Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-06-27 00:51:07 |
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LIVRE QUATRIÈME
DE LA DÉCADENCE ET RUINE DE LA CHARITÉ.
CHAPITRE II
Du refroidissement de l'âme en l'amour sacré.
L'âme est maintes fois contristée et affligée dans le corps, jusque même à quitter plusieurs membres d'icelui, qui demeurent privés de mouvement et sentiment, encore qu'elle n'abandonne pas le coeur, où elle est toujours entière jusques à l'extrémité de la vie.
Ainsi, la charité est quelquefois tellement allangourie et abattue dans le coeur, qu'elle ne parait presque plus en aucun exercice, et néanmoins elle ne laisse pas d'être entière en la suprême région de l'âme, et c'est lorsque, sous la multitude des péchés véniels, comme sous des cendres, le feu du saint amour demeure couvert et sa lueur étouffée, quoique non pas amorti ni éteint; car tout ainsi que la présence du diamant empêche l'exercice et l'action de la propriété que l'aimant a d'attirer le fer, sans toutefois lui ôter la propriété, laquelle opère soudain que cet empêchement est éloigné.
De même la présence du péché véniel n'ôte pas voirement à la charité sa force et puissance d'opérer, mais elle l'engourdit en certaine façon, et la prive de l'usage de son activité, si qu'elle demeure sans action, stérile et inféconde.
Certes, le péché véniel, ni même l'affection au péché véniel, n'est pas contraire à l'essentielle résolution de la charité qui est de préférer Dieu à toutes choses, d'autant que par ce péché nous aimons quelque chose hors de la raison, mais non pas contre la raison; nous déférons un peu trop, et plus qu'il n'est convenable à la créature, mais non pas en la préférant au Créateur; nous nous amusons plus qu'il ne faut aux choses terrestres, mais nous ne quittons pas pour cela les célestes.
En somme, cette sorte de péché nous retarde au chemin de la charité, mais il ne nous en retire pas; et partant le péché véniel n'étant pas contraire à la charité, il ne la détruit jamais, ni en tout ni en partie.
Dieu fit savoir à l'évêque d'Éphèse qu'il avait délaissé sa première charité. Où il ne dit pas qu'il était sans charité, mais seulement qu'elle n'était plus telle qu'au commencement, c'est-à-dire, qu'elle n'était plus prompte, fervente, fleurissante et fructueuse; ainsi que nous avons accoutumé de dire d'un homme qui, de brave, joyeux et gaillard, est devenu chagrin, paresseux et maussade :
ce n'est pins celui d'autrefois, car nous ne voulons pas entendre que ce ne soit pas le même selon la substance, mais seulement selon les actions et exercices.
Et de même Notre-Seigneur a dit quès derniers jours la charité de plusieurs se refroidira, c'est-à-dire, elle ne sera pas si active et courageuse, à cause de la crainte et de l'ennui qui oppressera les coeurs.
Certes, la concupiscence ayant conçu, elle engendre le péché; mais ce péché, quoique péché, n'engendre pas toujours la mort de l'âme, ains seulement lorsqu'il est une malice entière, et qu'il est consommé et accompli, comme dit saint Jacques, qui en cela établit si clairement la différence entre le péché véniel et le péché mortel, que je ne sais comme il s'est trouvé des gens en notre siècle qui aient en la hardiesse de le nier (Luther et Calvin, Wicklef, et plus tard Baïus, ont nié la distinction entre les péchés sous le rapport de la gravité, les déclarant tous mortels.).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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