Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-06-21 07:58:42 |
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CHAPITRE XII
De l'union éternelle des esprits bienheureux avec Dieu
en la vision de la naissance éternelle du Fils de Dieu.
Le très doux saint Bernard, étant encore jeune garçon à Châtillon-sur-Seine, la nuit de Noël, attendait en l'église que l'on commençât l'office sacré ; et. en cette attente, le pauvre enfant sendormit d'un sommeil fort léger, pendant lequel, Ô Dieu, quelle douceur! il vit en esprit, mais d'une vision fort distincte et fort claire, comme le Fils de Dieu ayant épousé la nature humaine, et s'étant rendu petit enfant dans les entrailles très pures de sa mère, naissait virginalement de son sein sacré avec une humble suavité mêlée d'une céleste majesté.
Comme l'époux qui, en maintien royal, sort tout joyeux de son lit nuptial.
Vision, Théotime, qui combla tellement le coeur amiable du petit Bernard d'aise, de jubilation et de délices spirituelles, qu'il en eut toute sa vie des ressentiments extrêmes, et partant, combien que (bien que, quoique.) depuis, comme une abeille sacrée, il recueillit toujours de tous. les divins mystères le miel de mille douces et divines consolations, si est-ce que la solennité de Noël lui apportait une particulière suavité, et parlait avec un goût nonpareil de cette nativité de son Maître.
Hélas ! mais de grâce, Théotime, si une vision mystique et imaginaire de la naissance temporelle et humaine du Fils de Dieu, par laquelle il procédait homme de la femme, vierge dune vierge, ravit et contente si fort le coeur dun enfant; hé! que sera-ce, quand nos esprits glorieusement illuminés de la clarté bienheureuse, verront cette éternelle naissance par laquelle le Fils procède Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu dun vrai Dieu, divinement et éternellement? Alors donc notre esprit se joindra par une complaisance incompréhensible à cet objet si délicieux, et par une invariable attention lui demeurera éternellement uni.
CHAPITRE XIII
De l'union des esprits bienheureux avec Dieu en la vision de la production du Saint-Esprit.
Le Père éternel voyant l'infinie bonté et beauté de son essence si vivement, essentiellement et substantiellement exprimée en son Fils, et le Fils voyant réciproquement que sa même essence, bonté et beauté est originairement en son Père comme en sa source ou fontaine; hé! se pourrait-il faire que ce divin Père et son Fils ne s'entraimassent pas d'un amour infini, puisque leur volonté par laquelle ils s'aiment, et leur bonté pour laquelle ils s'aiment, sont infinies en l'un et en l'autre ?
L'amour ne nous trouvant pas égaux, il nous égale; ne nous trouvant pas unis, il nous unit. Or, le Père et le Fils se trouvant non seulement égaux et unis, ains un même Dieu, une même essence et une même unité, quel amour doivent-ils avoir l'un à l'autre! Mais cet amour ne se passe pas comme l'amour que les créatures intellectuelles ont entre elles ou envers leur Créateur.
Car l'amour créé se fait par plusieurs et divers élans, soupirs, unions et liaisons qui s'entre-suivent, et font la continuation de l'amour avec une douce vicissitude de mouvements spirituels. Mais l'amour divin du Père éternel envers son Fils est pratiqué en un seul soupir élancé réciproquement par le Père et le Fils, qui en cette sorte demeurent unis et liés ensemble.
Oui, mon Théotime : car la bonté du Père et du Fils n'étant qu'une seule très uniquement unique bonté, commune à l'un et à l'autre, l'amour de cette bonté ne peut être qu'un seul amour; parce qu'encore qu'il y ait deux amants, à savoir le Père et le Fils, néanmoins il n'y a que leur seule très unique bonté qui leur est commune, laquelle est aimée, et leur très unique volonté qui aime; et partant il n'y a aussi qu'un seul amour exercé par un seul soupir amoureux.
Le Père soupire cet amour, le Fils le soupire aussi ; mais parce que le Père ne soupire cet amour que par la même volonté et pour la même bonté qui est également et uniquement en lui et en son Fils, et le Fils mutuellement (à son tour) ne soupire ce soupir amoureux que pour cette même bonté et par cette même volonté ; partant ce soupir amoureux n'est qu'un seul soupir, ou un seul esprit élancé par deux soupirants.
Source : Livres-mystiques.com
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ami de la Miséricordieux
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