Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2023-10-28 23:14:26 |
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CHAPITRE III
DE LA PATIENCE
« Vous avez besoin de patience, afin que faisant la volonté de Dieu, vous en rapportiez la promesse », dit l'Apôtre. Oui; car, comme avait prononcé le Sauveur, « en votre patience vous posséderez vos âmes ». C'est le grand bonheur de l'homme, Philothée, que de posséder son âme; et à mesure que la patience est plus parfaite, nous possédons plus parfaitement nos âmes.
Ressouvenez-vous souvent que Notre Seigneur nous a sauvés en souffrant et endurant, et que de même, nous devons faire notre salut par les souffrances et afflictions, endurant les injures, contradictions et déplaisirs avec le plus de douceur qu'il nous sera possible.
Ne bornez point votre patience à telle ou telle sorte dinjures et d'afflictions, mais étendez-la universellement à toutes celles que Dieu vous enverra et permettra vous arriver. Il y en a qui ne veulent souffrir sinon les tribulations qui sont honorables, comme par exemple, d'être blessés à la guerre, d'être prisonniers de guerre, d'être maltraités pour la religion, de s'être appauvris par quelque querelle en laquelle ils soient demeurés maîtres; et ceux-ci n'aiment pas la tribulation, mais l'honneur quelle apporte.
Le vrai patient et serviteur de Dieu supporte également les tribulations conjointes à l'ignominie et celles qui sont honorables. D'être méprisé, repris et accusé par les méchants, ce n'est que douceur à un homme de courage; mais d'être repris, accusé et maltraité par les gens de bien, par les amis, par les parents, c'est là où il y a du bon.
J'estime plus la douceur avec laquelle le grand saint Charles Borromée souffrit longuement les répréhensions publiques qu'un grand prédicateur d'un ordre extrêmement réformé faisait contre lui en chaire, que toutes les attaques qu'il reçut des autres.
Car tout ainsi que les piqûres d'abeilles sont plus cuisantes que celle des mouches, ainsi le mal que l'on reçoit des gens de bien, et les contradictions qu'ils font sont bien plus insupportables que les autres; et cela néanmoins arrive fort souvent, que deux hommes de bien ayant tous deux bonne intention, sur la diversité de leurs opinions, se font de grandes persécutions et contradictions l'un à l'autre.
Soyez patiente, non seulement pour le gros et principal des afflictions qui nous surviendront, mais encore pour les accessoires et accidents qui en dépendront. Plusieurs voudraient bien avoir du mal, pourvu qu'ils n'en fussent point incommodés. « Je ne me fâche point, dit l'un, d'être devenu pauvre, si ce n'était que cela m'empêchera de servir mes amis, élever mes enfants et vivre honorablement comme je désirais. »
Et l'autre dira : « Je ne m'en soucierais point, si ce n'était que le monde pensera que cela me soit arrivé par ma faute. » L'autre serait tout aise que l'on médît de lui, et le souffrirait fort patiemment, pourvu que personne ne crût le médisant.
Il y en a d'autres qui veulent bien avoir quelque incommodité du mal, ce leur semble, mais non pas l'avoir toute : ils ne s'impatientent pas, disent-ils, d'être malades, mais de ce qu ils n'ont pas de l'argent pour se faire panser, ou bien de ce que ceux qui sont autour deux en sont importunés.
Or je dis, Philothée, qu'il faut avoir patience, non seulement d'être malade, mais de l'être de la maladie que Dieu veut, en lieu où il veut, et entre les personnes qu'il veut, et avec les incommodités qu'il veut; et ainsi des autres tribulations.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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