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Destitution de Mgr Joseph Strickland: « François n’avait pas le choix »
par Vocatus 2023-11-13 19:28:42
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Winnie Heartstrong ne décolère pas. « C’est un nouveau coup porté à la tradition », lâche cette laïque, adepte de théories du complot et ancienne candidate du parti républicain pour une élection dans le Missouri. Elle se dit révoltée par la décision inédite du pape de destituer Mgr Joseph Strickland, évêque de Tyler (Texas) et opposant notoire à François. La privation de l’évêque américain de sa charge pastorale est une sanction extrêmement rare, car dans la majorité des cas, les évêques jugés problématiques par le Vatican acceptent de démissionner à la demande du Saint-Siège. Mais Mgr Strickland a refusé cette demande formulée par Rome.

« Nous, l’Église américaine, sommes devenus trop à l’aise avec le péché », commente Winnie Heartstrong, cofondatrice de Catholic Laity for Orthodox Bishops and Reform, une association qui milite pour la préservation de la messe en latin. À tel point que nous ne parvenons pas à nous tenir aux côtés d’un prélat qui le dénonce publiquement ». Un sentiment partagé dans les cercles conservateurs de l’Église américaine, où le pape est taxé de « tyran » et de « dictateur » pour cette mise à pied.

Annoncée samedi 11 novembre, la destitution de Mgr Joseph Strickland a découlé d’une visite pastorale portant sur l’examen de la gouvernance du diocèse de Tyler. Si les conclusions de l’investigation entamée en juin dernier n’ont pas été révélées, les enquêteurs ont recommandé au pape que l’évêque mette un terme à ses fonctions. Face au refus de ce dernier, François est intervenu, d’après l’archevêque métropolitain, le cardinal Daniel DiNardo.

Le pape accusé d’être un « usurpateur »

Un tel dénouement semblait inévitable. Entre le pape et cet évêque issu du Texas rural et conservateur, le torchon brûlait depuis longtemps. Nommé en 2012 par Benoît XVI, Mgr Strickland figurait parmi les soutiens de la première heure du cardinal Carlo Maria Vigano, auteur en 2018 d’une lettre dans laquelle il accusait le pape d’avoir été au courant des crimes sexuels de l’ancien cardinal Theodore McCarrick, ex-puissant archevêque de Washington accusé d’agressions sexuelles sur mineurs et sur majeurs.

Il a par la suite critiqué publiquement la manière dont François accepte le débat sur l’octroi de la communion aux élus pro-avortement, le mariage homosexuel, la vaccination contre le Covid, l’ordination des femmes ou encore la messe en latin, allant jusqu’à déclarer sur Twitter qu’il rejetait « son programme qui sape le dépôt de la foi ». Dans un ultime affront, il a affirmé le 31 octobre, lors d’une conférence, que François était un « usurpateur ».

« François n’avait pas le choix »

« François n’avait pas le choix, analyse Steven Millies, auteur d’un ouvrage sur la polarisation de l’Église américaine (1). Il a suivi la procédure méthodiquement pour donner une chance à la réconciliation, mais quand un évêque agit de la sorte, alors qu’il existe des canaux internes pour émettre des critiques, c’est intenable. Cela fracture l’Église. »

En se drapant dans une stature d’anti-François, Mgr Strickland s’est bâti un auditoire important dans un pays où l’Eglise catholique est polarisée et où la ligne du pontificat divise. Animateur d’une émission de radio, il est suivi par près de 160 000 comptes sur X (ex-Twitter). Bien plus que de nombreux responsables d’Église et que la population catholique de son diocèse.

Cette révocation ne manquera pas d’appuyer une image de martyr qu’il aime cultiver. Dans le passé, il s’est ainsi comparé à Irénée, l’évêque de Lyon persécuté pour son combat contre les hérésies, et au cardinal anglais John Fisher, décapité en 1535 pour s’être opposé à la rupture du roi Henri VIII avec le Vatican.

« Il fait partie de ces évêques influenceurs créés par les réseaux sociaux, conclut Steven Millies. Que des catholiques qui ne résident pas dans le diocèse de Tyler le considèrent comme leur autorité ecclésiale plutôt que leur propre évêque ou même le pape, cela pose problème. »
Alexis Buisson, correspondant à New York (États-Unis)

     

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 Mgr Strickland, l’évêque démis répond au pape François par Gethsémani  (2023-11-13 17:23:13)
      Destitution de Mgr Joseph Strickland: « François n’avait pas le choix » par Vocatus  (2023-11-13 19:28:42)
      Ah la technique par Chris  (2023-11-13 22:24:46)
          Et il a bien fait de refuser de démissionner par Chris  (2023-11-13 22:27:09)


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