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Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-06-25 23:46:17
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LIVRE QUATRIÈME
DE LA DÉCADENCE ET RUINE DE LA CHARITÉ.

CHAPITRE PREMIER
Que nous pouvons perdre l'amour de Dieu, tandis que nous sommes en cette vie mortelle.


Mon cher Théotime, les cieux mêmes s'ébahissent, leurs portes se froissent de frayeur, et les anges de paix demeurent éperdus d'étonnement sur cette prodigieuse misère du coeur humain, qui abandonne un bien tant aimable, pour s'attacher à des choses si déplorables. Mais avez-vous jamais vu cette petite merveille que chacun sait, et de laquelle chacun ne sait pas la raison? quand on perce un tonneau bien plein, il ne répandra point son vin, qu'on ne lui donne de l'air par-dessus; ce qui narrive pas aux tonneaux esquels il y a déjà du vide; car on ne les a pas plus tôt ouverts que le vin en sort.

Certes, en cette vie mortelle, quoique nos âmes abondent en amour céleste, si est-ce que (toujours est-il) jamais elles ne'n sont si pleines, que par la tentation cet amour ne puisse sortir. Mais là-haut au ciel, quand les suavités de la beauté de Dieu occuperont tout notre entendement, et les délices de sa bonté assouviront toute notre volonté, en sorte qu'il n'y aura rien que la plénitude de son amour ne remplisse; nul objet, quoiqu'il pénètre jusqu'à nos coeurs, ne pourra jamais tirer, ni faire sortir une seule goutte de la précieuse liqueur de leur amour céleste. Et de penser donner du vent par-dessus, c'est-à-dire, décevoir ou surprendre l'entendement, il ne sera plus possible; car il sera immobile en l'appréhension de la vérité souveraine.

Ainsi le vin qui est bien épuré et séparé de sa lie, peut aisément être garanti de tourner et pousser (fermenter) ; mais celui qui est sur la lie, y est presque toujours sujet. Et quant à nous, tandis que nous sommes en ce monde, nos esprits sont sur la lie et le tartre de mille humeurs et misères, et par conséquent aisés à changer et tourner en leur amour.

Mais étant au ciel, où, comme en ce grand festin décrit par Isaïe, nous aurons le vin purifié de toute lie, nous ne serons plus sujets au change, ains demeurerons inséparablement unis par amour à notre souverain bien. Ici, parmi les crépuscules de l'aube du jour, nous craignons quen lieu de l'époux nous ne rencontrions quoiqu'autre objet qui nous amuse et déçoive; mais quand nous le trouverons là-haut où il repaît et repose au midi de sa gloire, il n'y aura plus moyen d'être trompé; car sa lumière sera trop claire, et sa douceur nous liera si serrés à sa bonté, que nous ne pourrons plus vouloir nous en déprendre.

Nous sommes comme le corail qui, dans l'océan, lieu de son origine, est un arbrisseau (Le corail est un arbrisseau... le corail est un polypier qui a la forme d'un arbrisseau couvert d'une membrane vasculaire qui relie entre eux les polypes et leur permet de profiter de la même nourriture.) pâle vert, faible, fléchissant et pliable; mais étant tiré hors du fond de la mer comme du sein.

De sa mère, il devient presque pierre, se rendant ferme et impliable, à mesure qu'il change son vert blafâtre en un vermeil fort vif; car ainsi étant encore emmi la mer de ce monde, lieu de notre naissance, nous sommes sujets à des vicissitudes extrêmes, et pliables à toutes les mains: à la droite de l'amour céleste par l'inspiration, à la gauche de l'amour terrestre par la tentation. Mais si une fois tirés hors de cette mortalité, nous avons changé le pâle vert de nos craintives espérances au vif vermeil de l'assurée jouissance, jamais plus nous ne serons muables (changeantes); ains demeurerons à toujours arrêtés en l'amour éternel.

Il est impossible de voir la Divinité et ne l'aimer pas. Mais ici-bas, où, sans la voir, noirs l'entrevoyons seulement ais travers des ombres de la foi, comme en un miroir, notre connaissance n'est pas si grande, qu'elle ne laisse encore l'entrée à la surprise des autres objets et biens apparents, lesquels, entre les obscurités qui se mêlent en la certitude et vérité de la foi, se glissent insensiblement comme petits renardeaux, et démolissent notre vigne fleurie. En somme, Théotime, quand nous avons la charité, notre franc arbitre est paré de la robe nuptiale, de laquelle comme il peut toujours demeurer vêtu, sil veut, en bien faisant, aussi s'en peut-il dépouiller, s'il lui plaît, en péchant.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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