Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales par ami de la Miséricorde 2023-08-24 22:07:43 |
|
Imprimer |
PREFACE
A Annecy, le jour de Sainte Madeleine 1609
Cet âge est fort bizarre, et je prévois bien que plusieurs diront qu'il n'appartient qu'aux religieux et gens de dévotion de faire des conduites si particulières à la piété; qu'elles requièrent plus de loisir que n'en peut avoir un évêque chargé d'un diocèse si pesant comme est le mien ; que cela distrait trop l'entendement qui doit être employé à choses importantes.
Mais moi, mon cher Lecteur, je te dis avec le grand saint Denis, quil appartient principalement aux évêques de perfectionner les âmes, d'autant que leur ordre est le suprême entre les hommes, comme celui des Séraphins entre les anges, si que leur loisir ne peut être mieux destiné qu'à cela.
Les anciens évêques et Pères de l'Eglise étaient pour le moins autant affectionnés à leur charge que nous, et ne laissaient pourtant pas d'avoir soin de la conduite particulière de plusieurs âmes qui recouraient à leur assistance, comme il appert par leurs épîtres; imitant en cela les Apôtres qui, emmi la moisson générale de l'univers, recueillaient néanmoins certains épis plus remarquables avec une spéciale et particulière affection.
Qui ne sait que Timothée, Tite, Philémon, Onésime, sainte Thècle, Appia, étaient les chers enfants du grand saint Paul, comme saint Marc et sainte Pétronille, de saint Pierre ?
Sainte Pétronille, dis-je, laquelle, comme prouvent doctement Baronius et Galonius, ne fut pas fille charnelle, mais seulement spirituelle de saint Pierre.
Et saint Jean n'écrit-il pas une de ses Epîtres canoniques à la dévote dame Electa?
C'est une peine, je le confesse, de conduire les âmes en particulier, mais une peine qui soulage, pareille à celle des moissonneurs et vendangeurs, qui ne sont jamais plus contents que d'être fort embesognés et chargés.
C'est un travail qui délasse et avive le coeur par la suavité qui en revient à ceux qui l'entreprennent, comme fait le cinamone, ceux qui le portent parmi l'Arabie Heureuse.
On dit que la tigresse, ayant retrouvé l'un de ses petits que le chasseur lui laisse sur le chemin pour l'amuser, tandis qu'il emporte le reste de la litée, elle s'en charge, pour gros qu'il soit, et pour cela n'en est point plus pesante, ains plus légère à la course qu'elle fait pour le sauver dans sa tanière, l'amour naturel l'allégeant par ce fardeau.
Combien plus un coeur paternel prendra-t-il volontiers en charge une âme, quil aura rencontrée au désir de la sainte perfection, la portant en son sein comme une mère fait son petit enfant, sans se ressentir de ce faix bien aimé.
Mais il faut sans doute que ce soit un coeur paternel; et c'est pourquoi les Apôtres et hommes Apostoliques appellent leurs disciples non seulement leurs enfants, mais encore plus tendrement leurs petits enfants.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|