Comme en français d'autrefoué par Regnum Galliae 2023-12-07 10:01:07 |
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Je puis cependant vous raconter que la diphtongue oi se prononçait correctement oué à la fin du XVIIIe siècle, comme au XVIIe. Cela, chez les personnes de qualité: à la Cour on disait: le boué pour le bois, des noués (noix), les oués (oies), la sainte croué (croix), ainsi de suite. Le Roué, ainsi que la fleur des poués de la noblesse, parlaient de bouère et de voulouèr (boire, vouloir). Il y avait en cela accord complet entre Versailles et la paysannerie de la Loire (la Louère), d'où la réputation de la Touraine de parler le français le plus «pur».
Or, la «petite bourgeoisie» (sic) de Paris, ignorante des beaux usages - les gens de basoche, les marchands, le tout-venant du petit avoir -, prononçait le soi, ouâ, au lieu de oué. Dire du bouâ, la crouâ, Françouâ, n'était pas distingué du tout! C'était là une prononciation fautive. Mais Paris étant toujours Paris, ce fut celle que nous adoptâmes partout en France, et qui devint la norme, faisant passer, ironie du sort, la forme correcte en oué pour une villageoiserie ridicule! Vouère... Surtout après la Révolution, où la capitale avait donné le ton en toutes choses.
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