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Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
par ami de la Miséricorde 2024-05-15 08:12:08
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CHAPITRE XVI

Comme l'amour se pratique en l'espérance


Or, ces promesses et assurances divines, par une merveille particulière, accroissent la cause de notre inquiétude, et à mesure quelles augmentent la cause, elles ruinent et détruisent les effets.

Oui certes, Théotime, l'assurance que Dieu nous donne que le paradis est pour nous, fortifie infiniment le désir que nous avions d'en jouir, et néanmoins affaiblit, ains anéantit tout à fait le trouble et l'inquiétude que ce désir nous apportait; de sorte que nos coeurs par les promesses sacrées que la divine bonté nous a faites, demeurent tout à fait accoisés, et cet accoisement est la racine de la très sainte vertu que nous appelons espérance.

Car la volonté, assurée par la foi quelle pourra jouir de son souverain bien, usant des moyens à ce destinés, elle fait deux grands actes de vertu: par l'un, elle attend de Dieu la jouissance de sa souveraine bonté, et par l'autre elle aspire à cette sainte jouissance.

Et de vrai, Théotime, entre espérer et aspirer, il y a seulement cette différence, que nous espérons les choses que nous attendons par le moyen d'autrui; et nous aspirons aux choses que nous prétendons par nos propres moyens, de nous-mêmes; et d'autant que nous parvenons à la jouissance de notre souverain bien, qui est Dieu, premièrement et principalement par sa faveur, grâce et Miséricorde.

Et que néanmoins cette même Miséricorde veut que nous coopérions-à sa faveur, mesurant la faiblesse de notre consentement à la force de sa grâce; partant notre espérance est aucunement (à certains égards, quelquefois) mêlée d'aspirement (aspiration), si que nous nespérons pas tout à fait sans aspirer, et n'aspirons jamais sans tout à fait espérer, en quoi l'espérance tient toujours le rang principal, comme fondée sur la grâce divine, sans laquelle tout ainsi que nous ne pouvons pas seulement penser à notre souverain bien, selon qu'il convient pour y parvenir, aussi ne pouvons-nous jamais sans icelle y aspirer comme il faut pour l'obtenir.

L'aspirement donc est un rejeton de l'espérance, comme notre coopération l'est de la grâce : et tout ainsi que ceux qui veulent espérer sans aspirer, seront rejetés comme couards (lâchés) et négligents, de même ceux qui veulent aspirer sans espérer, sont téméraires, insolents et présomptueux.

Mais quand l'espérance est suivie de l'aspirement, et que espérant nous aspirons, et aspirant nous espérons, alors, cher Théotime, l'espérance se convertit en un courageux dessein par l'aspirement, et l'aspirement se convertit en une humble prétention par l'espérance, espérant et aspirant (Opposition des mots aspirer et espérer qui sent l'afféterie de langage du temps) selon que Dieu nous inspire.

Mais cependant et l'un et l'autre se fait par cet amour désirant qui tend à notre souverain bien, lequel, à mesure qu'il est plus assurément espéré, est aussi toujours plus aimé.

Ainsi l'espérance n'est autre chose que l'amoureuse complaisance que nous avons en l'attente et prétention de notre souverain bien : tout y est d'amour, Théotime. Soudain que la foi ma montré mon souverain bien,

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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