Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-04-08 22:37:12 |
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CHAPITRE XVII
Que nous n'avons pas naturellement le pouvoir d'aimer Dieu sur toutes choses.
En somme, Théotime, notre chétive nature, navrée par le péché, fait comme les palmiers que nous avons de deçà, qui font voirement certaines productions imparfaites, et comme des essais de leurs fruits, mais de porter des dattes entières, mûres et assaisonnées, cela est réservé pour des contrées plus chaudes; car ainsi notre coeur humain produit bien naturellement certains commencements d'amour envers Dieu, mais d'en venir jusqu'à l'aimer sur toutes choses, qui est la vraie maturité de l'amour dû à cette suprême bonté, cela n'appartient qu'aux coeurs animés et assistés de la grâce céleste et qui sont en l'état de la sainte charité; et ce petit amour imparfait, duquel la nature en elle-même sent les élans, ce n'est qu'un certain vouloir sans vouloir, un vouloir qui voudrait, mais qui ne veut pas, un vouloir, stériles qui ne produit point de vrais effets, un vouloir paralytique, qui voit la piscine salutaire du saint amour, mais qui n'a pas la force de s'y jeter; et enfin ce vouloir est un avorton de la bonne volonté, qui n'a pas la vie de la généreuse vigueur requise pour en effet préférer Dieu à toutes choses dont l'Apôtre parlant en la personne du pécheur, s'écrie : Le vouloir est bien en moi, mais je ne trouve pas le moyen de l'accomplir.
CHAPITRE XVIII
Que l'inclination naturelle que nous avons d'aimer Dieu n'est pas inutile.
Mais si nous ne pouvons pas naturellement aimer Dieu sur toutes choses, pourquoi donc avons-nous naturellement inclination à cela? La nature n'est-elle pas vaine de nous inciter à un amour qu'elle ne nous peut donner ? Pourquoi nous donne-telle la soif d'une eau si précieuse, puisqu'elle ne peut nous en abreuver ?
Ah ! Théotime, que Dieu nous a été bon ! La perfidie que nous avions commise en l'offensant méritait certes qu'il nous privât de toutes les marques de sa bienveillance et de la faveur qu'il avait exercée envers notre nature, lorsqu'il imprima sur elle la lumière de son divin visage, et qu'il donna à nos coeurs l'allégresse de se sentir enclins à l'amour de la divine bonté, afin que les anges, voyant ce misérable homme, eussent occasion de dire par compassion : Est-ce là la créature de parfaite beauté, l'honneur de toute la terre ?
Mais cette infinie débonnaireté ne sut onc être si rigoureuse envers l'ouvrage de ses mains; il vit que nous étions environnés de chair, un vent qui se dissipe en courant et qui ne revient plus. C'est pourquoi, selon les entrailles de sa Miséricorde, il ne nous voulut pas du tout ruiner ni nous ôter le signe de sa grâce perdue, afin que le regardant, et sentant en nous cette alliance et propension à l'aimer, nous tâchassions de ce faire, et que personne pût justement dire : Qui nous montrera le bien ?
Car encore que par la seule inclination naturelle nous ne puissions pas parvenir au bonheur d'aimer Dieu comme il faut, si est-ce que si nous l'employions fidèlement, la douceur de la piété divine nous donnerait quelque secours, par le moyen duquel nous pourrions passer plus avant.
Que si nous secondions ce premier secours, la bonté paternelle de Dieu nous en fournirait un autre plus grand, et nous conduirait de bien en mieux avec toute suavité, jusques au souverain amour, auquel notre inclination naturelle nous pousse, puisque c'est chose certaine queà celui qui est fidèle en peu de chose, et qui fait ce qui est en son pouvoir, la bénignité divine ne dénie jamais son assistance pour l'avancer de plus en plus.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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