Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-06-29 20:32:39 |
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CHAPITRE III
Comme ou quitte le divin amour pour celui des créatures.
Tel fut le progrès de la sédition que le déloyal Absalon excita contre son bon père David. Car il mit en avant des propositions bonnes en apparence, lesquelles étant une fois reçues par les pauvres Israélites, desquels la prudence était endormie et engourdie, il les sollicita tellement qu'il les réduisit à une entière rébellion, de sorte que David fut contraint de sortir tout éploré de Jérusalem avec tous ses plus fidèles amis, ne laissant en la ville de gens de marque, sinon Sadoc et Abiathar, prêtres de l'Éternel, avec leurs enfants; or Sadoc était voyant, c'est-à-dire, prophète.
Car de même, très cher Théotime, l'amour propre trouvant notre foi hors d'attention et sommeillante, il nous présente des biens vains, mais apparents; séduit nos sens, notre imagination et les facultés de nos âmes, et presse tellement nos francs arbitres, qu'il les conduit à l'entière révolte contre le saint amour de Dieu; lequel alors, comme un autre David, sort de notre coeur avec tout son train, c'est-à-dire, avec les dons du Saint-Esprit et les autres vertus célestes, qui sont compagnes inséparables de la charité, si elles ne sont ses propriétés et habilités (facultés , dispositions):
et ne reste plus en la Jérusalem de notre âme aucune vertu d'importance, sinon Sadoc le Voyant, c'est-à-dire, le don de la foi, qui nous peut faire voir les choses éternelles, avec son exercice, et encore Abiathar, c'est-à-dire, le don de l'espérance avec son action, qui tous d'eux demeurent bien affligés et tristes, maintenant toutefois en nous l'arche de l'alliance, c'est-à-dire, la qualité et le titre de chrétien qui nous est acquis par le baptême.
Hélas !Théotime, quel pitoyable spectacle aux anges de paix de voir ainsi sortir le Saint-Esprit et son amour de nos âmes pécheresses! Eh ! je crois certes que, s'ils pouvaient alors pleurer, ils verseraient des larmes infinies, et d'une voix lugubre, lamentant notre malheur, ils chanteraient le triste cantique que Jérémie entonna, quand, assis sur le seuil du temple désolé, il contempla la ruine de Jérusalem au temps de Sédécie
Ah ! combien vois-je désolée
Cette cité jadis comblée
De peuple, de bien et d'honneur,
Maintenant siège de l'horreur
CHAPITRE IV
Que l'amour se perd en un moment.
L'amour de Dieu qui nous porte jusqu'au mépris de nous-mêmes, nous rend citoyens de la Jérusalem céleste ; l'amour de nous-mêmes qui nous pousse jusquau mépris de Dieu, nous rend esclaves de la Babylone infernale. Or, nous allons certes petit à petit à ce mépris de Dieu ; mais nous n'y sommes pas plus tôt parvenus, que soudain, en un moment, la sainte charité, se sépare de nous, ou pour mieux dire, elle périt tout à fait.
Oui, Théotime, car en ce mépris de Bien consiste le péché mortel, et un seul péché mortel bannit la charité de l'âme, d'autant qu'il rompt le lien et l'union d'icelle avec Dieu, qui est l'obéissance et soumission à sa volonté.
Et comme le coeur humain ne peut être vivant et divisé, aussi la charité, qui est le coeur de l'âme et l'âme du coeur, ne peut jamais être blessée quelle ne soit tuée ; ainsi qu'on dit des perles, quiconque de la rosée céleste, périssent si une seule goutte de l'eau marine entre dedans leur écaille.
Notre esprit certes ne sort pas petit à petit de son corps, ains en un moment, lorsque l'indisposition du corps est si grande qu'il ne peut plus y faire des actions de vie; de même, à l'instant que le coeur est tellement détraqué en ses passions, que la charité n'y peut plus régner, elle le quitte et abandonne ; car elle est si généreuse, qu'elle ne peut cesser de régner sans cesser d'être.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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