beau portrait dans la Croix par Cristo 2024-05-31 14:04:16 |
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femme de foi.
RIP !
Mort de Geneviève de Galard, l’ange de Dien Bien Phu à l’âge de 99 ans
L’infirmière Geneviève de Galard, héroïne de la bataille de Dien Bien Phu en 1954 en Indochine, est morte jeudi 30 mai à l’âge de 99 ans. Emmanuel Macron a salué le « dévouement exemplaire » dont elle fit montre « aux pires heures de la guerre ».
La Croix (avec AFP), le 31/05/2024
On l’a surnommée « l’Ange de Dien Bien Phu ». Infirmière engagée en Indochine, Geneviève de Galard, décédée jeudi 30 mai à 99 ans, est devenue une héroïne malgré elle, s’imposant dans un monde d’hommes par son courage et son abnégation.
« L’ange de Dien Bien Phu nous a quittés. Infirmière militaire, Geneviève de Galard fit montre, aux pires heures de la guerre d’Indochine, d’un dévouement exemplaire du courage et des souffrances de 15 000 soldats français », a écrit Emmanuel Macron vendredi dans un message sur X.
Infirmière militaire, Geneviève de Galard fit montre, aux pires heures de la guerre d'Indochine, d’un dévouement exemplaire du courage et des souffrances de 15 000 soldats français. Je salue sa mémoire. pic.twitter.com/LAxQjaxeGj
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 31, 2024
Un ange gardien dans l’enfer
« On parle souvent de « sexe faible ». (Cet épisode) a permis de se rendre compte que le sexe faible n’était pas celui qu’on pensait… », racontait Geneviève de Galard, bien des années après la bataille qui a scellé la fin de la présence française en Indochine.
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Elle n’avait rien oublié de ce printemps 1954 où l’artillerie Viêt-minh pilonne sans relâche le camp retranché : le bruit « d’enfer » des tirs, la puanteur et la chaleur étouffante de ces boyaux de terre, les noms de « ses chers » blessés…
Seule femme présente sur place, elle a survécu à ce fiasco militaire, devenu un cimetière à ciel ouvert pour environ 3 000 soldats français.
Une foi indéfectible
La France et le reste du monde découvrent le 5 juin 1954 cette jeune femme brune aux yeux bleus de 29 ans. Tout juste sortie de l’enfer, elle fait la une de Paris Match, habillée d’une combinaison verte de parachutiste. L’hebdomadaire titre « La France accueille l’héroïne de Dien Bien Phu ». La photo fait le tour du monde.
Née à Paris le 13 avril 1925, Geneviève de Galard-Terraube a grandi dans une vieille famille aristocratique. Un aïeul aurait combattu avec Jeanne d’Arc. Elle perd à neuf ans son père, officier. Un deuil douloureux, qui la rend très sensible à la souffrance d’autrui.
Devenue infirmière, elle a déjà géré des situations difficiles en Afrique quand elle signe en 1953 un contrat de convoyeuse de l’air et se porte volontaire pour l’Indochine.
Elle accompagne dans les Dakota médicalisés les blessés depuis Dien Bien Phu mais, avec les bombardements incessants, les évacuations deviennent très difficiles. Le 28 mars, son avion se pose acrobatiquement. Endommagé, il ne redécollera jamais. Armée d’une simple trousse de premiers secours et de sa foi indéfectible, elle officie à l’antenne chirurgicale.
Elle refait des pansements à la lumière de lampes de poche, administre des piqûres au Phénergan, réconforte les blessés, des hommes souvent plus jeunes qu’elle au regard « d’enfants égarés ».
« Dieu était présent »
Dans l’enfer, elle trouve un secours dans sa foi qu’elle tient de ses parents. Petite, elle admire l’héroïsme de sa sainte patronne et de Louise de Bettignies. Sur le champ de bataille, elle n’a pas peur de mourir, certains que la mort n’est qu’un passage. « Dieu était présent, c’était une force », racontait-elle il y a quelques mois à Aleteia. .
« Le bruit des bombardements était infernal et, lors de l’accalmie du matin, on savait que d’autres brancards allaient nous arriver », raconte-t-elle en 2014. Parfois, il n’y a plus rien à faire. Certains meurent dans ses bras.
Elle devient mère, sœur, amie, gagnant le respect et l’admiration de tous. Sur place, elle est faite chevalier de la Légion d’honneur et reçoit la Croix de guerre. À la chute du camp le 7 mai, elle demande à rester jusqu’à l’évacuation des derniers blessés mais est finalement poussée dans un avion pour quitter Dien Bien Phu. « Qu’est-ce que nous allons devenir sans nos yeux bleus ? », lui lance un soldat.
Décorée à la Maison-Blanche
De retour en France, elle se retrouve brusquement confrontée à une immense popularité. « Que je n’avais jamais ni voulue, ni recherchée. Je n’avais fait que mon devoir ».
Conviée par le Congrès américain – « la première invitation de ce genre depuis La Fayette », s’enorgueillissait son mari Jean de Heaulme, un officier épousé en 1956 – elle est accueillie comme un chef d’État et décorée à la Maison-Blanche de la Médaille de la Liberté, plus haute distinction pour un étranger.
Surnommée « L’Ange de Dien Bien Phu » par la presse, elle parcourt le pays pendant trois semaines et descend Broadway sous les confettis devant 250 000 New-Yorkais.
« J’ai alors eu l’impression d’être tout à la fois actrice et spectatrice ». Fuyant les honneurs, elle repart vite en mission et retombe dans un relatif anonymat qui lui convient très bien.
https://www.la-croix.com/france/mort-de-genevieve-de-galard-l-ange-de-dien-bien-phu-a-lage-de-99-ans-20240531
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