Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2024-01-26 04:54:44 |
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CHAPITRE III
DE LA NATURE DES TENTATIONS ET DE LA DIFFÉRENCE
QU'IL Y A ENTRE SENTIR LA TENTATION ET CONSENTIR A ICELLE
Il faut donc être fort courageuse, Philothée, emmi les tentations, et ne se tenir jamais pour vaincue pendant quelles vous déplairont, en bien observant cette différence qu'il y a entre sentir et consentir, qui est qu'on les peut sentir, encore qu'elles nous déplaisent, mais on ne peut consentir sans qu'elles nous plaisent, puisque le plaisir, pour l'ordinaire, sert de degré pour venir au consentement.
Que donc les ennemis de notre salut nous présentent tant qu'ils voudront d'amorces et d'appas, qu'ils demeurent toujours à la porte de notre coeur pour entrer, qu'ils nous fassent tant de propositions qu'ils voudront; mais tandis que nous aurons résolution de ne point nous plaire en tout cela, il n'est pas possible que nous offensions Dieu; non plus que le prince, époux de la princesse que j'ai représentée ne lui peut savoir mauvais gré du message qui lui est envoyé, si elle n'y a pris aucune sorte de plaisir.
Il y a néanmoins cette différence entre l'âme et cette princesse pour ce sujet, que la princesse, ayant ouï la proposition déshonnête, peut si bon lui semble, chasser le messager et ne le plus ouïr; mais il n'est pas toujours au pouvoir de l'âme de ne point sentir la tentation, bien qu'il soit toujours en son pouvoir de ne point y consentir; c'est pourquoi, encore que la tentation dure et persévère longtemps, elle ne peut nous nuire, tandis quelle nous est désagréable.
Mais quant à la délectation qui peut suivre la tentation, pour autant que nous avons deux parties en notre âme, l'une inférieure et l'autre supérieure, et que l'inférieure ne suit pas toujours la supérieure ains fait son cas à part, il arrive maintes fois que la partie inférieure se plaît en la tentation, sans le consentement, ains contre le gré de la supérieure:
c'est la dispute et la guerre que l'apôtre saint Paul décrit, quand il dit que « sa chair convoite contre son esprit », qu'il y a « une loi des membres et une loi de l'esprit », et semblables choses.
Avez-vous jamais vu, Philothée, un grand brasier de feu couvert de cendres ? Quand on vient dix ou douze heures après pour y chercher du feu, on n'en trouve qu'un peu au milieu du foyer, et encore on a peine de le trouver ; il y était néanmoins, puisqu'on l'y trouve, et avec icelui on peut rallumer tous les autres charbons déjà éteints.
C'en est de même de la charité, qui est notre vie spirituelle, parmi les grandes et violentes tentations : car la tentation jetant sa délectation en la partie inférieure, couvre, ce semble, toute l'âme de cendres, et réduit l'amour de Dieu au petit pied, car il ne paraît plus en nulle part sinon au milieu du coeur, au fin fond de l'esprit; encore semble-t-il quil n'y soit pas, et a-t-on peine de le trouver.
Il y est néanmoins en vérité, puisque, quoique tout soit en trouble en notre âme et en notre corps, nous avons la résolution de ne point consentir au péché ni à la tentation, et que la délectation qui plaît à notre homme extérieur déplaît à l'intérieur, et quoiqu'elle soit tout autour de notre volonté, si n'est-elle pas dans icelle: en quoi l'on voit que telle délectation est involontaire, et étant telle ne peut être péché.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
am de la Miséricorde
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