne en son jardin, dit l'épouse sacrée, et qu'il y mange le fruit de ses pommes.
Or, le divin époux vient en son jardin quand il vient en l'âme dévote; car puisqu'il se plaît d'être avec les enfants des hommes, où peut-il mieux loger qu'en la contrée de l'esprit qu'il a fait à son image et ressemblance ?
En ce jardin, lui-même y plante la complaisance amoureuse que nous avons en sa bonté, et de laquelle nous nous paissons; comme de même sa bonté se plaît et se paît en notre complaisance, ainsi que derechef notre complaisance s'augmente de quoi Dieu se plait de nous voir plaire en lui; de sorte que ces réciproques plaisirs font l'amour d'une incomparable complaisance, par laquelle notre âme, faite jardin de son époux, et ayant de sa bonté les pommiers des délices, elle lui en rend le fruit, puisqu'il se plaît de la complaisance qu'elle a en lui.
Ainsi tirons-nous le coeur de Dieu dedans le nôtre, et il y répand son baume précieux.
Et ainsi se pratique ce que la sainte épouse dit avec tant d'allégresse :
Le roi de mon coeur m'a menée dans ses cabinets (coffres, buffets); nous tressaillerons et nous réjouirons en vous, nous ramentevant (souvenant) de vos mamelles plus aimables que le vin; les bons vous aiment.
Car, je vous prie, Théotime, qui sont les cabinets de ce roi d'amour, sinon ses mamelles qui abondent en variété de douceurs et suavités ?
La poitrine et les mamelles de la mère sont les cabinets des trésors du petit enfant; il n'a point d'autres richesses que celles-là, qui lui sont plus précieuses que l'or et le (la topaze, mot masculin en grec et en latin) topase, plus aimables que le reste du monde.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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